Wall Street ouvre en baisse, rattrapée par les tensions commerciales

Wall Street ouvre en baisse, rattrapée par les tensions commerciales
Traders sur le parquet du New York Stock Exchange le 19 juin 2018

AFP, publié le lundi 25 juin 2018 à 16h22

Wall Street reculait lundi à l'ouverture, ébranlée par une série d'informations signalant de nouveau la volonté de l'administration Trump de renforcer la bataille commerciale avec ses principaux partenaires.

Vers 14H10 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 1,26% à 24.269,99 points.

Le Nasdaq, à forte composante technologique, perdait 1,54% à 7.574,02 points.

L'indice élargi S&P 500 cédait 1,16%, à 2.722,79 points.

La Bourse de New York avait déjà pâti la semaine dernière des interrogations persistantes quant aux conséquences de l'hostilité croissante entre les Etats-Unis et d'autres pays sur le front du commerce: le Dow Jones a enregistré un repli hebdomadaire de 2,03%, le Nasdaq de 0,69% et le S&P 500 de 0,89%.

Le bras de fer engagé par Washington reprenait le devant de la scène lundi.

Le président américain a dans un tweet dimanche souligné que tous les pays "placant des barrières douanières artificielles et des tarifs sur les biens importés" devaient s'attendre à "plus que des mesures de représailles similaires de la part des Etats-Unis".

Par ailleurs, selon l'agence Bloomberg, le département du Trésor prépare un plan pour limiter très fortement les investissements chinois dans les technologies pouvant menacer la sécurité économique et nationale des Etats-Unis. Pékin a appelé Washington à faire preuve d'"objectivité" dans ce dossier.

Nvidia et Microm Technology, deux fabricants de composants électroniques qui pourraient pâtir de ce nouveau plan, baissaient respectivement de 3,49% et 4,70%.

"Ces gros titres servent d'excuse à la faiblesse des marchés", aux Etats-Unis mais aussi en Asie et en Europe, a estimé Patrick O'Hare de Briefing.

- Harley-Davidson -

Tous ces remous autour des relations commerciales entre Washington et ses partenaires commencent à avoir des conséquences concrètes, a-t-il remarqué: le constructeur des mythiques Harley-Davidson va transférer hors des Etats-Unis sa production de motos destinées à l'exportation afin d'échapper aux tarifs douaniers européens, instaurés par Bruxelles en représailles aux droits de douane américains sur l'acier.

Le groupe perdait 2,56% à Wall Street. 

Ces "tensions commerciales qui couvent" représentent "la plus grande incertitude" pour le marché actuellement, alors même que "le PIB américain et les prévisions sur la croissance des bénéfices actions des entreprises restent solides", a souligné Sam Stovall, responsable de la stratégie d'investissement chez CFRA. 

Le marché obligataire progressait: signe d'un intérêt accru pour cette classe d'actifs jugés moins risqués, le taux d'intérêt sur la dette américaine à 10 ans baissait à 2,864% contre 2,895% vendredi soir, et celui à 30 ans à 3,017%, contre 3,039% à la précédente clôture.

Parmi les valeurs du jour, le conglomérat General Electric, qui selon le Wall Street Journal s'apprêterait à céder une unité de fabrication de moteurs industriels au groupe de capital-investissement Advent International pour au moins 3 milliards de dollars, lâchait 1,54%.

Campbell Soup bondissait de 7,59%. Selon le New York Post, le groupe agro-alimentaire, qui a engagé en mai un examen stratégique de ses activités, pourrait faire l'objet d'une offre de rachat par Kraft Heinz (+1,80%).  

L'opérateur de téléphonie Mobile AT&T cédait 0,19% après avoir annoncé l'acquisition pour 1,6 milliard de dollars de la plateforme de publicité programmatique AppNexus. 

Netflix reculait de 4,68%. Le groupe a renvoyé son principal porte-parole Jonathan Friedland qui avait utilisé une insulte raciste deux fois en quelques jours lors de réunions avec les employés.

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