Une charte contre les stéréotypes sexistes dans la pub

Une charte contre les stéréotypes sexistes dans la pub©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 06 mars 2018 à 16h42

Les annonceurs et les agences de publicité ont signé mardi avec le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) une charte de lutte contre les stéréotypes sexistes dans les publicités, en vue d'un rééquilibrage des rôles alloués aux femmes et aux hommes.

La lutte pour l'égalité hommes-femmes a été inscrite dans les compétences du CSA en janvier 2017, avec un amendement à la loi sur l'égalité et la citoyenneté qui le charge de veiller au respect de la dignité des personnes et de l'image des femmes dans la publicité.

Total ou LVMH participent

Avec la charte signée mardi, l'Union des annonceurs (qui compte parmi ses membres Accor, Total, L'Oréal ou encore LVMH), l'Association des agences-conseils en communication (AACC), la filière communication et le CSA s'engagent à lutter contre les stéréotypes sexuels, sexistes et sexués. L'objectif notamment de porter une attention particulière aux situations de "sexualisation excessive".

"Lorsque la publicité utilise la nudité, il convient de veiller à ce que sa représentation ne puisse être considérée comme avilissante et aliénante et a fortiori ne réduise pas la personne à un objet", précise la charte.

Pour évaluer la possible récurrence de stéréotypes dans leur production, les annonceurs signataires d'un programme spécifique de l'UDA mettront en place des grilles de lecture.

Les femmes toujours sous-représentées

Selon une étude du CSA publiée à l'automne, les rôles d'"experts" dans les publicités sont surtout occupés par des hommes (82%), tandis que les deux tiers des annonces avec une connotation sexuelle mettent en scène des femmes. Le texte charge aussi le CSA de mettre en place un comité de suivi afin d'établir un bilan annuel des bonnes pratiques mises en oeuvre, et de proposer des améliorations.

Au-delà des seules publicités, les femmes ont continué d'être sous-représentées (29%) aux heures de forte audience à la télévision et la radio, malgré une légère hausse de leur présence globale sur les antennes (40%, + 2 points), montre un rapport publié mardi par le CSA.

La part d'expertes invitées sur les plateaux a progressé de cinq points, dans un secteur toujours dominé par les hommes (65% d'hommes, 35% de femmes), a fortiori sur les chaînes privées dont le bilan en la matière est plus mauvais que celui du secteur public (41% contre 27%).

Parmi les invités politiques, la part de femmes a reculé de cinq points l'an dernier par rapport à 2016, avec 27% de femmes, un chiffre qui reflète la concentration masculine aux rôles de pouvoir malgré la progression de la parité formelle à l'Assemblée nationale et au gouvernement.

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