Une ONG accuse la France et Total d'enliser la planète dans la crise climatique

Une ONG accuse la France et Total d'enliser la planète dans la crise climatique
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Boursier.com, publié le lundi 15 juin 2020 à 14h48

Selon Les Amis de la Terre, la France a "le doigt sur le détonateur d'une bombe climatique" au Mozambique, où le groupe français Total développe un méga projet d'exploitation de gaz naturel...

Le méga projet d'exploitation de gaz naturel de Total dans le viseur des Amis de la Terre... Alors que le groupe français s'apprête à exploiter des réserves de gaz naturel découvertes au Mozambique, l'ONG l'a appelé à se retirer de ce projet, dans un rapport intitulé "De l'eldorado gazier au chaos. Quand la France pousse le Mozambique dans le piège du gaz", dévoilé ce lundi.

Alors qu'Emmanuel Macron avait souligné en janvier dernier la nécessité d'aider les pays en voie de développement à "sortir" des hydrocarbures, la France serait "bien décidée à assurer que cet eldorado gazier profite en premier lieu à ses multinationales, quitte à semer le chaos", affirme l'organisation.

"Enfoncer la planète entière un peu plus dans la crise climatique rien ne semble inquiéter le gouvernement, les majors et parapétroliers français ainsi que leurs banquiers", poursuit l'ONG, ajoutant que ce projet porté par les pouvoirs publics français contribuerait également à attiser les tensions "dans une région qui s'embrase", où des groupes d'insurgés multiplient les attaques dans la province de Cabo Delgado.

60 milliards d'investissements

Au début des années 2010, d'immenses réserves de gaz ont été découvertes au Mozambique, "environ 5.000 milliards de mètres cube, les 9e plus grandes réserves gazières du monde", détaille l'organisation. Le rapport rappelle que l'exploitation des champs gaziers, prévue sur une trentaine d'années, devrait générer 60 milliards de dollars d'investissements, soit les plus importants jamais réalisés sur le continent. Sur place, l'Américain ExxonMobil, le Français Total ou encore l'Italien ENI espèrent débuter l'exploitation d'ici 2022-2023.

"Une myriade d'entreprises du secteur des hydrocarbures et de tous les secteurs qui gravitent autour (logistique, sécurité privée) sont aujourd'hui impliquées dans les trois projets gaziers en cours de développement au large du Mozambique", précise l'ONG.

Les entreprises françaises appelées à se retirer des projets

Selon l'organisation, ces trois projets pourraient émettre autant que 7 années d'émissions de gaz à effet de serre de la France et 49 fois les émissions annuelles du Mozambique. Ceci alors que Total, "principal opérateur du méga projet", prévoit d'"accroître les capacités de liquéfaction et que des travaux de recherche et d'exploration sont en cours sur d'autres blocs", ajoute l'organisation, dénonçant '"une véritable bombe climatique".

Les Amis de la Terre "somment les entreprises impliquées" de se retirer de ces projets. "Les entreprises françaises impliquées, banques privées et industriels de l'énergie comme Total, doivent mettre immédiatement fin à leurs activités dans les projets gaziers au Mozambique, au risque de voir leur responsabilité engagée sur le fondement de la loi sur le devoir de vigilance", a estimé l'ONG.

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