Uber gagne en justice et conserve le droit d'exercer à Londres pour 18 mois

Uber gagne en justice et conserve le droit d'exercer à Londres pour 18 mois
Une femme montre l'application Uber sur son smartphone dans une rue à Londres le 22 septembre 2017

AFP, publié le lundi 28 septembre 2020 à 13h28

La société de réservation de voitures avec chauffeur Uber conserve le droit d'exercer à Londres pour 18 mois, a tranché lundi la justice britannique qui examinait son appel contre la décision de la ville de Londres de suspendre son permis.

Le numéro un mondial du secteur, qui compte 45.000 conducteurs et plus de 3,5 millions de clients dans la capitale britannique, a confirmé dans un communiqué la durée de son nouveau permis, qui est assorti de conditions. 

Un juge du tribunal londonien de Westminster Magistrates a estimé qu'Uber était désormais apte pour exercer dans la capitale britannique, "malgré des défauts par le passé". 

L'autorité des transports londoniens (TfL) avait retoqué en novembre dernier ce permis pour des raisons de sécurité mais la plateforme continuait de fonctionner normalement dans l'attente de la décision de justice.

La TfL avait estimé notamment que le système informatique ne permettait pas d'éviter que des milliers de conducteurs sans permis ne prennent en charge des passagers frauduleusement.

Uber, dont l'image a souffert de cas d'agressions sexuelles de chauffeur sur des passagères, avait lui assuré avoir apporté depuis les modifications nécessaires pour résorber divers problèmes.

La plateforme a mis en place une vérification en temps réel de l'identité des chauffeurs au Royaume-Uni. Elle tente en outre depuis plusieurs années de rassurer ses clients, avec par exemple l'introduction d'un "bouton d'urgence" ou encore d'une ligne téléphonique pour signaler les problèmes.

Le juge Tan Ikram a expliqué dans sa décision lundi qu'Uber ne contestait pas tant le constat de la TfL mais plutôt le fait que l'autorité pensait que la plateforme n'avait pas pris aux sérieux les problèmes de sécurité.

Il a estimé qu'Uber "semble désormais aux avant-postes dans le secteur" pour rendre ses services plus sûrs et a fait les efforts nécessaires.

"Cette décision est une reconnaissance de l'engagement d'Uber sur la sécurité et nous continuerons de travailler de manière constructive avec la TfL", a déclaré la plateforme sans son communiqué.

- Statut des chauffeurs -

L'association des chauffeurs de taxis s'est emportée, elle, contre la décision de justice qualifiée de "catastrophe", estimant que les changements mis en place par Uber ne sont que de la poudre aux yeux.

Ce n'est pas la première bataille judiciaire entre Uber et Londres.

En septembre 2017 déjà, la capitale britannique avait privé le géant américain de sa licence pour des questions de sécurité, mais Uber avait continué d'exercer à Londres avant une victoire en juin 2018 devant une cour d'appel qui lui avait accordé un permis de quinze mois.

La TfL avait ensuite en septembre 2019 reconduit le permis mais pour deux mois seulement avant de le lui retirer en novembre.

Uber attend par ailleurs une autre décision de justice au Royaume-Uni, celle de la Cour suprême britannique.

Cette dernière doit dire prochainement si elle reconnaît le statut d'employé aux chauffeurs de la plateforme, ce à quoi s'oppose Uber.

Uber avait saisi la plus haute autorité de justice britannique après avoir perdu un recours en appel fin 2018, à la suite d'une précédente défaite de la société américaine en première instance en novembre 2017.

La victoire obtenue sur son droit d'exercer à Londres est une éclaircie pour la plateforme californienne dans un ciel très assombri en raison de la pandémie de Covid-19.

Elle avait fait état d'une perte nette de 1,8 milliard de dollars au deuxième trimestre, avec un chiffre d'affaires en chute libre sous l'effet des mesures de confinement et de l'annulation de la plupart des événements et voyages.

Uber a licencié environ un quart de ses employés au printemps et arrêté ses opérations dans de nombreux pays pour faire des économies.

Et pour la première fois de son histoire, les livraisons de repas, via sa filiale Uber Eats, ont rapporté plus d'argent que les trajets avec chauffeurs sur le trimestre.

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