Wall Street finit sans direction entre chiffres de l'emploi et tensions Chine-USA

Wall Street finit sans direction entre chiffres de l'emploi et tensions Chine-USA
Des passants devant le New York Stock Exchange (NYSE) à Wall Street (New York), le 3 août 2020

AFP, publié le vendredi 07 août 2020 à 23h05

Wall Street a terminé vendredi la semaine en ordre dispersé, se satisfaisant des chiffres mensuels sur l'emploi et du taux de chômage aux Etats-Unis mais s'inquiétant de la nouvelle escalade sino-américaine et de l'impasse des négociations au Congrès sur le plan de relance.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a pris 0,17% à 27.433,48 points, enregistrant une sixième hausse consécutive.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a en revanche reculé de 0,87% à 11.010,98 points.

L'indice élargi S&P 500 a grappillé 0,06% à 3.351,28 points.

Sur l'ensemble de la semaine, le Dow Jones a pris 3,80%, le Nasdaq a gagné 2,47% et le S&P 500 s'est apprécié de 2,45%.

L'économie américaine a créé 1,8 million d'emplois en juillet, selon un rapport mensuel du département du Travail diffusé vendredi.

Ce chiffre est largement inférieur à juin, où 4,8 millions d'emplois avaient été ajoutés, un record. Le ralentissement de juillet est notamment dû à la résurgence du virus dans une large partie du pays.

Le taux de chômage aux Etats-Unis a lui baissé à 10,2% en juillet, soit un repli de 0,9 point de pourcentage par rapport à juin. Les analystes avaient anticipé un taux de 10,5%.

Selon Shawn Cruz de TD Ameritrade, ce rapport a été "bien accueilli" par le marché, car il "correspond à ce qu'on pouvait attendre avec les réouvertures des commerces" en dépit de la hausse des cas de contamination dans le pays.

La Bourse new-yorkaise a toutefois été lestée par le regain de tensions entre Washington et Pékin, qui se sont cristallisées cette semaine autour de mesures radicales de Donald Trump contre les applications mobiles chinoises TikTok et WeChat.

Selon M. Cruz, ces décrets font peser un risque de représailles de la Chine contre les entreprises technologiques américaines.

"Si cela se produisait, cela serait un grand facteur de volatilité", indique l'expert, qui rappelle le poids boursier des géants américains de l'internet.

De fait, Amazon (-1,78%), Microsoft (-1,79%), Apple (-2,27%) et Alphabet (-0,44%), la maison mère de Google et YouTube, ont tous fini en baisse vendredi.

Les sanctions annoncées vendredi par Washington contre des dirigeants hongkongais ont encore fait monter d'un cran les tensions sino-américaines.

- Uber chute -

Par ailleurs, les acteurs du marché se sont montrés déçus de l'absence de compromis entre démocrates et républicains au Congrès autour de nouvelles mesures d'aide aux collectivités, entreprises et ménages frappés par l'impact de la pandémie.

A l'issue des négociations infructueuses de vendredi, le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin a annoncé qu'il comptait recommander à Donald Trump d'agir par décret présidentiel. 

Parmi les valeurs du jours, Uber a plongé de 5,21%. La société californienne, durement frappée par l'impact de la pandémie, a fait part jeudi soir d'une perte nette de 1,8 milliard de dollars et de revenus en chute libre au 2e trimestre.

Goldman Sachs est monté de 1,97%. La banque américaine a révisé ses comptes trimestriels pour y intégrer une charge de 2 milliards de dollars suite à l'accord mettant fin en juillet aux poursuites contre la banque pour son rôle dans le vaste scandale de corruption 1MDB.

Intercontinental Exchange (ICE), le propriétaire du New York Stock Exchange, a gagné 3,59%. Le groupe a annoncé jeudi qu'il rachetait la plateforme de services hypothécaires Ellie Mae pour quelque 11 milliards de dollars, dette comprise. ICE a déjà réalisé plusieurs acquisitions dans ce secteur au cours des dernières années.

Sur le marché obligataire, le taux sur la dette américaine à 10 ans montait à 0,5640% vers 21H00 GMT contre 0,5362% jeudi soir. 

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