Wall Street fragilisée par le virus chinois

Wall Street fragilisée par le virus chinois
Un courtier au New York Stock Exchange à Wall Street

AFP, publié le vendredi 24 janvier 2020 à 22h37

La Bourse de New York a terminé dans le rouge vendredi, de nouveau rattrapée en fin de semaine par la crainte d'une propagation à grande échelle d'un virus chinois pouvant éventuellement affecter la croissance mondiale.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average a cédé 0,58% pour finir à 28.989,73 points. 

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a reculé de 0,93% à 9.314,91 points, et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a perdu 0,90% à 3.295,47 points.

Les indices avaient pourtant débuté la séance dans le vert, rassérénés par la décision de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de ne pas encore déclarer l'état d'alerte internationale face au nouveau coronavirus chinois. 

Mais les indices ont commencé à fléchir après la confirmation, en cours de séance vendredi, d'un second cas du virus aux Etats-Unis. Deux cas ont plus tard été confirmés en France, les premiers en Europe. 

La Chine a pourtant intensifié ses efforts pour contenir la propagation de l'épidémie avec le confinement de plus de 40 millions de personnes dans la province du Hubei. Nombre de festivités pour le Nouvel An lunaire samedi ont aussi été annulées.

Disney a reculé de 1,49% alors que le groupe a dû fermer vendredi, et jusqu'à nouvel ordre, son parc d'attractions Disneyland à Shanghai.

La biotech spécialisée dans la fabrication de vaccins Inovio Pharmaceutical, qui avait déjà beaucoup progressé au cours des derniers jours, est à l'inverse montée de 10,42% vendredi après avoir officialisé la réception d'une subvention de 9 millions de dollars de la part de la Coalition pour les innovations en préparation aux épidémies (CEPI).

- Intel bondit -

"En tant que tel, le virus n'est pas en soi un grand danger" pour le marché américain des actions, estime Adam Sarhan de 50 Park Investment. "Mais s'il continue à s'étendre, si de nouveaux cas apparaissent par exemple ce week-end en Afrique, en Amérique du Sud, ailleurs en Asie, ce serait un mauvais signe pour la croissance économique mondiale, qui est déjà fragile", souligne-t-il. Cette incertitude "rend les gens nerveux et les a incités à vendre avant de partir en week-end", avance-t-il. 

Sur la semaine, le Dow Jones a reculé de 1,2%, le Nasdaq de 0,8% et le S&P 500 de 1,0%.

Signe de la prudence des investisseurs et de leur intérêt pour les actifs jugés moins risqués, le taux à 10 ans sur la dette américaine a nettement reculé cette semaine. Il évoluait vendredi vers 21H15 GMT à 1,684% contre 1,733% jeudi à la clôture, et 1,822% vendredi dernier.

Mais le repli des indices est aussi, aux yeux de M. Sarhan, "parfaitement normal, et sain, après leur récente montée". Le Nasdaq a encore clôturé à un niveau inédit jeudi tandis que le Dow Jones et le S&P 500 restent près des records atteints vendredi dernier.

Les résultats dévoilés par les entreprises au cours des deux dernières semaines "sont plutôt bons", estime le spécialiste.

Parmi les derniers en date, le géant des micro-processeurs Intel a ravi les investisseurs en se montrant optimiste pour 2020 après avoir surpassé les attentes en 2019 grâce à l'appétit pour le stockage de données. Le titre a bondi de 8,13%.

American Express (AmEx), qui a bénéficié des fêtes de fin d'année grâce à une hausse des dépenses des détenteurs de ses cartes bancaires, est monté de 2,85%. 

"La Réserve fédérale continue d'être accommodante, ce qui se traduit par de l'argent facile pour les investisseurs, la politique fiscale est plutôt favorable aux marchés et on nous a annoncé de nouvelles baisses d'impôts à venir", remarque M. Sarhan. "Mis à part la menace du virus, tous ces éléments sont positifs pour le marché boursier."

Nasdaq

Vos réactions doivent respecter nos CGU.