Vaccins anti-Covid : Paris met en garde les pays de l'UE tentés par le "chacun pour soi"

Vaccins anti-Covid : Paris met en garde les pays de l'UE tentés par le "chacun pour soi"
Secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes, Clément Beaune

Orange avec Boursier.com, publié le vendredi 05 mars 2021 à 13h09

La Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque et la Pologne ont acquis ou envisagent de se procurer des doses auprès de la Chine et de la Russie...

La Hongrie, la Slovaquie, la République tchèque et la Pologne ont acquis ou envisagent de se procurer des doses auprès de la Chine et de la Russie...

Alors que de nombreux pays jugent la politique européenne trop lente face au Covid-19, certains d'entre eux n'attendent plus les livraisons de vaccins coordonnées par la Commission européenne. La Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque ont d'ores et déjà approuvé ou envisagent d'approuver le vaccin russe Spoutnik V dont l'Agence européenne des médicaments vient seulement de commencer l'évaluation.

De son côté, la Pologne a fait savoir lundi que son président Andrzej Duda avait discuté avec son homologue chinois Xi Jinping de l'éventuelle acquisition de doses d'un vaccin fabriqué par la Chine. Ce vendredi, la France a mis en garde certains pays de l'UE contre la tentation de chercher individuellement à se procurer des doses supplémentaires de vaccins.

"S'ils allaient chercher le vaccin chinois et/ou russe, je crois que ce serait grave", a affirmé le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes Clément Beaune sur' RTL'. "Ça pose un problème de solidarité et ça pose aussi un problème sanitaire", a-t-il estimé, tout en prévenant que "si cela continuait, on ne pourrait pas avoir à la fois le bénéfice du cadre européen et en plus aller chercher des solutions nationales dans le chacun pour soi".

Le Danemark et l'Autriche également visés

"Nous l'avons dit à ces pays : nous serons au rendez-vous de la solidarité. Au rendez-vous pour des pays comme la République tchèque ou la Slovaquie qui sont dans des situations sanitaires très difficiles. Je comprends qu'ils cherchent, un peu par désespoir, des solutions. Mais nous trouverons des solutions dans le cadre européen", a assuré le secrétaire d'Etat.

Cet avertissement vaut également pour le Danemark et l'Autriche, qui ont annoncé cette semaine un partenariat avec Israël pour la production de vaccins. Il s'agit de "la même chose, parce que ces pays bénéficient aussi largement du cadre européen", d'après Clément Beaune, qui souligne néanmoins que ces pays ont depuis nuancé la portée de cet accord avec Israël et réaffirmé leur soutien au cadre européen.

"L'Union européenne est sans doute un idiot utile qu'on accuse assez facilement"

Pour Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l'Industrie, l'Autriche et le Danemark sont "revenus en arrière". "Ils essaient vis-à-vis de leur opinion publique de justifier des actions supplémentaires mais la réalité c'est si demain il n'y a pas d'Union européenne, il n'y a pas de doses en Autriche, il n'y a pas de doses au Danemark", a-t-elle affirmé sur 'Europe 1', avant d'ajouter : "l'Union européenne est sans doute un idiot utile qu'on accuse assez facilement".

Le ministre de la Santé Olivier Véran a aussi plaidé pour une "démarche européenne" afin de garantir les approvisionnements du bloc promis par les laboratoires, quitte à bloquer leurs exportations, à l'image de la décision prise par l'Italie vis-à-vis d'une livraison d'AstraZeneca destinée à l'Australie. "Je comprends l'Italie... Nous pourrions faire la même chose", a-t-il déclaré sur 'BFM/RMC'.

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