USA: le déficit budgétaire 2018 atteint 779 milliards de dollars, un plus haut depuis 2012

USA: le déficit budgétaire 2018 atteint 779 milliards de dollars, un plus haut depuis 2012
(ILLUSTRATION) Le budget consacré aux programmes militaires a augmenté de 6% en 2018, à 601 milliards de dollars

AFP, publié le lundi 15 octobre 2018 à 21h40

Le déficit budgétaire des Etats-Unis a bondi de 17% pour l'exercice 2018, représentant désormais 3,9% du produit intérieur brut (PIB) sous l'effet d'un accroissement des dépenses militaires et de sécurité nationale, combiné à une baisse des recettes fiscales.

Le déficit des finances de l'Etat fédéral s'est établi à 779 milliards de dollars sur les douze mois de l'année budgétaire, clos fin septembre, contre 666 milliards en 2017 (3,5% du PIB), selon les chiffres du Trésor américain rendus publics lundi. 

Il s'agit de son plus haut niveau depuis 2012, a précisé l'administration Trump, même s'il reste inférieur à celui anticipé par les services du budget du Congrès (CBO). 

"La dernière fois que le déficit a été aussi élevé, c'était lorsque notre pays se remettait de la Grande récession", ont réagi les représentants démocrates de la commission du budget, estimant que le parti républicain était le parti "des nantis et de l'irresponsabilité budgétaire". 

Au total, les dépenses de l'Etat se sont inscrites en hausse de 3%, à 4.108 milliards de dollars, tandis que les recettes sont restées quasiment stables, à 3.329 milliards, après 3.315 milliards en 2017.

Dans le détail, le budget consacré aux programmes militaires est en hausse de 6%, à 601 milliards de dollars, et celui alloué à la sécurité nationale a augmenté de 35%, à 68 milliards, selon les données détaillées du Trésor.

Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a défendu la hausse des dépenses militaires après des coupes les années précédentes, "qui ont miné notre sécurité nationale".

Mesure phare du mandat de Donald Trump, la réforme fiscale --la plus importante depuis 30 ans--, qui avait été adoptée fin 2017, a réduit certains impôts sur le revenu et surtout abaissé nettement l'impôt sur les sociétés, de 35% à 21%. 

Par conséquent, les recettes fiscales sur les entreprises ont diminué de 22%, à 263 milliards, tandis que les recettes liées aux impôts des ménages n'ont augmenté que de 1%, à 2.379 milliards.

La politique menée par le président américain a "mis plus d'argent dans les poches des Américains qui travaillent dur", a réagi le Trésor, ajoutant que l'administration travaillerait avec les membres du Congrès pour réduire le déficit budgétaire.

- Intérêts de la dette -

Parmi les budgets en forte réduction, à noter celui consacré à l'éducation, qui a fondu de 43%, à 64 milliards, effaçant l'augmentation (45%) enregistrée lors de l'exercice précédent.

A l'inverse, les dépenses consacrées à l'agriculture sont en hausse de 7%, à 137 milliards.

Dans un pays confronté comme de nombreux pays occidentaux au vieillissement de sa population, les dépenses de santé sont, elles, restées stables, à 1.120 milliards, après 1.117 milliards lors de l'exercice 2017.

"Le président est très conscient des réalités liées à notre endettement national. Le dynamisme économique va créer une hausse des revenus du gouvernement (...) Mais ce déficit est une mise en garde directe au Congrès des terribles conséquences de dépenses irresponsables et inutiles", a estimé de son côté Mick Mulvaney, directeur du bureau du Budget de la Maison Blanche (OMB).

"Les mesures économiques du président, qui ont conduit à une croissance économique solide, combinées aux propositions de coupes de dépenses inutiles, vont mener l'Amérique sur une courbe budgétaire plus saine", a assuré Steven Mnuchin.

L'administration Trump relève en particulier le rythme rapide de croissance du PIB (+2,9%), le plein emploi, avec "pour la première fois, plus d'emplois que de chercheurs d'emplois", ainsi que la confiance des ménages qui atteint des niveaux inédits.

Mick Mulvaney a ajouté que l'hôte de la Maison Blanche et son administration continueront de travailler avec le Congrès afin de faire "des choix nécessaires de réductions budgétaires, qui, combinées à une hausse des revenus, réduiront le déficit".

D'autant que les intérêts de la dette (522 milliards) pèse toujours plus dans le budget, augmentant de 14% lors de ce dernier exercice.

Enfin, pour le seul mois de septembre, dernier mois de l'exercice généralement excédentaire, le solde budgétaire a affiché un excédent de 119 milliards, contre 8 milliards en septembre 2017.  

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