Trop courtes, les annonces d'Emmanuel Macron ?

Trop courtes, les annonces d'Emmanuel Macron ?©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 26 avril 2019 à 15h20

Jugées trop floues et en décalage par rapport aux attentes, les déclarations du chef de l'Etat sont accueillies sans grand enthousiasme.

Des annonces imprécises, voire un peu courtes, notamment sur l'écologie... L'opposition et les syndicats sont partagés vendredi sur les mesures présentées par Emmanuel Macron jeudi pour tenter de calmer la colère des "Gilets jaunes". Selon un sondage Harris Interactive-Agence Epoka pour RTL, Le Figaro et LCI réalisé après les annonces auprès de 807 personnes, 63% de sondés n'ont pas été convaincus par les annonces d'Emmanuel Macron.

"Ce n'est ni l'extase, ni la dépression, il y a des portes ouvertes dans lesquelles il faut s'engouffrer, et il y a des manques, sur lesquels je continuerai de dire que c'est insuffisant", a estimé sur RTL le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. "C'est insuffisant sur l'écologie, il y a des mesures en terme de justice sociale qui ne sont pas claires", a-t-il précisé, tout en saluant l'annonce de l'augmentation du minimum contributif des retraites, de 640 euros à 1.000 euros.

"Tout ça se mesure à l'aune du passage de la parole aux actes. On va voir si les actes suivent", a-t-il ajouté. "C'est loin de répondre à l'ambition que l'on portait, on va continuer de se battre, mais il est hors de question pour moi ce matin, de dire qu'il n'y pas eu quelques ouvertures."

Aucune revendication satisfaite ?

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a estimé sur BFM TV, qu'"aucune des questions qui sont dans les mobilisations, je pense à la question des salaires par exemples ou du smic qui est du ressort du gouvernement, à la question de l'ISF et de la justice fiscale, eh bien aucune de ces revendications n'a été satisfaites par la bouche du président de la République".

A gauche, on déplore un virage social manqué et l'absence de la question écologique après l'annonce d'une convention citoyenne sur la transition écologique aux contours encore flous. "C'était un grand débat paraît-il, ce sont de petites réponses", a déclaré sur France 2 le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.

Il a dénoncé des mesures "en trompe-l'oeil", comme sur le maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans (assorti d'une augmentation de la durée de cotisation) ou encore la simplification annoncée du référendum d'initiative partagée (assortie d'une baisse du nombre de parlementaires).

"Ce président n'entend rien"

Pour le député La France insoumise Alexis Corbière, qui s'exprimait sur BFM TV, "il y autant de raisons voire plus, de continuer à se mobiliser car ce président n'entend rien". Yannick Jadot, tête de liste des Verts (EELV) aux élections européennes, a regretté pour sa part une forme, selon lui, d'inaction face à l'urgence climatique. "On attendait d'un président qu'il agisse à la hauteur de ce qu'il prétend, sur l'urgence climatique. Malheureusement, il organise une nouvelle fois le report, la procrastination, l'inaction en matière de climat. C'est terrible parce qu'il y a urgence", a-t-il dit sur France 2.

A droite, le président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, a fustigé des corrections à la marge, signes selon lui d'une présidence en zigzag. "Un président qui n'a pas de boussole, c'est le risque de finir avec un quinquennat pour rien, on est déjà à mi-mandat", a-t-il indiqué sur Europe 1. "Hier, qu'est-ce qu'on a eu ? Des corrections à la marge d'erreurs lourdes qui avaient été commises, mais pas de cap".

La tête de liste LR aux européennes, François-Xavier Bellamy, a salué pour sa part la baisse annoncée de l'impôt sur le revenu : "Je ne peux pas ne pas me satisfaire que certaines mesures soient prises, qui correspondent exactement à ce que nous demandions", a-t-il reconnu, tout en estimant que le débat avait débouché sur la "redécouverte de ces évidences".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.