Vers un crédit d'impôt de 50 euros pour les abonnements à la presse

Vers un crédit d'impôt de 50 euros pour les abonnements à la presse©Boursier.com

Boursier.com, publié le vendredi 26 juin 2020 à 13h05

Le gouvernement a déposé un amendement dans le cadre du projet de loi de finances rectificative pour favoriser les abonnements à la presse pour "les ménages les moins aisés"...

C'était une mesure attendue par le secteur... Alors que les éditeurs de presse sont touchés par la forte baisse des recettes publicitaires et la baisse des ventes durant le confinement, le gouvernement a déposé un amendement dans le projet de loi de finances rectificative pour 2020, qui prévoit la création d'un crédit d'impôt pour les abonnements des particuliers à la presse.

Cet amendement "a pour objet d'instaurer, sous condition de ressources, un crédit d'impôt sur le revenu au titre du premier abonnement à un journal, à une publication périodique ou à un service de presse en ligne qui présente le caractère de presse d'information politique et générale", précise le texte.

Ce crédit d'impôt est égal à 50% des dépenses effectivement supportées et s'appliquerait aux sommes versées jusqu'au 31 décembre 2022, au titre du premier abonnement, pour une durée minimale de 12 mois, dans la limite d'un plafond de crédit d'impôt de 50 euros par foyer fiscal.

"Aider les ménages les moins aisés à souscrire un abonnement"

Ce crédit d'impôt, qui doit permettre "d'aider les ménages les moins aisés à souscrire un abonnement", est accordé une fois par foyer fiscal "dont le revenu fiscal de référence est inférieur, pour une part de quotient familial, à 10.000 euros, cette limite étant majorée de 25% par demi-part supplémentaire", détaille le texte.

En revanche, le gouvernement exclut les kiosques de presse en ligne. En effet, l'amendement prévoit que "l'abonnement à un service de presse en ligne n'est pas éligible au bénéfice du crédit d'impôt", lorsqu'il est inclus dans "un service assurant la diffusion numérique groupée de services de presse en ligne ou de versions numérisées de journaux ou publications périodiques ne présentant pas tous le caractère de presse d'information politique ou générale, ou associé à tout autre service".

Selon les informations des 'Echos', le dispositif, qui serait applicable à compter d'une date fixée par décret, devrait coûter une vingtaine de millions d'euros.

Un secteur très affaibli

Pour le gouvernement, il s'agirait ainsi de soutenir un secteur très affaibli. Fin mai, l'Alliance de la presse d'information générale avait interpellé dans une tribune les pouvoirs publics sur la santé des éditeurs français de presse quotidienne régionale et nationale et de presse hebdomadaire régionale, soulignant l'impact économique de la crise liée au Covid-19. "Les recettes publicitaires se sont écroulées, comme celles issues de la ressource traditionnelle que sont les annonces classées, judiciaires et légales", avait ainsi écrit le président de l'Alliance Jean-Michel Baylet.

"Le soutien déterminé de l'Etat est aujourd'hui indispensable", avait-il estimé, regrettant qu'"aucune mesure de soutien à la presse n'ait été adoptée, alors que des secteurs et des entreprises menacées font, légitimement, l'objet de mesures spécifiques". L'Alliance avait ainsi réclamé "des mesures d'urgence", avec notamment "un crédit d'impôt pour les annonceurs", ou encore "le fléchage des campagnes de communication publiques"...

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