Twitter dévoile la version payante de ses salons vocaux "Spaces"

Twitter dévoile la version payante de ses salons vocaux "Spaces"©Boursier.com

Orange avec Boursier.com, publié le vendredi 21 mai 2021 à 23h27

Le réseau social américain, qui a lancé en début d'année des salons vocaux "Spaces" pour concurrencer la start-up Clubhouse, espère désormais séduire les organisateurs de ces salons avec une version payante.

Le réseau social américain, qui a lancé en début d'année des salons vocaux "Spaces" pour concurrencer la start-up Clubhouse, espère désormais séduire les organisateurs de ces salons avec une version payante.

Propulsée par la crise du coronavirus, la tendance des "salons vocaux" sur les réseaux sociaux, connait une forte expansion. Le précurseur de ce type de service, Clubhouse, créé en avril 2020, a été suivi un an plus tard par les grands réseaux sociaux comme Facebook (avec "Live Audio Rooms") et Twitter avec "Spaces", qui est depuis peu ouvert à tous les utilisateurs disposant plus de 600 followers.

Vendredi, Twitter est allé un pas plus loin, en présentant une nouvelle version payante de "Spaces", baptisée "Ticketed Spaces", une fonctionnalité qui va d'abord être testée aux Etats-Unis dans les prochaines semaines.

Les organisateurs de ces salons audio pourront bientôt exiger un ticket d'entrée payant, moyennant une commission reversée à Twitter. L'objectif de cette fonctionnalité est de permettre à Twitter de monétiser sa base d'utilisateurs tout en permettant aux influenceurs de gagner de l'argent en organisant des "Ticketed Spaces".

Twitter pressé de monétiser sa base d'utilisateurs

Dans sa stratégie de monétisation de ses quelque 200 millions d'utilisateurs quotidiens, Twitter explore d'autres fonctionnalités payantes, comme celle de "Super Follower", qui devrait permettre aux utilisateurs de s'abonner, moyennant quelques dollars, à des comptes de créateurs et à leurs contenus "premium".

Lors de sa dernière réunion annuelle avec les investisseurs, en février, Twitter avait aussi annoncé le lancement d'un système de pourboires. Depuis le 6 mai, les usagers de Twitter peuvent ainsi récompenser les comptes qu'ils apprécient le plus en leur versant un pourboire.

Un ticket grignoté par les commissions

Plusieurs critères d'éligibilité devront être remplis pour organisé un "Space" payant. Selon le site 'The Verge', il faudra avoir au moins 1.000 abonnés à son compte Twitter, avoir organisé au moins trois salons vocaux au cours des trente derniers jours et être majeur. L'organisateur devra aussi ouvrir un compte chez la solution de paiement Stripe, qui gérera le transfert d'argent.

Selon un porte-parole de Twitter, cité par le site spécialisé 'Engadget', l'organisateur se verrait reverser environ 80% du montant des tickets, après paiement des commissions dues à Apple (iPhone) ou Google (Android) qui sont de l'ordre de 30%. Twitter prendrait donc une commission de 20% sur la somme restant après les gestionnaires d'applications. A l'arrivée, pour un ticket de 10 euros versé par un auditeur, l'organisateur du salon audio recevrait environ 5,60 euros.

Clubhouse, trop select pour réussir à grande échelle ?

Face à l'irruption des géants des réseaux sociaux sur son marché, l'application Clubhouse, créée il y a un an par deux diplômés de Stanford, s'efforce de réagir. L'an dernier, l'application a profité de la crise sanitaire et des confinements pour rapidement s'imposer, aidée aussi par son côté club privé et "select". Elle revendique aujourd'hui environ 10 millions d'utilisateurs, un nombre impressionnant mais qui ne pèse pas lourd par rapport aux poids lourds comme Twitter ou Facebook.

Disponible jusqu'ici uniquement sur iPhone, Clubhouse a perdu du terrain depuis le printemps 2021, et vient seulement de lancer une version Android, ainsi qu'une version payante de ses salons audio. Les analystes estiment désormais que le côté très sélect, basé sur le parrainage et des invitations, freine l'expansion du service au-delà du milieu des professionnels de la "tech" et de la communication. En France, la CNIL enquête en outre sur le respect par la plate-forme des données privées de ses utilisateurs (le RGPD).

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