Vaccins anti-Covid : Amnesty pointe du doigt le "quasi-monopole" des pays les plus riches

Vaccins anti-Covid : Amnesty pointe du doigt le "quasi-monopole" des pays les plus riches
Une femme recevant le vaccin-anticovid Sinovac à Bangkok.

Orange avec Boursier.com, publié le mercredi 07 avril 2021 à 13h24

Dans un nouveau rapport, l'ONG estime que "les pays les plus riches ont mis en place un quasi-monopole sur l'approvisionnement mondial en vaccins, laissant les pays les plus démunis se débattre avec les pires conséquence de la crise".

Dans un nouveau rapport, l'ONG estime que "les pays les plus riches ont mis en place un quasi-monopole sur l'approvisionnement mondial en vaccins, laissant les pays les plus démunis se débattre avec les pires conséquence de la crise".

C'est un bilan sévère qu'Amnesty International a dressé de l'année 2020, marquée par l'épidémie de Covid-19. Dans son rapport annuel dévoilé ce mercredi, l'ONG de défense des droits affirme que la pandémie a creusé les inégalités et servi de prétexte à une accentuation de la répression et à des violations des droits humains.

Elle dénonce également une "coopération internationale en berne", notamment sur la question des vaccins contre le coronavirus. "Des dirigeants de pays riches, comme l'ancien président américain Donald Trump, ont contourné les tentatives de coopération mondiale en achetant la plupart des stocks de vaccins disponibles dans le monde, n'en laissant guère pour les autres pays", souligne l'ONG.

"Ces pays riches se sont en outre abstenus de pousser les entreprises pharmaceutiques à partager leurs connaissances et leurs technologies afin d'accroître l'offre de vaccins contre le Covid-19", ajoute-t-elle.

Appel à rendre les vaccins "disponibles et accessibles pour tous"

Selon Agnès Callamard, nommée fin mars secrétaire générale de l'organisation, les pays les plus riches ont mis en place "un quasi-monopole sur l'approvisionnement mondial en vaccins, laissant les pays les plus démunis se débattre avec les pires conséquences de la crise en matière de santé et de droits humains, et donc affronter les perturbations économiques et sociales les plus durables".

"Les autorités doivent agir sans attendre afin d'accélérer la production et la distribution de vaccins", a appelé Amnesty International, ajoutant que pour "réaffirmer leur volonté de coopération internationale et de respect de leurs obligations en matière de droits humains, les Etats doivent tous faire en sorte que les vaccins contre le Covid-19 soient disponibles et accessibles pour toutes et tous, et qu'ils soient gratuits là où les soins sont prodigués".

S'appuyer "sur les normes relatives aux droits humains"

L'ONG estime également que les Etats doivent "soutenir l'élaboration d'un fonds mondial de protection sociale s'appuyant sur les normes relatives aux droits humains" et "les pays riches et les institutions financières internationales doivent veiller à ce que tous les Etats disposent des moyens nécessaires pour faire face à la pandémie et pour s'en remettre ensuite, notamment en suspendant et en annulant la dette".

Outre les inégalités sur la vaccination, l'organisation a également pointé du doigt d'autres preuves "du chacun pour soi". "L'irresponsabilité patente de la Chine au tout début de l'épidémie, lorsqu'elle a choisi de passer sous silence des informations cruciales, a eu des conséquences absolument catastrophiques, tandis que la décision des Etats-Unis de quitter l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en pleine pandémie témoignait d'un total mépris pour le reste de l'humanité", a-t-elle rappelé...

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