Une guerre commerciale coûterait cher à la croissance mondiale (BoE)

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Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Mark Carney, le 27 juin 2018 à Londres
Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Mark Carney, le 27 juin 2018 à Londres
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© AFP, Matt Dunham, POOL

AFP, publié le jeudi 05 juillet 2018 à 14h45

Une guerre commerciale entre les Etats-Unis et ses partenaires pourrait coûter plusieurs points de croissance à l'économie mondiale, a mis en garde jeudi le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE), Mark Carney. 

Selon les prévisions de l'institution, "une augmentation des droits de douane de 10 points entre les Etats-Unis et ses partenaires commerciaux pourrait coûter 2,5 points de PIB aux Américains et 1 point de PIB à l'économie mondiale (sur trois ans), et cela à travers le seul aspect commercial", a relevé Mark Carney, alors que de nouvelles taxes américaines sur des produits importés chinois doivent entrer en vigueur vendredi.

D'après le gouverneur, il faudrait également ajouter à cette estimation les "effets indirects", notamment sur la confiance des investisseurs et des consommateurs et sur les conditions financières, a-t-il précisé lors d'un discours à Newcastle (nord de l'Angleterre).

Si ces effets sont pris en compte, ainsi que "la possibilité que les taxes deviennent permanentes", les conséquences sur la croissance pourraient "doubler", atteignant environ 5 points de PIB pour les Etats-Unis et environ 2,5 points au niveau mondial.

"Ce scénario mettrait les autorités monétaires dans une position difficile", a souligné le gouverneur de la Banque d'Angleterre, qui a néanmoins tempéré en jugeant que "le protectionnisme ne s'exprime pour l'instant principalement que par des paroles et des tweets".

Depuis plusieurs semaines, le président américain, Donald Trump, s'est engagé dans un bras de fer commercial avec ses partenaires, chinois et européens entre autres, à grand renfort de menaces mais également de mesures concrètes.

De nouvelles taxes américaines sur 34 milliards de dollars d'importations chinoises, qui frapperont 818 produits dont des voitures, des composants d'avions ou de disques durs d'ordinateurs tout en épargnant des biens populaires comme les téléphones portables ou les télévisions, seront effectives jeudi à minuit. Immédiatement après, des taxes chinoises sur un montant équivalent d'importations américaines seront appliquées.

Concernant l'Union européenne, après avoir taxé l'acier et l'aluminium européens, ce qui a valu des représailles sur des produits emblématiques tels que les motos de la marque Harley-Davidson, Donald Trump a menacé d'instaurer des droits de douane sur les véhicules importés.

Evoquant le contexte britannique, Mark Carney a renouvelé sa confiance dans l'économie du pays, ce qui a entraîné une hausse de la livre. Vers 12H00 GMT, celle-ci valait 1,3260 dollar, contre 1,3230 dollar la veille à 21H00 GMT.

Selon M. Carney, les récentes statistiques publiées ont intensifié sa confiance dans le fait que "le ralentissement de l'activité britannique au premier trimestre était largement dû à la météo et non au climat économique".

L'activité dans les services au Royaume-Uni a atteint en juin son plus haut niveau depuis huit mois, d'après des données publiées mercredi par le cabinet IHS Markit. Ces chiffres ont été diffusés quelques semaines après des statistiques officielles faisant état d'une progression de 1,3% des ventes au détail en mai. 

Ces données encourageantes ont renforcé les spéculations autour d'une possible hausse du taux d'intérêt de la BoE lors de sa prochaine réunion début août. 

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