Uber menace de "fermer" pendant des mois en Californie

Uber menace de "fermer" pendant des mois en Californie
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Boursier.com, publié le jeudi 13 août 2020 à 11h07

Alors qu'Uber est contraint de requalifier ses chauffeurs en employés en Californie, le PDG de la plateforme de réservation de VTC Dara Khosrowshahi a évoqué la possibilité de "fermer" toutes ses opérations dans cet Etat américain...

Les Californiens seront-ils privés des services VTC d'Uber ? Alors que le géant américain fait face à des pressions juridiques pour se conformer à une loi entrée en vigueur le 1er janvier 2020 en Californie, le PDG de la plateforme de réservation de VTC a évoqué la possibilité de "fermer" toutes les opérations de l'entreprise dans cet Etat américain.

Lundi dernier, une cour californienne a sommé Uber, ainsi que son concurrent aux Etats-Unis Lyft, de requalifier leurs conducteurs en salariés dans les 10 jours, en accord avec la loi AB5, qui impose en effet aux entreprises de la "gig economy" ("l'économie à la tâche) opérant en Californie de requalifier comme employés les contractuels.

Pour le procureur de Californie, les deux leaders américains des trajets en VTC, qui vont faire appel, imposent des statuts précaires à leurs chauffeurs, les privant ainsi de droits sociaux comme l'assurance maladie, ou le salaire minimum. Depuis le début, les deux entreprises luttent contre cette loi, estimant qu'elle met à mal leur modèle économique. Un référendum, poussé par Uber et Lyft, doit avoir lieu en novembre prochain pour tenter d'annuler le texte californien.

Fermeture jusqu'en novembre ?

Uber estime respecter la loi, et "si le tribunal décide que non, et ne nous accorde pas un délai jusqu'en novembre, alors nous devrons fermer Uber jusqu'à ce que les électeurs tranchent", a affirmé Dara Khosrowshahi dans une interview accordée à la chaîne américaine 'MSNBC' mercredi. "Ce serait vraiment dommage en cette période de chômage historique en Californie", a-t-il estimé, faisant référence à la récession économique liée à la pandémie de Covid-19.

Le patron d'Uber a défendu à nouveau le modèle économique de son entreprise, qui a été "construit sur plus de 10 ans". "Nous ne pouvons pas embaucher des dizaines de milliers de personnes du jour au lendemain", a-t-il souligné, estimant également que la plateforme ne doit pas adopter le modèle traditionnel du salariat.

Si Uber y était contraint, "nous aurions alors un service beaucoup plus limité, avec des prix beaucoup plus élevés, et probablement concentré dans les centres-villes et plus dans les petites villes ou les banlieues comme à l'heure actuelle", a expliqué Dara Khosrowshahi.

Les chauffeurs veulent rester indépendants selon Uber

Comme Lyft, Uber assure que les chauffeurs veulent rester indépendants. S'appuyant sur des sondages, le PDG de la plateforme de réservation de VTC avait en effet déclaré, dans une tribune au 'New York Times', que nombreux chauffeurs souhaitent rester indépendants pour profiter d'une "plus grande flexibilité" professionnelle...

S'il ne souhaite pas considérer les travailleurs indépendants comme des salariés, le géant américain a toutefois affiché sa volonté de renforcer leurs avantages sociaux. En début de semaine, Uber a présenté un "nouveau modèle" pour "les millions d'indépendants qui travaillant via des plateformes comme Uber". Parmi ses propositions, la plateforme évoquait notamment la création par les entreprises de la "gig economy" d'une "caisse dédiée aux avantages sociaux", qui pourrait être utilisée pour la couverture santé ou des congés payés...

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