Virus: bientôt 300.000 morts, Washington accuse Pékin d'espionner ses chercheurs

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Un patient soupçonné d'être atteint du Covid-19 se fait tester le 10 mai à, 2020 à l'hôpital universitaire de Maiduguri, au Nigeria
Un patient soupçonné d'être atteint du Covid-19 se fait tester le 10 mai à, 2020 à l'hôpital universitaire de Maiduguri, au Nigeria
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© AFP, Audu MARTE

AFP, publié le jeudi 14 mai 2020 à 03h21

Washington a accusé mercredi Pékin de chercher à espionner ses chercheurs dédiés à la lutte contre le nouveau coronavirus, dont le bilan macabre s'approche du seuil des 300.000 victimes sur toute la planète.

Les Etats-Unis ne cessent d'imputer à la Chine la gravité de la crise, qui, au-delà de son terrible bilan humain (4,3 millions de cas, plus de 295.000 morts), a mis en sommeil des pans entiers de l'économie.

L'Organisation mondiale de la santé a averti mercredi que le virus pourrait "ne jamais disparaître" et devenir l'un de ceux avec lesquels l'humanité doit apprendre à vivre. 

En attendant, pour tenter de relancer le tourisme, l'un des secteurs les plus affectés, l'Union européenne a appelé ses membres à rouvrir leurs frontières intérieures. Cela n'a pas empêché les marchés de s'effondrer, après des propos peu rassurants des autorités monétaires américaines.

Le patron de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a prévenu que les dommages de la pandémie sur la première économie mondiale pourraient être "durables" et qu'il faudrait peut-être de nouvelles aides, en plus des quelque 2.900 milliards de dollars de soutien déjà débloqués.

Aux Etats-Unis, pays le plus touché avec encore plus de 1.800 morts en 24h mercredi (plus de 84.000 au total), même le secteur de la santé est paradoxalement touché par la crise: près d'un million et demi de personnes y ont perdu leur emploi depuis mars, dont 135.000 dans les hôpitaux, qui ont vu leurs revenus amputés par le report des interventions non urgentes.

Ce secteur, mais aussi ceux de la pharmacie et de la recherche, sont "ciblés" par la Chine, qui, via des pirates informatiques, des étudiants ou des chercheurs, tentent de leur voler leurs travaux sur un vaccin, des traitements ou de nouveaux tests de dépistage, ont accusé les Etats-Unis.

Avant que Washington ne porte publiquement ces attaques, la presse s'en était fait l'écho, et Pékin avait dénoncé par avance des "rumeurs et des calomnies".

- "Hiver sombre" -

Depuis des semaines, le président américain Donald Trump accuse la Chine d'avoir dissimulé l'ampleur de l'épidémie, apparue fin 2019 dans la ville de Wuhan, et d'avoir ainsi facilité sa propagation. Il l'a même -- vaguement -- menacée de représailles.

Mais selon un ancien haut-responsable sanitaire limogé récemment par le président, les Etats-unis n'étaient pas assez "préparés" pour faire face au virus. Faute de réponse coordonnée, il y aura une "recrudescence des cas à l'automne" et "2020 sera l'hiver le plus sombre de l'histoire moderne", a également prédit Rick Bright.

Aux Etats-Unis, comme dans le reste du monde, les gouvernements tentent de trouver le difficile équilibre entre les mesures visant à enrayer la propagation de la maladie et les décisions propres à relancer leurs économies.

La réouverture des frontières est un des enjeux de ce débat.


La commission européenne a souhaité mercredi une réouverture "concertée" et "non discriminatoire" des frontières intérieures de l'UE afin d'empêcher le naufrage du secteur du tourisme, qui représente 10% du PIB et 12% des emplois dans l'Union.

"Si nous faisons tous des efforts, nous n'aurons pas à passer l'été bloqués à la maison ou l'été ne sera pas complètement perdu pour l'industrie touristique", a déclaré la vice-présidente exécutive de la Commission, Margrethe Vestager.

L'Allemagne a annoncé mercredi qu'elle visait une levée à la mi-juin des restrictions de circulation à ses frontières, et a assuré partager cet objectif avec ses voisins français, autrichien et suisse.

- "Tellement enthousiaste" -

Pour le reste, les mesures de déconfinement continuent d'avancer pas à pas, avec parfois, ici où là, une pause ou un recul prudent.

Concernant les avancées, le championnat allemand de football reprendra samedi, et ses concurrents anglais, espagnol et italien s'apprêtent à l'imiter.

Interdites depuis six semaines, les plages autour de Los Angeles, en Californie, ont rouvert, sans qu'il soit autorisé d'y poser sa serviette ou de faire un match de volley.

Le Royaume-Uni, deuxième pays au monde le plus endeuillé (plus de 33.000 morts), a légèrement levé la chape sur la seule Angleterre, où il est de nouveau possible d'aller travailler, bronzer ou jouer au golf. 

"J'ai l'impression d'être un directeur d'école qui voit arriver plein d'écoliers, tout le monde est tellement enthousiaste", a témoigné à l'AFP Jason Pheasant, directeur général d'un club de golf dans le sud-ouest de l'Angleterre.

Bien que la Russie soit devenue mardi, selon un comptage de l'AFP, le deuxième pays au monde le plus contaminé (plus de 242.000 cas), le président Vladimir Poutine, dont le porte-parole et le Premier ministre ont été hospitalisés, a donné son feu vert à un début de déconfinement, en fonction de la situation épidémiologique de chaque région.

La mortalité y reste basse comparée à d'autres pays, avec 2.212 victimes officiellement recensées, un bilan que des voix critiques mettent en doute.


Mais Moscou, principal foyer de l'épidémie, a prolongé son confinement jusqu'au 31 mai. 

Les promenades sont à nouveau autorisées mercredi sur certaines plages du littoral atlantique en France, où le sanctuaire de Lourdes (Sud-Ouest) accueillera de nouveau des visiteurs à partir de samedi.

Dans le reste du monde, le président sud-africain a annoncé une nouvelle étape de la remise en route du pays d'ici la fin du mois.

- Décès inexpliqués au Nigeria -

A l'inverse, la capitale américaine Washington, où la pandémie tarde à reculer, a prolongé le confinement de sa population jusqu'au 8 juin et les autorités chiliennes ont remis en vigueur cette mesure à Santiago, où les cas ont augmenté de 60% en 24 heures. 

En Chine, la vaste agglomération de Jilin, dans la province éponyme frontalière de la Corée du Nord, a placé mercredi ses habitants en confinement partiel après de nouveaux cas de coronavirus faisant craindre une deuxième vague épidémique dans le pays.

En mobilisant les maigres ressources et en perturbant des systèmes de santé défaillants, la lutte contre le virus pourrait en outre avoir des effets indirects dévastateurs dans les pays pauvres, tels que la mort de 6.000 enfants chaque jour dans les six prochains mois, a averti mercredi l'Unicef.

L'Afrique est jusqu'à présent relativement épargnée par la pandémie, qui y a officiellement fait moins de 2.500 morts, mais les indices indiquant que ce bilan est fortement sous-estimé se multiplient.

Ainsi, la hausse conséquente des décès pour la plupart inexpliqués dans le nord du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, fait craindre une forte propagation du coronavirus dans cette région parmi les plus pauvres du monde.

"Ils ne se rendent pas compte du tremblement de terre qui s'annonce", met en garde le Dr Ibrahim Musa, médecin de la région.

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