Wall Street dégringole à l'ouverture, vent de panique autour du coronavirus

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Des traders à la Bourse de New York, le 24 février 2020
Des traders à la Bourse de New York, le 24 février 2020
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© AFP, Johannes EISELE

AFP, publié le lundi 24 février 2020 à 22h39

La Bourse de New York s'effondrait à l'ouverture lundi, les investisseurs s'inquiétant d'un ralentissement économique mondial de longue durée du fait de la hausse des contaminations au coronavirus hors de Chine.

Vers 15H25 GMT, le Dow Jones Industrial Average dégringolait de 2,74%, à 28.197,45 points. L'indice vedette de la place new-yorkaise s'affiche désormais en baisse par rapport à son niveau du début de l'année.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, chutait de 3,04%, à 9.285,82 points. Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, abandonnait, lui, 2,66%, à 3.249,03 points.

Signe de l'intérêt des investisseurs pour les actifs jugés moins risqués, le taux à 10 ans sur les bons du Trésor américains dégringolait, pour sa part, à 1,369%, contre 1,471% à la clôture de vendredi. Une baisse des taux sur le marché obligataire est synonyme d'une hausse des prix des obligations, et donc d'une hausse de la demande.

Certains observateurs s'inquiétaient de voir le taux obligataire à 10 ans éventuellement passer sous celui des obligations à 2 ans, qui baissait également très fortement.

Ce phénomène, connu sous le nom d'"inversion de la courbe des taux", est généralement l'indicateur avancé d'une récession.


Le taux à 30 ans sur la dette américaine touchait, lui, son plus bas niveau historique, à 1,822%. 

Également considéré comme une valeur refuge, l'or montait pour sa part de près de 2% et s'affichait au plus haut depuis 2013, à 1.675,20 dollars l'once.

Wall Street avait terminé nettement dans le rouge vendredi, affectée par les incertitudes persistantes entourant l'épidémie de pneumonie virale et des indicateurs décevants sur l'économie américaine: sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones avait perdu 1,4% et le Nasdaq 1,6%.

Les organisations internationales s'inquiètent de la hausse du nombre de cas à l'extérieur de la Chine, notamment en Corée du Sud et en Iran, mais aussi en Italie, où 5 morts et 165 cas de contamination ont été recensés. 

"La racine du problème est la peur naissante que la paralysie qui a frappé l'économie chinoise n'ait des conséquences ailleurs, ce qui infligerait un nouveau coup à la croissance mondiale, à la hausse des bénéfices des entreprises et aux perspectives", estime Patrick O'Hare, de Briefing.

- Conséquences incertaines -

Directement concernées par les conséquences de l'épidémie, qui menace les vols internationaux, les grandes compagnies aériennes américaines étaient à la peine lundi en début de séance: Delta s'enfonçait de 6,7%, American Airlines de 7,9% et United de 3,7%. 

Apple, qui fabrique et écoule une grande partie de ses iPhones en Chine, voyait son titre perdre 3,9%.

Le secteur des semi-conducteurs était en recul, Nvidia cédant 5,1%, Micron perdant 3,5% et Texas Instruments lâchant 2,8%. 

Plusieurs entreprises du secteur de l'énergie, comme Chevron (- 2,8%) et ExxonMobil (- 3,4%), souffraient également, tout comme certaines valeurs technologiques, dont les géants Facebook (-3,8%) et Microsoft (-3,0%).

Interrogé sur la chaîne d'informations financières CNBC, le milliardaire américain Warren Buffett n'a toutefois pas manifesté trop d'inquiétude sur l'impact à long terme du coronavirus.

"Je ne pense pas que ça devrait affecter ce qui se passe sur le marché des actions mais, pour le genre humain, cela fait peur lorsqu'il y a une pandémie", a concédé M. Buffett.

"Nous achetons des entreprises pour 20 ou 30 ans. Nous les achetons intégralement ou en partie... et nous estimons que les perspectives à 20 ou 30 ans ne seront pas modifiées par le coronavirus", a également affirmé le patron de la holding Berkshire Hathaway.

L'économiste de la Maison Blanche, Tomas Philipson, a, lui, souligné que "les perturbations causées par l'épidémie du coronavirus en Chine auront un effet sur l'économie américaine mais l'ampleur de cet impact reste incertain".

Nasdaq

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