Virus: l'Allemagne, en rebond économique, compte éviter un autre confinement

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Le ministre allemand du travail Hubertus Heil, le 24 juin 2020 à Berlin
Le ministre allemand du travail Hubertus Heil, le 24 juin 2020 à Berlin
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© AFP, HANNIBAL HANSCHKE, POOL

AFP, publié le mardi 01 septembre 2020 à 14h07

L'Allemagne pourra éviter une nouvelle phase de confinement généralisé malgré une poussée des cas d'infections au Covid-19, a estimé mardi son ministre de l'Economie, qui s'attend à une récession moins mauvaise qu'attendue en 2020.

"Je suis convaincu que nous pouvons et allons empêcher un deuxième confinement général" a déclaré Peter Altmaier, lors d'une conférence de presse dédiée à la présentation d'une nouvelle prévision conjoncturelle plus optimiste pour la première économie européenne.

"Nous sommes face à une évolution en V", caractérisée par une reprise rapide après une profonde chute, a-t-il ajouté, brandissant devant les caméras un graphique montrant la courbe de la croissance.

Cela prouve qu'une reprise économique "est possible même en temps de coronavirus". Mais la vigilance restant de mise, "nous ne procédons pas à de nouveaux assouplissements et respectons les règles d'hygiène, le port du masque et de distanciation", a-t-il poursuivi.

L'Allemagne, qui a jusqu'ici mieux résisté que ses voisins à la pandémie, a enregistré près de 1. 250 nouveaux cas confirmés de Covid-19 par jour en moyenne sur la dernière semaine, contre moins de 500 durant juillet et août.

Si l'on reste loin du record de début avril avec 6.000 cas quotidiens, le gouvernement a néanmoins durci la semaine passée quelques restrictions, notamment les contrôles du respect des quarantaines imposées aux voyageurs en provenance de pays à risque.

L'interdiction de rassemblements de plus de 50 personnes a également été prolongée jusqu'à la fin de l'année tandis que la chancelière Angela Merkel a dit s'attendre à une évolution de la pandémie "encore plus difficile" dans les prochains mois.

- Rebond économique meilleur qu'attendu -

Tant que la situation reste sous contrôle au plan sanitaire, la récession au premier semestre a été "moins forte que ce que nous craignions" et le rebond "est plus rapide et dynamique que ce que nous avions espéré", a expliqué M. Altmaier.

En conséquence, le gouvernement a légèrement rehaussé ses prévisions et table désormais sur une chute de 5,8% du Produit intérieur brut en 2020, moins mauvaise que les 6,3% initialement annoncés.

Au deuxième trimestre, le PIB avait chuté de 9,7%, après 2% de janvier à mars, mais "nous voyons depuis mai une claire reprise" qui devrait se poursuivre le reste de l'année, a détaillé le ministre.

Si le rebond sera naturellement moins fort en 2021, avec une croissance de 4,4%, il s'attend dès début 2020 à un retour de la production au niveau d'avant crise.

Le marché du travail semble également amorcer un virage positif, avec une stabilisation à 6,4% du taux de chômage en août.

Et le nombre de personnes au chômage partiel est reparti à la baisse en juin (plus récent mois pour lequel des données sont disponibles), à 5,36 millions, contre 5,82 millions en mai et 5,98 millions en avril.

- Sous perfusion -

"En moyenne, 2,5 millions de personnes devraient être au chômage partiel cette année, selon le ministre du travail, Hubertus Heil, qui a jugé mardi que "la crise n'est pas terminée".

Pour soutenir l'économie, Berlin a débloqué en urgence dès mars 2020 des centaines de milliards d'euros.

Le gouvernement allemand a aussi décidé la semaine passée de prolonger le dispositif de "Kurzarbeit" (chômage partiel) face à l'impact économique plus durable que prévu de l'épidémie.

La période maximale pour laquelle les entreprises et employés pouvaient bénéficier du financement par l'Etat a été portée de douze à 24 mois et la législation sur l'insolvabilité a été assouplie.

Mais certains voient dans ces mesures le risque de soutenir à fonds perdus "des entreprises zombies", c'est à dire non viables.

"Si cela est une bonne nouvelle pour les employés, la consommation privée et la perspective à court terme pour l'économie, cela augmente le risque de retarder des évolutions structurelles potentiellement nécessaires", commente Carsten Brzeski, économiste chez ING.

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