Venezuela: Maduro double le revenu minimum face à l'hyperinflation

Venezuela: Maduro double le revenu minimum face à l'hyperinflation
Un homme compte des billets de 1.000 bolivars pour acheter des provisions au marché municipal de Coche, près de Caracas, le 20 juin 2018 au Venezuela

AFP, publié le jeudi 21 juin 2018 à 09h36

Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, a doublé le revenu minimum dans un contexte d'hyperinflation galopante qui asphyxie la société vénézuélienne.

Cette augmentation de 103% --la quatrième en un an-- fixe le revenu minimum à 5.196.000 bolivars, équivalent à 65 dollars à taux de change officiel et à peine 1,7 dollar sur le marché noir. 

Le revenu minimum comprend le salaire (3.000.000 bolivars) et un bon alimentaire (2.196.000), qui représente 42% du total sans ouvrir d'accès à des prestations sociales. 

"Une hausse de 103% doit avoir lieu de manière immédiate (...) pour tous les travailleurs", a annoncé mercredi le président socialiste réélu le 20 mai à l'issu d'un scrutin boycotté par l'opposition et vivement critiqué par la communauté internationale.

La dernière augmentation salariale (de 95,4%) remontait au 30 avril.

Des économistes critiquent les ajustements salariaux répétés, estimant qu'ils renforcent le coût de la vie, et déplorent qu'ils ne soient pas accompagnés d'un "plan anti-inflationniste" ni de "discipline fiscale et monétaire".

Le pays pétrolier traverse dans une sévère crise économique et les salaires des habitants ne résistent guère face à l'hyperinflation, attendue à 13.800% en 2018 par le FMI et même à 200.000% par le Parlement, contrôlé par l'opposition.

Les prix des produits alimentaires de base se comptent désormais en millions de bolivars et la population n'arrive plus à suivre le rythme des tarifs appliqués, relevés plusieurs fois par semaine.

Sur ordre de Nicolas Maduro, qui attribue cette hyperinflation à la "guerre économique" menée selon lui par l'opposition pour le renverser, le gouvernement a débuté cette semaine l'"occupation temporaire" par des militaires de 97 marchés municipaux.

L'économiste Luis Vicente Leon y voit pour sa part le symptôme du naufrage du modèle interventionniste de l'Etat, qui exerce un strict contrôle des changes et des prix, alors que la pauvreté atteignait 87% en 2017.

Selon le gouvernement, près de 13 millions de travailleurs perçoivent un revenu minimum ou un "supplément alimentaire" sur une population active de 19,5 millions de personnes.

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