Vélib' : JCDecaux charge son successeur Smovengo

Vélib' : JCDecaux charge son successeur Smovengo©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 09 mars 2018 à 01h48

JCDecaux semble décidément ne pas digérer d'avoir perdu le contrat des Vélib, et d'avoir dû encaisser les accusations à son encontre de Smovengo, la société qui a récupéré l'exploitation parisienne des vélos en libre service.

"Ce que je vois c'est qu'ils ne sont pas à la hauteur des enjeux", a jugé Jean-Charles Decaux, codirecteur général de JCDecaux, lors d'une conférence de presse à l'occasion de la présentation des résultats annuels du groupe.

Importants retards

Le consortium Smovengo, choisi au printemps dernier par le syndicat Autolib' Vélib' Métropole aux dépens de JCDecaux, avait promis d'installer 1.400 nouvelles stations (soit 20.000 Vélib) d'ici au 31 mars...

Selon les derniers chiffres, 345 stations seulement étaient en service, ce qui rend ce calendrier impossible. Smovengo a mis en cause son prédécesseur, mettant notamment en avant "l'important retard pris par JCDeaux dans le démontage des stations".

Inconscients ou arrogants ?

"En plus ils ratent le plus facile", a insisté Jean-Charles Decaux, pour qui le chantier actuel de Smovengo consiste pour l'essentiel à installer de nouvelles bornes d'attache pour les vélos, les connections ayant déjà été réalisées par JCDecaux. "C'est le reste qui est compliqué. C'est de gérer les vélos, c'est de gérer les abonnés. C'est de répondre aux abonnés qui ne sont pas contents", a-t-il ajouté....

Il a rappelé avoir remporté pour la première fois le contrat en 2007, JCDecaux avait déployé 10.000 vélos en quatre mois et demi alors que toute l'électrification était à faire, a-t-il rappelé, s'étonnant que la PME n'ait conservé lors du transfert aucun des cadres qui travaillaient précédemment pour JCDecaux. "Alors ou ils sont inconscients ou ils sont arrogants mais dans les deux cas c'est particulier", a estimé le dirigeant.

Le groupe familial a engagé un recours devant le tribunal administratif de Paris, qui l'a rejeté. Il a ensuite saisi le Conseil d'Etat qui ne s'est pas encore prononcé. De son côté, Smovengo, qui a écopé de pénalités d'un million d'euros par mois de retard, prévoit désormais de déployer une cinquantaine de stations par semaine au minimum...

Un prix trop bas ?

"La commande publique devrait être moins naïve sur les prix qui sont dans les offres et puis faire des analyses beaucoup plus approfondies", a estimé Jean-Charles Decaux, jugeant le prix pratiqué par Smovengo "intenable dans la durée".

Interrogée sur France Inter, la maire de Paris Anne Hidalgo, a promis un fonctionnement à 100% des Velib' à 100% pour fin avril-début mai. "Je mets la pression. Il y a des pénalités qui sont très très fortes", a-t-elle rappelé.

Vos réactions doivent respecter nos CGU.