Uber engendre bouchons et pollution, selon des ONG

Uber engendre bouchons et pollution, selon des ONG
Uber écran smartphone

Boursier.com, publié le jeudi 21 novembre 2019 à 15h27

Selon une étude d'Euromonitor, le nombre de chauffeurs Uber enregistrés en France a doublé en trois ans, passant de 15.000 en 2016 à 30.000 en 2019.

Le géant des VTC est-il vraiment responsable d'une aggravation des embouteillages et de la pollution ? Oui, à en croire une coalition d'ONG qui demande à Uber d'aider ses chauffeurs à se doter de voitures moins polluantes. Selon ces associations, dont la Française "Respire", l'augmentation du nombre de véhicules en circulation dans les villes, qui sont "déjà extrêmement congestionnées comme Paris, Londres ou Bruxelles", entraîne pollution de l'air et émissions de CO2.

"Uber nous dit qu'ils 'font ce qui est bien pour les clients et les conducteurs'. Mais la réalité montre qu'Uber fait désormais partie du problème : l'entreprise accroît le nombre de voitures sur nos routes et aggrave la pollution", affirme Yoann Le Petit, spécialiste de la mobilité chez Transport & Environnement.

Les ONG, qui se basent sur une étude d'Euromonitor, affirment également que le développement des VTC, que ce soit dans les métropoles d'Europe ou dans les grandes villes américaines, "exacerbe" les problèmes d'embouteillages...

30.000 chauffeurs Uber en France

En France, où le secteur du transport de personnes a été libéralisé en 2015, les véhicules Uber se sont en effet multipliés dans les villes depuis ces dernières années. Les ONG indiquent que le nombre de chauffeurs enregistrés a même doublé en trois ans, passant de 15.000 en 2016 à 30.000 en 2019. Les syndicats de taxis évoquent de leur côté le chiffre de 40.000 pour cette année...

Dans les cas de Paris ainsi que de Londres, cette intensification du trafic aurait ainsi engendré "environ 515 kilotonnes d'émissions de CO2 par an", selon la coalition d'ONG. "Ce qui équivaut à ajouter les émissions de CO2 de 250.000 voitures supplémentaires appartenant à des particuliers", a-t-elle précisé.

De son côté, le géant américain, devenu la première entreprise du secteur à Londres (3,5 millions d'usagers en 2018) et dans l'Hexagone (2,7 millions d'usagers en 2017), refuse de communiquer les chiffres à Paris.

Encore difficile d'évaluer l'impact d'Uber

Une étude commandée par Uber et dévoilée en mars dernier avait toutefois montré que la société californienne avait joué un "rôle majeur" dans l'abandon des voitures par les ménages franciliens. Le cabinet 6t, qui travaille sur l'impact des nouveaux services de mobilité, a ainsi estimé l'abandon de "3,6 à 4,9 voitures pour 100 ménages franciliens utilisateurs d'Uber" en quatre ans en Île-de-France, soit 27.900 à 80.400 voitures supprimées grâce à Uber...

Mais il est encore difficile d'évaluer le réel impact d'Uber. En effet, en faisant le solde entre le trafic causé par les chauffeurs et le trafic évité, l'impact d'Uber sur le trafic francilien serait compris entre -0,6% et 0,9%, selon l'étude.

Pour la coalition d'ONG, il ne fait toutefois nulle doute qu'Uber est responsable d'une hausse de la pollution et des embouteillages. Si l'entreprise "veut se montrer à la hauteur des valeurs qu'elle affiche, elle doit réduire à zéro les émissions de ses courses d'ici à 2025", affirme Yoann Le Petit.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.