USA: le chômage au plus bas depuis 50 ans en septembre, Trump jubile

USA: le chômage au plus bas depuis 50 ans en septembre, Trump jubile
Le président Donald Trump lors d'un point presse à Washington, le 4 octobre 2019

AFP, publié le vendredi 04 octobre 2019 à 18h25

Les créations d'emplois aux Etats-Unis sont restées solides en septembre et le taux de chômage est tombé à son plus bas niveau depuis décembre 1969, une très bonne nouvelle pour le président Donald Trump fragilisé par une procédure de destitution.

Le taux de chômage a reculé à 3,5%, un plus bas depuis un demi-siècle, et l'économie américaine a encore créé 136.000 emplois le mois dernier. 

C'est moins que ne l'espéraient les analystes mais le marché de l'emploi s'est révélé bien plus robuste qu'initialement estimé au mois d'août et en juillet.

Cette conjonction fait dire à certains économistes que la première économie du monde se trouve dans la "zone Boucle d'or", ni trop chaude ni trop froide et que les craintes d'une récession à court terme étaient infondées.

Le président a immédiatement cherché à tirer un avantage politique de la bonne nouvelle sur le thème: pourquoi destituer un président qui fait si bien ?

"Wouah l'Amérique, destitue ton président (même s'il n'a rien fait de répréhensible!)", a ironisé Donald Trump sur son compte Twitter.

"Le rapport sur l'emploi de septembre n'est pas une consolation pour les millions d'Américains qui subissent les conséquences de plus en plus grandes du programme d'intérêt particulier du président, qui continue de mettre en péril leur santé et leur sécurité économique", a réagi Nancy Pelosi, la cheffe des démocrates au Congrès, qui a mis un coup d'accélérateur vendredi à l'enquête visant à destituer le milliardaire républicain.

Le taux de chômage s'est durablement installé sous la barre des 4% cette année. Et nombre d'Américains, qui n'étaient tout simplement plus dans les statistiques parce que découragés de trouver un travail après la crise financière, sont revenus ces derniers mois sur le marché de l'emploi.

Ce rapport de septembre était très attendu car il s'agit du dernier avant la réunion de la Banque centrale américaine des 29 et 30 octobre qui doit décider d'abaisser ou de laisser inchangés les taux d'intérêt.

Ces derniers mois, le président de la Fed Jerome Powell a relevé que le marché de l'emploi et la consommation des ménages étaient les deux points forts de l'économie américaine.

- Incertitude -

Et alors que la guerre commerciale menée par l'administration Trump contre la Chine commence à affecter l'économie américaine, le maintien d'un marché de l'emploi solide permet d'immuniser en partie l'activité contre un retournement de la conjoncture.

A Wall Street, on s'attend à une nouvelle baisse des taux pour la troisième fois cette année en raison du ralentissement économique.

D'autant que l'incertitude créée par les tensions commerciales décourage les investisseurs et mine la confiance des consommateurs, moteur traditionnel de la croissance. 

En outre, l'industrie manufacturière est entrée en récession. Dans ce secteur, le nombre d'emplois a baissé de 2.000 en septembre.

A une semaine des reprises des pourparlers à Washington avec les négociateurs chinois, Donald Trump a repris son leitmotiv vendredi: il veut "un bon accord" ou pas du tout. "La Chine veut vraiment un accord" car les tarifs douaniers imposés par Washington sont en train de tuer son économie.

Ce rapport devrait aussi diviser un peu plus le comité monétaire de la Fed.

Depuis le début de l'année, la croissance des créations d'emplois a ralenti: la moyenne des nouvelles embauches sur trois mois est passée de 223.000 en 2018 à 157.000 en septembre.

Sur le front des embauches en septembre, le secteur de la santé est celui qui a recruté le plus (+39.000), suivi des services aux professionnels (+34.000) et des emplois publics (+22.000).

Le salaire horaire moyen est, lui, resté quasiment stable à 28,09 dollars contre 28,10 dollars le mois précédent. 

Un niveau de chômage historiquement bas, "c'est bien mais les gains de salaires se modèrent. Cela ne présage rien de bon pour la croissance des revenus ou les dépenses de consommation", a conclu Joel Naroff, économiste.

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