Un milliardaire républicain avant l'élection: "Je suis inquiet"

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Frank VanderSloot, patron de l'entreprise Melaleuca, en juin 2016 à Idaho Falls
Frank VanderSloot, patron de l'entreprise Melaleuca, en juin 2016 à Idaho Falls
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© AFP, Handout, Melaleuca Inc.

AFP, publié le dimanche 01 novembre 2020 à 13h14

"J'avais tort sur Trump", reconnaît Frank VanderSloot, homme le plus riche de l'Idaho. En 2016, il ne prenait pas Donald Trump au sérieux. Aujourd'hui, le milliardaire croit que le président sortant est un rempart contre l'avènement du socialisme aux Etats-Unis.

La volte-face de ce riche donateur conservateur, patron de l'entreprise de vente en ligne de produits de bien-être Melaleuca basée à Idaho Falls, illustre le chemin parcouru en cinq ans par les élites du parti républicain, qui s'est laissé imprégner par le trumpisme en échange de quatre ans d'une politique conservatrice sans états d'âme.

"Je ne pensais pas qu'il serait conservateur, mais il a tenu ses promesses", dit Frank VanderSloot à l'AFP. "Il a soutenu la libre entreprise, révoqué des réglementations insensées, ravivé l'industrie pétrolière, attaqué la Chine et la presse".

"Il est le premier président qui n'a pas déclenché de guerre", dit-il aussi.

Le patron, qui avait parié sur Marco Rubio aux primaires républicaines de 2016, trouve bien quelques défauts, superficiels, au président. Contre le Covid-19, il aurait dû encourager le port du masque plus tôt.

Autre souci: "Il a fait du mal au parti républicain parce qu'il a l'air méchant. Il ne l'est pas, mais il parle méchamment".

"Je ne connais pas beaucoup de conservateurs qui apprécient sa façon de parler, sa vulgarité, ses attaques ad hominem. Il brutalise tous ceux que le critiquent, il est susceptible. Son arrogance, moi-moi-moi, personne n'aime ça".

Mais Frank VanderSloot résume d'une phrase désarmante le pari collectif de son parti: "Tout le monde aime ce qu'il fait. On n'aime pas sa façon de le faire".

- "Socialisme immédiat" -

Frank VanderSloot, 72 ans et à la tête d'une fortune de 3,5 milliards de dollars selon Forbes, ne semble guère optimiste pour les élections de mardi, ce qui explique les plus de deux millions de dollars qu'il a donnés cette année aux républicains, selon des données compilées sur opensecrets.org (plus de 11 milliards au total seront dépensés dans les élections).

"Je suis inquiet. Je suis très inquiet à l'idée qu'on ait un nouveau président, et que les républicains perdent la majorité au Sénat, car plus rien n'arrêtera le radicalisme".

Il faut comprendre le mot radicalisme au sens américain d'extrémisme de gauche.

Les républicains peuvent se permettre de perdre la Maison Blanche, mais ils savent qu'un président démocrate ne pourrait pas aller bien loin sur le climat, l'énergie ou les normes environnementales sans une majorité correspondante au Sénat. C'est donc pour les candidats sénatoriaux que Frank VanderSloot a le plus ouvert son chéquier.

Le but, admet-il, est d'avoir des "checks and balances" -- un contre-pouvoir à un président Biden.

"Ce n'est pas un secret qu'il n'est pas en pleine forme. Il sera fortement sous l'influence de l'extrême gauche radicale et d'un Sénat démocrate (...) C'est l'arrivée du socialisme qui m'inquiète le plus".

Il a une théorie: le parti démocrate va bloquer tout nouveau plan de relance jusqu'après l'investiture du prochaine président en janvier, "juste assez longtemps pour détruire toutes les entreprises". Alors tous les Américains dépendront du gouvernement, et de ses allocations.

"Ce sera le socialisme immédiat, du jour au lendemain", avertit Frank VanderSloot.

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