Volaille: les poulets de Loué (LDC) à la rescousse de Doux

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Le groupe français LDC dépose une offre pour reprendre le volailler Doux qui doit être placé en liquidation judiciaire le 3 avril
Le groupe français LDC dépose une offre pour reprendre le volailler Doux qui doit être placé en liquidation judiciaire le 3 avril
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© AFP, Fred TANNEAU

AFP, publié le mercredi 28 mars 2018 à 19h05

Le groupe français LDC qui possède les marques de volailles Loué, le Gaulois ou Maître Coq, est candidat à la reprise de son concurrent Doux, victime de son manque de compétitivité dans un environnement international de plus en plus agressif.

Le groupe sarthois n'a donné aucun détail dans l'immédiat sur la teneur de son offre, dans l'attente d'une offre concurrente qui pourrait être déposée par le groupe ukrainien MHP jusqu'à mercredi minuit.

Avec son chiffre d'affaires de 3,6 milliards d'euros en 2016-17, LDC, dont le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a prévu de rencontrer les dirigeants vendredi dans la Sarthe, est l'emblème du poulet de qualité à la française.

Misant sur la montée en gamme, les labels de qualité, il a plutôt résisté à la crise qui frappe ses concurrents français à l'exportation, laminés par la concurrence brésilienne à bas prix et la parité euro-dollar.

"Les Brésiliens ont inondé le marché saoudien", où Doux avait une bonne position, avait ainsi indiqué à l'AFP un délégué syndical CGT de Doux, Patrick Moigne le 12 mars. "C'est pas qu'on n'a pas de clients, c'est les prix le problème. A chaque tonne qu'on produit, on perd de l'argent", avait-t-il ajouté.

Malgré sa reprise en mars 2016 par le deuxième groupe coopératif français Terrena, les déboires de Doux, dont le siège est situé à Châteaulin dans le Finistère, se sont accumulés: Doux perd plus de 35 millions d'euros par an. 

Et début mars, Terrena a indiqué qu'elle ne pourrait pas soutenir "éternellement" le groupe qui emploie quelque 1.200 personnes après un millier de suppressions de postes en 2012.

Terrena espère ainsi éviter d'avoir à payer une amende pouvant s'élever à quelque 80 millions d'euros, à laquelle Doux pourrait être exposé pour avoir vendu des poulets présentant une teneur en eau supérieure aux normes.

Un jugement sur le sujet du tribunal administratif de Rennes est attendu le 6 avril, alors que Doux pourrait demander sa mise en liquidation judiciaire dès le 3 avril.

Mais le problème de fonds pour Doux est le manque de compétitivité internationale. Terrena a estimé à 100 millions d'euros les besoins de Doux pour changer de modèle économique via des investissements industriels, en marketing, communication et recherche.

- Poulet low cost -

La grande crainte est d'ailleurs que MHP "rachète la marque pour faire du poulet low cost en Ukraine", alors que Doux bénéficie d'un grand prestige au Moyen-Orient, a confié à l'AFP une source parlementaire.

Alors que le sénateur (LR) de Vendée Bruno Retailleau s'est démené pour "pousser une solution française", la région Bretagne s'est dite prête lundi à mettre jusqu'à 15 millions d'euros sur la table pour accompagner un éventuel projet de reprise.

Une autre société de volailles bretonne Tilly Sabco International, qui a déjà connu deux plans sociaux depuis 2014, a été placée mardi en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Brest.

Hormis les prix, des facteurs plus industriels sont en cause: la filière n'a pas su s'adapter aux demandes du marché international qui souhaite de plus en plus de découpes, alors que la France est un des rares pays où le consommateur achète encore beaucoup de poulets entiers. 

"Le poids moyen d'un poulet en France est de 1,9 kilo, or tous nos voisins ont des poulets pesant 2,4 ou 2,5 kg. Ils n'ont pas la même génétique" et une fois que le vif est transformé en carcasse, et découpé en pièces (filets, cuisses, pilons), "ce petit décalage devient gros car le rendement des filets est meilleur" pour les poulets venant de l'étranger, ce qui explique selon Christian Renault, du bureau d'étude AND international le manque de compétitivité de la volaille française.

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