Trop de discriminations dans les banques ?

Trop de discriminations dans les banques ?
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Boursier.com, publié le jeudi 21 septembre 2017 à 18h16

Le Défenseur des Droits a dénoncé jeudi "des risques réels de discrimination à l'origine et au sexe" pour les clients dans le secteur bancaire. Jacques Toubon réagissait à la publication d'une enquête réalisée dans 63 agences de douze à Villeurbanne (Rhône).

"Ce test démontre l'existence de pratiques discriminatoires à la fois dans l'accès au prêt immobilier en lien avec l'origine des clients-demandeurs mais aussi dans l'accès au crédit à la création d'entreprise en lien avec l'origine ou le sexe des clients", a indiqué Jacques Toubon dans un communiqué.

Des discriminations

Les tests menés montrent que les personnes d'origine étrangère bénéficient de prêts financiers moins attractifs, et en particulier sur le taux d'intérêt, que les personnes "supposées sans origine migratoire". Ils sont aussi reçus moins longtemps et obtiennent moins d'informations.

"Parfois, le client d'origine étrangère est reçu debout, à l'accueil de l'agence, sans espace de confidentialité, sans pouvoir poser de questions, et sans pouvoir disposer de simulation à moins de produire un compromis de vente", insiste le Défenseur des Droits.

Par ailleurs, selon l'enquête, les femmes auraient davantage de mal que les hommes à obtenir un prêt pour une création d'entreprise "alors même que le projet fait l'objet d'une étude de faisabilité positive et d'un plan de financement induisant un risque très peu élevé", poursuit le communiqué.

Renforcer la formation

Le Défenseur des Droits préconise donc de renforcer la formation et de davantage sensibiliser les personnes exerçant les métiers de la banque.

De son côté, la Fédération bancaire française (FBF) a dénoncé "l'approximation de la méthode et la grande imprécision des résultats" et a insisté sur le fait que le testing portait "sur quelques agences bancaires (il y en a 37.261 en France)". "Mais si certains cas de discrimination étaient avérés, nous ne pourrions que les condamner vigoureusement", a réagi la FBF dans un communiqué.

"Nous demandons au Défenseur des droits, avec lequel nous avons un dialogue permanent sur ces sujets, un rendez-vous pour établir un diagnostic précis et travailler ensemble sur les points d'amélioration", a ajouté la FBF.

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