Turquie-Union européenne: l'heure du "plan B" ?

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 Le président turc Recep Tayyip Erdogan participe à une conférence de presse à Hambourg, après un sommet du G20, le 8 juillet 2017

Le président turc Recep Tayyip Erdogan participe à une conférence de presse à Hambourg, après un sommet du G20, le 8 juillet 2017

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© AFP, Patrik STOLLARZ
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AFP, publié le dimanche 14 janvier 2018 à 11h47

Après des années de négociations tourmentées, la Turquie et l'Union européenne entrent dans une phase de recentrage des relations sur une coopération renforcée dans certains domaines, plutôt qu'une adhésion à part entière d'Ankara, selon les analystes.

Les relations entre la Turquie et l'UE ont atteint des profondeurs abyssales en 2017: le processus d'adhésion est entré en hibernation et le président Recep Tayyip Erdogan a choqué en accusant des pays membres, dont l'Allemagne, d'avoir recours à des "pratiques nazies".

Le chef de l'Etat turc a toutefois entamé la nouvelle année avec un état d'esprit différent, effectuant début janvier un déplacement très commenté à Paris, suivi d'une visite de son ministre des Affaires étrangères en Allemagne.

En écho, des dirigeants européens ont lancé un appel au réalisme, le président français Emmanuel Macron déclarant devant son hôte turc, le 5 janvier, qu'il était temps de "sortir de l'hypocrisie" selon laquelle les négociations Ankara-UE pourraient progresser.

"Des deux côtés, on comprend que le processus d'adhésion est mort, qu'il n'avancera pas de sitôt", explique à l'AFP Asli Aydintasbas, experte au Conseil européen des relations internationales.

"Il s'agit désormais d'un nouvel arrangement et d'une relation transactionnelle avec les Etats membres de l'Union européenne", poursuit-elle, ajoutant que cela impliquerait davantage de visites bilatérales et une importance accrue du commerce.

"Ankara voit les choses ainsi et ne se fait pas d'illusions au sujet d'une revitalisation du processus d'adhésion", souligne Mme Aydintasbas.

- D''allié' à 'partenaire'? -

Le putsch manqué du 15 juillet 2016 en Turquie a marqué un tournant dans les relations entre Ankara et l'UE, le président Erdogan accusant les Européens de manquer de solidarité avec son pays, alors que Bruxelles s'alarmait de l'ampleur de la répression tous azimuts.

De plus, M. Erdogan répète souvent que la Turquie est "fatiguée" d'attendre "dans l'antichambre" de l'UE.

Ankara, qui a manifesté dès les années 1950 sa volonté de rejoindre la Communauté économique européenne (qui deviendra l'UE en 1993), a formellement entamé les négociations d'adhésion avec Bruxelles en octobre 2005.

Mais les tractations se sont vite enlisées: sur les 35 chapitres thématiques que comptent les négociations, 16 ont été ouverts, le dernier en juin 2016.

"Nous devons sortir d'une hypocrisie qui consiste à penser qu'une progression naturelle vers l'ouverture de nouveaux chapitres est possible", a déclaré M. Macron début janvier.

Pour Marc Pierini, chercheur à Carnegie Europe et ancien ambassadeur de l'UE en Turquie, Ankara ne répond plus aux critères nécessaires à l'avancée des négociations "en raison de ses propres choix", notamment sur la question de l'Etat de droit.

"Sur le fond, nous assistons à une rétrogradation de la relation: de deux alliés politiques à deux partenaires qui coopèrent sur un certain nombre de dossiers comme la lutte antiterroriste, le commerce et les réfugiés", observe-t-il.

Les déclarations du président français signalent un "changement de paradigme" dans la relation entre Ankara et Bruxelles, résumé par une "coopération en vue de buts communs", abonde Sedat Ergin, chroniqueur au quotidien Hürriyet.

- 'Seconde classe' -

Les observateurs citent régulièrement un assouplissement des visas et une mise à jour de l'accord d'union douanière comme une alternative à l'adhésion de la Turquie à l'UE.

Mais le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik, a assuré samedi que la Turquie ne saurait accepter un "partenariat privilégié", qu'il a comparé à un "statut de seconde classe".

Ce débat survient alors que la Turquie traverse une phase diplomatique délicate: les relations avec le traditionnel allié américain sont fortement tendues, et la coopération pragmatique avec la Russie ne fait pas oublier la rivalité ancienne entre Ankara et Moscou.

En outre, la Turquie est directement concernée par la redistribution des cartes au Proche-Orient depuis l'irruption du prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane.

Or, en dépit des tensions l'an passé, l'UE reste de loin le premier partenaire commercial d'Ankara, tandis que la Turquie est pour l'Europe le quatrième marché à l'export.

La rencontre, début janvier, entre les chefs de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel et turque Mevlüt Cavusoglu a permis de sceller le dégel des relations entre leurs deux pays, même si le sort de ressortissants allemands écroués en Turquie continue de peser.

"La Turquie s'adoucit vis-à-vis de l'Europe", constate Mme Aydintasbas, "les dirigeants d'Ankara s'efforcent de s'éloigner du ton acerbe" qui prévalait l'an dernier.

 
272 commentaires - Turquie-Union européenne: l'heure du "plan B" ?
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    bayard91 -

    qu'est ce qu'on s'emmerde avec la Turquie et ses 300 millions de sauvages moyenâgeux repoussant la démocratie ,les droits de l'homme ,la liberté d'expression,le non respect des femmes,faire rentrer 300 millions de musulmans avec leur religion de merde avec a la tête leur ordure de prophète pédophile c'est apporter le chaos a plus ou moins long terme aux pays civilisés

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    Claude95 -

    Une Turquie parfaitement démocratique et non inféodée aux américains aurait eu toute sa place dans l'UE
    La question de la religion n'a pas à entrer en ligne de compte

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    Tueur -

    les USA ont (beaucoup) aidé la Turquie contre le proche voisin ex-URSS dans les années 50 puis 70 ...... heureusement que la Turquie était là comme État tampon par rapport à l'Europe ......

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    GENICAR -

    Dès le début, ce fut une grossière erreur de faire croire à l'entrée de la Turquie en Europe. Seuls les multinationales pour leurs intérêts financiers et les inconscients adeptes de la mondialisation étaient pour cette entrée, ne tenant pas compte de l'avis des populations européennes. La Turquie (ou Asie mineure)et son peuple musulman sont trop éloignés de l'Europe et de son peuple aux origines chrétiennes.

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    Claude95 -

    Dès le début, ce fut une grossière erreur!
    oui mais en aucun cas pour les raisons que tu évoques
    la question religieuse n'avait strictement aucune importance

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    Nonmaisoh -

    Assouplir les visas, ils assouplissent. Et on se récupère tous les arrièrés.

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    Eustache_Latrompe -

    La question ne devrait pas être posée, la Turquie n'a pas sa place au sein de de l'Union Européenne.

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