Trump plaide pour un vrai G7, la pandémie loin d'être contenue

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Le président américain Donald Trump, le 19 mai 2020 à Washington
Le président américain Donald Trump, le 19 mai 2020 à Washington
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© AFP, SAUL LOEB

AFP, publié le jeudi 21 mai 2020 à 03h23

Donald Trump souhaite faire d'un sommet du G7 en personne le symbole de la normalisation qu'il appelle de ses voeux, malgré la progression de l'épidémie de coronavirus dans certains pays comme le Brésil.

Le président américain a évoqué mercredi la possibilité de rassembler les dirigeants du G7 en juin à Camp David, et non par visioconférence comme cela avait été décidé en raison du coronavirus.

"Les autres membres (du G7) entament eux aussi leur retour. Ce serait un symbole formidable pour tout le monde. Normalisation!", a-t-il tweeté.

Les réactions des dirigeants du G7 ont été prudentes. Le président français Emmanuel Macron s'est dit "disposé à se rendre à Camp David si les conditions sanitaires le permettent".

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a souligné l'importance d'étudier "quelles mesures seraient mises en place" et "les recommandations des experts".

De la même manière, la chancelière allemande Angela Merkel est restée ambiguë sur ses intentions: "Quelle que soit la forme que prendra la rencontre du G7, une visioconférence ou autre chose, je lutterai à coup sûr pour le multilatéralisme".

- Lueur d'espoir -


Malgré l'optimisme du président américain et le recul de l'épidémie en Europe, le coronavirus --qui a fait plus de 325.000 morts dans le monde-- accélère sa progression au Brésil.

"Notre pays est en train d'aller de mal en pis", résume Gilberto Ferreira, un retraité de Rio de Janeiro, alors que le bilan quotidien a grimpé jusqu'à 1.179 décès dans ce pays dont le président Jair Bolsonaro ne cesse de minimiser la dangerosité du virus et de critiquer le confinement.

Sous la pression du dirigeant d'extrême droite, le ministère de la Santé a recommandé mercredi l'usage de la chloroquine et de son dérivé l'hydroxychloroquine pour les patients atteints d'une forme légère du Covid-19.

Dans l'attente d'un vaccin et d'un remède, l'emploi de cet antipaludéen et de son dérivé fait débat car leur effet contre cette maladie n'a pas été prouvé à ce jour. M. Trump a annoncé lundi prendre de l'hydroxychloroquine chaque jour à titre préventif.

Point de départ fin 2019 de la pandémie qui a mis la planète à l'arrêt, la Chine s'apprête à proclamer vendredi sa "victoire" sur le virus, à l'occasion de la réunion de l'Assemblée nationale populaire.

Mais M. Trump, dont le pays a enregistré plus de 1.500 morts supplémentaires en 24 heures mercredi, a encore haussé le ton face à Pékin. "C'est +l'incompétence de la Chine+, et rien d'autre, qui a provoqué cette tuerie de masse mondiale!", a estimé le milliardaire, très critiqué pour sa gestion de la crise.

Lueur d'espoir: des chercheurs ont montré que des singes vaccinés ou infectés par le nouveau coronavirus avaient développé des anticorps leur permettant d'être protégés contre une nouvelle infection.

L'Organisation mondiale de la santé a rappelé mercredi que la pandémie était loin d'être contenue, avec 106.000 nouveaux cas dépistés en 24 heures à travers le monde, un record.

Le Pérou, deuxième pays le plus touché d'Amérique latine après le Brésil, a franchi mercredi la barre des 100.000 contaminations et des 3.000 décès. Le Chili a dépassé les 50.000 contaminations et des émeutes de la faim ont éclaté à Santiago.

A l'inverse, les Européens ont renoué avec des plaisirs simples dont le confinement les avait privés depuis mi-mars, comme de voir la mer.

"Ecouter le bruit des vagues, marcher un peu sur la plage, nous en avions très envie", témoigne Helena Prades, une Espagnole de 43 ans, sur le littoral catalan.

Dans ce pays, l'un des plus endeuillés avec près de 28.000 morts, Barcelone a rouvert mercredi ses plages et ses parcs, dont le célèbre Parque Güell.

Mais le gouvernement a prolongé mercredi l'état d'alerte jusqu'au 6 juin et a rendu le port du masque obligatoire dès six ans dans tous les lieux publics quand il n'est pas possible de garder ses distances, y compris dans la rue.

- Cuba demande un répit - 

Les restrictions pèsent lourdement sur le tourisme et sur le secteur aérien. Le fabricant britannique de moteurs d'avion Rolls-Royce a annoncé mercredi la suppression d'"au moins" 9.000 postes, soit 17% de ses effectifs.

Le groupe Air France KLM a remisé ses neuf gros porteurs A380. Et, selon la chancelière Angela Merkel, un accord pour le sauvetage de Lufthansa, le numéro 1 européen du secteur, est sur le point d'être finalisé.

L'Italie a autorisé tous ses aéroports à rouvrir à partir du 3 juin, date à laquelle elle ouvrira ses frontières aux touristes de l'Union européenne.

La Grèce, où l'Acropole a rouvert lundi, a fixé au 15 juin le début de la nouvelle saison touristique, avec une reprise des vols internationaux à partir du 1er juillet.

L'Inde a annoncé une reprise progressive de ses vols intérieurs à partir du 25 mai, après deux mois d'interdiction.

En Slovénie, chaque habitant va recevoir jusqu'à 200 euros en bons d'achat pour hébergement ou restaurant, à dépenser localement afin de relancer le tourisme.

En Floride, le parc d'attractions Disney World a commencé à rouvrir, offrant la possibilité aux fans de Mickey d'aller dans les restaurants et magasins de sa zone commerciale, même si les attractions --le principal intérêt du parc-- restent pour l'instant fermées.

Fragilisé par la pandémie, Cuba a demandé une pause à ses créanciers grâce à un moratoire de trois ans afin de recommencer à payer en 2022.

Mais le spectre d'une seconde vague rode. Le constructeur automobile américain Ford a reconnu mercredi avoir été obligé de fermer un site de Chicago au lendemain de sa réouverture, après la détection de deux cas de Covid-19.

L'Allemagne a interdit, dans ses abattoirs, les contrats de sous-traitance qui permettent de recourir massivement à des travailleurs détachés d'Europe de l'Est, après une série de cas de coronavirus dans ces établissements.

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