Wall Street en ordre dispersé après l'annonce d'un vaccin russe

Wall Street en ordre dispersé après l'annonce d'un vaccin russe
Le New York Stock Exchange (NYSE) à Wall Street (New York), le 3 août 2020

AFP, publié le mardi 11 août 2020 à 17h55

Wall Street évoluait sans direction claire mardi en début de séance après l'annonce par la Russie de la mise au point d'un vaccin contre le Covid-19.

Vers 14H20 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, prenait 1,03% à 28.079,04 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, reculait de 0,62% à 10.900,65 points.

L'indice élargi S&P 500 montait de 0,23% à 3.368,17 points.

La Bourse de New York avait fini la séance de lundi déjà en ordre dispersé, digérant les nouvelles mesures de relance décrétées par Donald Trump pendant le week-end et suivant de près l'escalade des tensions sino-américaines: le Dow Jones avait gagné 1,30%, tandis que le Nasdaq avait reculé de 0,39%.

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mardi que la Russie avait développé le "premier" vaccin contre le nouveau coronavirus, assurant qu'il donnait une "immunité durable".

M. Poutine a même affirmé qu'une de ses filles s'était fait inoculer le vaccin, nommé "Spoutnik V" (V comme vaccin, ndlr), en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite.

"Pour être honnête, il y a beaucoup de scepticisme sur le vaccin russe, qui a passé à une vitesse éclair plusieurs stades clefs des essais cliniques et qui ne sera sans doute pas accepté par les Etats-Unis", observe Patrick O'Hare de Briefing.com.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a d'ailleurs réagi prudemment à l'annonce russe, rappelant que la "pré-qualification" et l'homologation d'un vaccin passaient par des procédures "rigoureuses".

Toutefois, selon M. O'Hare, cette nouvelle "est une autre indication que le monde ne fait que se rapprocher du développement d'un vaccin fiable."

Les titres des entreprises qui profiteraient le plus d'un vaccin et d'une réouverture de l'économie s'affichaient en hausse. 

C'était le cas des croisiéristes Norwegian Cruise Line (+4,89%), Royal Caribbean (+3,22%) et Carnival (+1,96%), des compagnies aériennes American Airlines (+1,98%), Delta Air Lines (+1,87%) et United Airlines (+1,06%), ou encore des voyagistes Expedia (+4,14%) et TripAdvisor (+6,56%).

En revanche, les grands valeurs technologiques, comme Apple (-1,18%), Amazon (-1,09%), Facebook (-0,87%) et Netflix (-1,87%), reculaient, ce qui pesait sur le Nasdaq.

- Uber et Lyft reculent -

Parmi les valeurs du jour, les plateformes de réservation de voitures avec chauffeur Uber (-4,54%) et Lyft (-1,32%) baissaient après une injonction préliminaire d'un juge californien de requalifier leurs chauffeurs en employés au lieu de travailleurs indépendants, qui prendra effet dans 10 jours si elle n'est pas révoquée.

Les deux entreprises s'opposent à ce changement, assurant que le statut de contractuel offre plus de flexibilité aux chauffeurs et permet de garantir un prix des courses moins cher pour les usagers.

Le laboratoire BioNTech reculait de 6,02% après avoir fait part de pertes plus importantes que prévu et d'un chiffre d'affaires inférieur aux attentes au 2e trimestre. Le groupe a aussi annoncé qu'il pourrait présenter les résultats des essais cliniques de phase 2b/3 pour un projet de vaccin contre le Covid-19 en octobre.

Inovio Pharmaceuticals, qui a fait part d'une perte trimestrielle de près de 129 millions de dollars, voyait son titre dégringoler de plus de 20%. L'entreprise a également indiqué que les essais de phase 2/3 de son projet de vaccin débuteraient en septembre

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans de la dette américain montait à 0,6399%% contre 0,5755% lundi soir. 

Nasdaq

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