Un sommet à Paris pour accélérer les financements climat

Chargement en cours
 Des hommes d'affaires, dont Bill Gates, Michael Bloomberg et Richard Branson, à l'Elysée pour une rencontre avec le président Emmanuel Macron le 12 décembre 2017

Des hommes d'affaires, dont Bill Gates, Michael Bloomberg et Richard Branson, à l'Elysée pour une rencontre avec le président Emmanuel Macron le 12 décembre 2017

1/5
© AFP, CHRISTOPHE ARCHAMBAULT
A lire aussi

AFP, publié le mardi 12 décembre 2017 à 11h33

Plusieurs dizaines de dirigeants sont réunis mardi dans la capitale française pour donner un coup d'accélérateur au financement de la lutte contre le changement climatique, un "défi immense" deux ans après la signature de l'Accord de Paris.

"Le défi est immense, nous devons tout faire pour le relever", a déclaré le Premier ministre fidjien Frank Bainimarama, président de la 23e Conférence de l'ONU sur le climat (COP23), insistant sur l'importance des financements publics et privés, à l'ouverture de la réunion que les autres chefs d'Etat et de gouvernement rejoindront dans l'après-midi.

Le président français Emmanuel Macron a lancé l'idée du sommet après l'annonce par Donald Trump du retrait américain du pacte historique de 2015 contre le réchauffement terrestre.

A quelques heures de l'ouverture de la réunion, le chef de l'Etat français a de nouveau interpellé, dans une interview à la chaîne américaine CBS, son homologue américain sur sa "responsabilité face à l'Histoire", tout en se disant "assez certain" que Donald Trump "va changer d'avis dans les mois ou les années à venir".

L'accord vise à contenir la hausse de la température sous le seuil critique de 2°C, mais sur la base des engagements pris par les Etats, la planète se dirige toujours vers +3°C par rapport à l'ère pré-industrielle. Déjà, une hausse de moins de 1°C a suffi à provoquer plus de précipitations, le rétrécissement de la banquise ou l'augmentation du niveau moyen des océans.

Pour réduire les gaz à effet de serre et atteindre les objectifs, il faudra des investissements massifs.

- 3.500 milliards de dollars par an -

"L'Agence internationale de l'Energie estime qu'il faudra en moyenne 3.500 milliards de dollars (d'investissements dans le secteur énergétique) chaque année pendant 30 ans pour contenir l'augmentation des températures à un minimum de 2°C", a souligné le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim juste avant ce "One Planet summit".

Une soixantaine de chefs d'Etat et de gouvernement sont annoncés sur l'île Seguin, à l'ouest de Paris, dont le Mexicain Enrique Pena Nieto, le roi du Maroc Mohammed VI, des présidents africains et de petites îles vulnérables au réchauffement, ainsi que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Mais la Chine, l'Inde ou le Canada, grands émetteurs de gaz à effet de serre, ne doivent être représentés qu'au niveau ministériel.

Et les Etats-Unis, dont le président n'était pas invité, par un chargé d'ambassade, alors que les inquiétudes sont grandes, Washington n'ayant par exemple versé qu'un milliard de dollars sur les trois promis au Fonds vert de l'ONU.

"Ça n'a pas d'importance que Donald Trump ait tourné le dos à l'accord de Paris", a assuré lundi l'ancien gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger, insistant sur l'engagement des Américains à tous les autres niveaux. "Personne n'a laissé tomber (...) Nous, au niveau sub-national, nous allons prendre le relais", a insisté le fondateur du R20, réseau d'autorités régionales.

D'autres Américains ont fait le déplacement, comme l'ancien maire de New York Michael Bloomberg, le gouverneur de Californie Jerry Brown, le milliardaire Bill Gates ou encore l'acteur Sean Penn.

- Pas une conférence des donateurs -

Les pays du Nord ont promis de porter à 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 leurs financements climat aux pays du Sud, qui réclament des assurances sur cette promesse, en particulier pour pouvoir s'adapter aux impacts des dérèglements (digues, surélévation des habitats, système d'alerte météo etc).

"La pièce manquante du puzzle est le financement pour aider les pays les plus pauvres à avoir accès à une énergie propre, pour qu'ils ne suivent pas le chemin du monde riche qui marche aux énergies fossiles", a commenté Mohamed Adow, de l'ONG Christian Aid.

Mais le sommet de mardi n'est pas une conférence des donateurs, insiste la présidence française qui évoque des "solutions concrètes" pour "multiplier les projets sur le terrain".

Parmi les engagements qui pourraient être annoncés, des dons de fondations, des coalitions pour la neutralité carbone ou contre le charbon.

Pour trouver d'autres sources de financement, plusieurs ministres français ont appuyé l'idée d'une taxe européenne sur les transactions financières, projet au point mort après des années de discussions.

Munies de pancartes "Une France exemplaire", "OGM non merci", près de 200 personnes se sont rassemblées devant le Panthéon à Paris en marge du sommet, à l'appel de plusieurs associations. Pour Attac France, la France ne doit pas verser "un euro de plus pour les énergies fossiles".

L'ONG 350.org a, elle, dénoncé un sommet qui est "une opération de communication pour Emmanuel Macron".

 
108 commentaires - Un sommet à Paris pour accélérer les financements climat
  • avatar
    NISSA2004 -

    Ce problème, mais si problème il y a, arrange bien certains lobbies et leur permet de s'enrichir. N'est ce pas cela que l'on nomme la finance verte ?

  • avatar
    NISSA2004 -

    Ce problème, mais si problème il y a, arrange bien certains lobbies et leur permet de s'enrichir. N'est ce pas cela que l'on nomme la finance verte !

  • avatar
    JON-DE-LIONNE -

    le 12 12 2017 à 12 57
    En fait quand j'entends Macron dire qu'il veut devenir le calife à la place du calife, et qu'il veut être le meilleure du monde et que les start Up ceci et que les licornes cela, et que le climat.... je le découvre mais comme je suis opportuniste je vais enfourcher cette monture parce que sinon je ne sais comment je vais m'en sortir....j'ai l'impression d'entendre les gourous des réseaux sociaux, les Marc Zuckerberg et tous ces braves californiens qui regardent brûler leur pays sans rien faire et qui viennent donner des leçons et encore des leçons.;

    Et une fois qu'ils sont sortis de leur adolescence à rallonge on les entend causer dans le poste comme vient de le faire cet ancien dirigeant de FAcebook :

    Ancien vice-président du groupe, Chamath Palihapitiya préconise une « vraie pause » avec les réseaux sociaux. Il a interdit à ses enfants d'utiliser Facebook.

    Chamath Palihapitiya a largement participé au développement et au succès mondial de Facebook. Après avoir rejoint l'entreprise de Palo Alto en 2007, il en devient le vice-président chargé de la croissance de l'audience. Mais son discours a bien changé depuis qu'il a quitté le réseau social fondé par Mark Zuckerberg, en 2011. Au point d'émettre de sérieuses critiques sur son utilisation et d'alerter sur les conséquences sociales.

    « Je pense que nous avons créé des outils qui déchirent le tissu social », a ainsi assuré Chamath Palihapitiya lors d'un débat à l'université de Stanford en novembre. Ces propos,…

  • avatar
    JON-DE-LIONNE -

    et le CO2 de rejeté par les hommes, 1 kg par jour et par humain, on le compte celui la ou pas ?
    Et la précession des équinoxes, c'est politiquement incorrect d'en parler ?
    Et les avions qui ne polluent pas puisque leurs émissions ne sont prises en compte, on en parle ou pas ?

    Et comment on fait avec des éoliennes qui ne fonctionnent que 3500 heures par an sur les plus de 8000 que compte une année, on fait tourner d es dynamos de vélos, des centrales à charbon, on fait comment pour fabriquer du courant pendant ce temps là ?

    Non mais sérieux on arrivera un jour à parler, en dehors de toutes idéologie, de l'écologie façon Darwin j'entends ?

  • avatar
    JON-DE-LIONNE -

    le 11 12 2017 à 13 20

    Mais comment ça se passe pour les dégagements de CO² des volcans parce que bizarrement l'éruption du volcan de Bali a disparu des radars médiatiques mais il expulse toujours des millions de tonnes, on les comptabilisent ou ces tonnes ?

    voici ce que disent les services de l'état français d'ailleurs :
    Point de situation au 11/12 à 06h00 (wita / heure de Bali) : L’alerte sur le Mont Agung est toujours de niveau 4 (maximum). Les consignes de sécurité restent les mêmes, à savoir : il est interdit de s´approcher à moins de 8 km autour du cratère et de 10 km dans les zones situées au Nord, Nord-Est, Sud, Sud-Est et Sud-Ouest. Ce périmètre de sécurité peut évoluer selon la situation.
    Restez informés //magma.vsi.esdm.go.id/) et conformez-vous aux instructions des autorités locales.
    En raison des projections de cendres volcaniques, le trafic aérien et le fonctionnement des aéroports à proximité (essentiellement Denpasar et Lombok, mais pas exclusivement) sont perturbés. Nous vous recommandons de vous tenir informés de l’évolution de la situation auprès de vos compagnies aériennes.
    Pour les dernières informations sur les aéroports de Denpasar et Lombok, cliquez ici.
    signaler au modérateurrépondre

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]