"Un coin de ciel bleu" pour la SNCF cet été

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Un train low-cost Ouigo à la gare de Madrid, Puerta de Atocha, le 7 mai 2021
Un train low-cost Ouigo à la gare de Madrid, Puerta de Atocha, le 7 mai 2021
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© AFP, PIERRE-PHILIPPE MARCOU

AFP, publié le mercredi 30 juin 2021 à 12h30

La SNCF prévoit un bon été dans ses TGV, même si la fréquentation n'atteindra pas les niveaux d'avant la crise sanitaire, indique dans un entretien à l'AFP le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet.

La SNCF prévoit un bon été dans ses TGV, même si la fréquentation n'atteindra pas les niveaux d'avant la crise sanitaire, indique dans un entretien à l'AFP le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet.

"Il y a un vrai coin de ciel bleu qui s'ouvre", assure le dirigeant, dont le domaine comprend les trains de voyageurs, TGV, Intercités, TER et banlieue parisienne.

"Ca fait très plaisir à l'entreprise, très plaisir aux cheminots qui ont bossé pour que tous les trains soient prêts, et c'est aussi un coin de ciel bleu pour son économie" après les 3 milliards d'euros de perte nette essuyée l'an dernier avec la pandémie de Covid-19.

Il y a tout de même des nuages avec les deux appels à la grève lancés pour jeudi par la CGT et ce week-end dans les TGV à bas coût Ouigo par l'Unsa-Ferroviaire, la CFDT-Cheminots, SUD-Rail ainsi que la CGT.

"Je pense que l'impact sera modeste sur nos voyageurs" pour la première, dit-il. Et il estime prématuré de se prononcer sur la seconde, des discussions étant toujours en cours avec les organisations syndicales.

Au-delà de ces difficultés sociales, "on a un véritable +plan été+ qui mobilise tous les cheminots, avec l'objectif de pouvoir sortir tous les trains", explique M. Fanichet.

"Depuis quelques jours, la courbe des réservations est au même niveau que celle de 2019", année de référence avant la pandémie. "Sur les grandes lignes, on a entre 300.000 et 350.000 billets vendus tous les jours!"

"Globalement, on va faire 10% de voyageurs supplémentaires par rapport à l'été dernier", en passant de 20 à 22 millions de voyageurs sur juillet et août, prédit Christophe Fanichet.

- "Le masque, le masque, le masque" -

Pendant l'été 2020, la fréquentation des trains avait atteint 85% de son niveau de 2019.

"Aujourd'hui, j'en suis déjà à 85% en juillet (par rapport à 2019), et à 75% sur le mois d'août", détaille M. Fanichet. L'objectif d'arriver à environ 93% du niveau d'il y a deux ans devrait être atteint, d'autant que les Français réservent de plus en plus leurs billets au dernier moment, dit-il.

Au moins, l'été sera rentable avec de tels niveaux de fréquentation, se réjouit-il.

"Le point remarquable, c'est que, toujours par rapport à il y a deux ans, on a +25% de demande pour (les TGV à bas coût) Ouigo en juillet", souligne le responsable. "Les Français cherchent toujours des petits prix, et on ouvre des destinations supplémentaires", notamment vers la Bretagne, explique-t-il.

Christophe Fanichet constate aussi que les clients apprécient la possibilité de pouvoir échanger ou se faire rembourser les billets sans frais jusqu'à trois jours avant le départ.

Il compte aussi sur la réforme des cartes de réduction, avec désormais un prix plafonné même pour des billets achetés au dernier moment, et sur les opérations promotionnelles ciblant les jeunes, pour doper la fréquentation. 

Et il tient à rassurer les voyageurs: "Est-ce que tous les TGV qui ont été ouverts à la vente circuleront? La réponse est oui."

"On va sortir 100% des trains pendant les week-ends" élargis du vendredi au lundi. "Il y en a moins dans la semaine parce qu'il y a moins de professionnels", précise-t-il.

Cette absence des "pros" explique en grande partie que la SNCF ne retrouve pas 100% du niveau de 2020. "Ce n'est pas pour tout de suite", esquive Christophe Fanichet.

"La question qu'on a devant nous, c'est la rentrée de septembre", avec cette même question du retour (ou pas) des voyages d'affaires, concurrencés par le télétravail et les visioconférences.

La SNCF va notamment lancer un abonnement annuel dédié au télétravail, pour ceux qui ne voyageraient plus que deux ou trois fois par semaine.

M. Fanichet ne veut pas s'inquiéter outre mesure du danger d'un rebond épidémique, les progrès de l'immunité des Français devant éviter d'avoir à réduire à nouveau la mobilité. 

Mais il ne veut "aucun relâchement sur les gestes barrière". 

"On sera extrêmement vigilants: le masque, le masque, le masque, dans les trains et dans les gares", martèle-t-il. "On sera vraiment très, très sourcilleux sur ce sujet-là, gestes barrière et désinfection des trains."

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