Un bon bol d'air après deux mois de confinement en France

Un bon bol d'air après deux mois de confinement en France

AFP, publié le dimanche 17 mai 2020 à 07h31

Enfin un peu d'air! Au vert, à la mer ou à la montagne, les Français retrouvent un peu d'espace pour leur premier week-end post-confinement, mais sous conditions et sous l'oeil d'autorités appelant à la prudence face au coronavirus.

A Nice, les premiers baigneurs ont investi tôt samedi matin la plage qui leur était refusée depuis deux mois. "On est comme des drogués, on était impatients parce qu'on se baigne ici toute l'année", souffle Gilles, un sexagénaire à la retraite, avant de s'élancer dans une eau à 16°C.

Bonheur partagé à Saint-Malo, malgré l'eau à 13°C: "C'est ma première baignade, un peu froide, mais elle était attendue!", glisse Frédéric, 48 ans, habitant du centre-ville.

Une libération, même si la vigilance reste de mise car "le coronavirus continue de circuler sur notre territoire", a rappelé samedi le ministre de la Santé Olivier Véran sur Twitter.

Trente-quatre cas de Covid-19 ont été confirmés samedi au sein d'un abattoir de Fleury-lès-Aubrais (Loiret), près d'Orléans. 

- 25 clusters identifiés -

"Depuis lundi, nous avons identifié 25 clusters sur notre territoire. Le système mis en place pour tester, isoler et casser les chaînes de contamination est opérationnel", a assuré le ministre de la Santé au Journal du dimanche, ajoutant que "vendredi, nous en étions à plus de 50.000 tests réalisés par jour".


Attendu au tournant par les soignants sur la réforme des hôpitaux, le ministre reconnaît qu'il faut "travailler sur une augmentation (des salaires), au-delà des primes", citant la rémunération des infirmiers qu'il souhaite "rapidement" remonter "au moins à la moyenne européenne". Le président Macron a été interpellé sur ce thème vendredi lors d'une visite dans un hôpital parisien.

Presque une semaine après la levée du confinement, la France a enregistré moins de 100 décès (96) en 24 h, pour un bilan qui atteint désormais 27.625 morts depuis le 1er mars.

Le nombre de patients en soins intensifs baisse toujours, avec 2.132 cas graves en réa contre plus de 7.000 début avril. Mais signal plus inquiétant: les hôpitaux ont accueilli plus de nouveaux patients ces dernières 24 h qu'il y a une semaine.

Pour éviter une redoutée "deuxième vague", la liberté accordée aux Français reste limitée: les escapades ne sont autorisées que dans la limite de 100 km, et dans le respect des gestes barrière. 

Sur les plages, bronzette et pique-niques sont bannis.

-  Premières vagues du déconfinement  -

Ce sont les préfets qui ont "la possibilité d'ouvrir l'accès" aux plages, a rappelé le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, en déplacement sur celle de Veules-les-Roses (Seine-Maritime).

En Nouvelle-Aquitaine, bordée par 720 km de littoral, des dizaines de communes ont déconfiné leurs plages de la Charente-Maritime, comme sur l'île de Ré, à la côte basque.

Sur l'une des plages de Lacanau, célèbre spot de surf en Gironde, une soixantaine de surfeurs ont goûté aux premières vagues du déconfinement.

Fermés pendant près de deux mois, le Mont Saint-Michel ou le sanctuaire de Lourdes sont aussi de nouveau accessibles. "En ouvrant ces grilles, je souhaite ne plus jamais avoir à les fermer", lance en préambule le recteur du sanctuaire, Mgr Olivier Ribadeau Dumas, avant d'inviter les premiers visiteurs à le suivre en entonnant un "Ave Maria".

Quelques dizaines de visiteurs se sont aventurés aussi dans les venelles médiévales de la Cité de Carcassonne, rouverte depuis mercredi et épargnée par l'habituel afflux touristique. 

Et si les commerçants y ont repris lentement leur activité, le château comtal et les célèbres remparts ne pourront rouvrir qu'à la mi-juin, avec un nombre limité de places et réservation électronique

- Enjeu touristique -

Au Marché aux puces de Saint-Ouen, l'un des sites les plus fréquentés de France avec ses 5 millions de visiteurs annuels, l'activité est aussi restée très calme pour la reprise. Il faudra attendre le retour de la clientèle étrangère pour que les affaires redémarrent.

Dans les Alpes aussi, les premiers mordus de haute montagne se sont pressés au téléphérique de l'aiguille du Midi à Chamonix au petit matin. Gantés, casqués et... masqués, dans les bennes en tous cas, pour respecter les mesures sanitaires.

Et même s'ils n'habitent pas à la mer ni à la montagne, les urbains vont pouvoir renouer avec la verdure. En Île-de-France, la région a rouvert 39 forêts publiques.

Le gouvernement promet de tout faire pour sauver le tourisme et ses deux millions d'emplois.

"Le 21 juin, c'est le début de l'été. Je souhaite qu'à cette date (...) le maximum de lieux soit accessible pour que la saison estivale puisse vraiment démarrer", assure le secrétaire d'Etat en charge du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, au JDD.

- Retour de "gilets jaunes" - 

De Montpellier à Nantes, quelques centaines de "gilets jaunes" ont eux profité de ce premier samedi post-confinement pour braver l'interdiction de manifester, les forces de l'ordre procédant souvent à des verbalisations. "La répression est toujours là, mais nous aussi", a protesté Jean-Jacques, 52 ans, "gilet jaune" de la première heure présent à Montpellier.

L'organisation écologiste Extinction Rébellion (XR) a repris ses actions de désobéissance civile en organisant des opérations "anti-pub", ses militants recouvrant des panneaux publicitaires de blanc de Meudon, de papier ou de tissus notamment à Antibes, Bordeaux ou Grenoble.

Pour les collégiens de 6e et 5e des zones "vertes", la reprise ce sera lundi, après celle des maternelles et des primaires partout en France cette semaine.

Quant au vaccin, que tous espèrent pour en finir avec le coronavirus, il n'est pas espéré avant 18 mois, a jugé la ministre de la Recherche Frédérique Vidal, contredisant le président américain Donald Trump, qui le dit possible d'ici fin 2020.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.