UBS crée la surprise en nommant Ralph Hamers à sa tête

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La banque suisse UBS annonce la nomination de Ralph Hamers, actuellement aux commandes de la banque néerlandaise ING, pour succéder à Sergio Ermotti, qui pilotait la banque depuis près de neuf ans
La banque suisse UBS annonce la nomination de Ralph Hamers, actuellement aux commandes de la banque néerlandaise ING, pour succéder à Sergio Ermotti, qui pilotait la banque depuis près de neuf ans
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© AFP, Fabrice COFFRINI

AFP, publié le jeudi 20 février 2020 à 15h05

La banque suisse UBS a créé la surprise en annonçant la nomination d'un nouveau patron, Ralph Hamers, actuellement aux commandes de la banque néerlandaise ING, pour succéder à Sergio Ermotti, qui pilotait la banque depuis près de neuf ans.

Il doit entrer au comité exécutif d'UBS dès le 1er septembre, afin d'assurer une "transition en douceur" et prendre officiellement ses fonctions le 1er novembre, a indiqué le numéro un du secteur bancaire suisse dans un communiqué.

"Ralph est le directeur général qu'il nous faut pour amener notre entreprise à ouvrir un nouveau chapitre" de son histoire, a déclaré Axel Weber, président du conseil d'administration d'UBS, cité dans le communiqué, qui a mis en avant le basculement vers le numérique qu'il a mené chez ING.

Sous sa direction, ING Group a procédé à "un changement fondamental" et "est maintenant considéré comme l'un des meilleurs exemples d'innovation numérique dans le secteur bancaire", a insisté UBS dans le communiqué.

Si les rumeurs autour de la succession allaient bon train depuis plusieurs mois, le choix de ce candidat externe a toutefois surpris. Le profil des deux banques est nettement différent, le métier historique d'UBS étant la gestion de fortune alors qu'ING est d'avantage orientée sur la banque de détail. De surcroît, les indices distillés dans la presse laissaient penser que le choix se ferait plutôt dans les rangs d'UBS. 

Entré en 1991 chez ING, M. Hamers, 53 ans, a fait toute sa carrière au sein de la banque néerlandaise dont il avait repris la direction en 2013 après en avoir gravi les échelons, occupant diverses fonctions, dont la direction des activités en Belgique et en Roumanie. 

Les deux établissements ont en commun d'être "des banques d'importance systémique", a défendu Axel Weber lors d'une conférence de presse à Zurich, insistant sur le fait que la priorité était avant tout d'assurer une succession ordonnée, en confiant les commandes à un patron capable de mener une grande banque "complexe comme UBS".  

"L'objectif premier est de passer la banque à la prochaine génération", a-t-il insisté, expliquant que "la banque aujourd'hui est une banque différente de celle dont nous avions hérité". 

Axel Weber, l'ancien patron de la Banque centrale allemande, s'était vu confier la présidence d'UBS en 2012, quelques mois après la nomination de M. Ermotti alors que la banque suisse, déjà secouée par la crise des subprimes, les prêts hypothécaires toxiques au coeur de la crise financière de 2007-2008, était aussi éclaboussée par une série de scandales, dont les vastes pertes de courtage d'un trader qui avait coûté plus de 2 milliards à la banque.

Alors encore peu connu en Suisse, M. Ermotti avait initialement été nommé pour assurer la transition mais s'était rapidement imposé et vu confirmer dans ses fonctions. Il avait ensuite lancé une grande réorganisation de la banque d'investissement et remis l'accent sur la gestion de fortune.   

-Cap sur la numérisation-

Le nouveau patron de la banque va reprendre le flambeau sur le litige avec la France, où la banque a été sanctionnée en février l'an passé pour "démarchage bancaire illégal" et "blanchiment aggravé de fraude fiscale".

Le tribunal correctionnel de Paris avait condamné la banque à une amende de 3,7 milliards d'euros, la  plus lourde amende jamais infligée par la justice française dans une affaire d'évasion fiscale. La banque avait fait appel.  

A 13H51 GMT, l'action UBS s'adjugeait 2,48% à 13,23 francs suisses, à contre-tendance du SMI, l'indice de référence de la Bourse suisse, en baisse de 0,41%. 

"Avec Hamers, la numérisation devrait faire un bond en avant", a réagi Javier Lodeiro, analyste à la banque cantonale de Zurich, dans un commentaire boursier.

M. Hamers s'est bâti une solide réputation en reprenant les commandes d'ING au moment où la banque se trouvait dans une situation difficile pour rembourser les 10 milliards d'euros d'aides publiques accordés au moment de la crise financière. La banque avait finalement remboursé ses emprunts avec intérêts en novembre 2014, sept mois avant l'échéance. 

Son mandat a cependant été émaillé par une affaire d'usage frauduleux de comptes qui avait conduit à la démission du directeur financier et par une controverse autour de son bonus en 2018 auquel il avait fini par renoncer. 

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