Wall Street satisfaite des perspectives politiques américaines

Wall Street satisfaite des perspectives politiques américaines
Le New York Stock Exchange (NYSE) à Manhattan (New York), le 4 novembre 2020

AFP, publié le jeudi 05 novembre 2020 à 23h16

Alors que la tension et l'incertitude continuaient de planer sur les résultats de l'élection présidentielle américaine, la Bourse de New York a fait preuve jeudi, comme depuis le début de la semaine, d'un optimisme débordant, semblant se réjouir de la possibilité d'une présidence de Joe Biden et d'un Sénat républicain.

L'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones Industrial Average, est monté de 1,95% à 28.390,18 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a pris 2,59% à 11.890,93 points et l'indice élargi S&P 500 a gagné 1,95% à 3.510,45 points.

Wall Street avait déjà fini en forte hausse mercredi, attentive aux résultats d'un scrutin présidentiel ultra-serré entre le président républicain sortant Donald Trump et le démocrate Joe Biden: le Dow Jones avait pris 1,34% et le Nasdaq 3,85%.

A mesure que les votes par correspondance étaient dépouillés dans les derniers Etats-clés, M. Biden était bien positionné pour accéder à la Maison Blanche.

Le président Donald Trump a pour sa part lancé plusieurs recours judiciaires pour contester des opérations de dépouillement.

Mais plus que le nom du prochain président américain, les investisseurs accueillaient positivement une possible scission du Congrès où les républicains pourraient garder le contrôle du Sénat et les démocrates conserver leur avantage à la Chambre des représentants.

Si cela se confirme, explique Sam Stovall de CFRA, Wall Street ne devrait pas "être frappée par de fortes augmentations d'impôts pour les grandes entreprises ou pour les particuliers qui gagnent plus de 400.000 dollars par an ou plus", comme le prévoit le programme de M. Biden.

Une hausse significative de la taxe sur les profits boursiers serait aussi moins probable. 

Reste à savoir si un Congrès divisé réussira à s'accorder sur un nouveau plan de relance pour les entreprises et les ménages frappés par la crise liée au coronavirus, ce qu'il n'a pas réussi à faire avant le scrutin du 3 novembre.

"Je pense que ça va être le cas", s'aventure M. Stovall.

"Ca n'a pas eu lieu avant l'élection, car aucun des camps ne voulait donner à l'autre une raison de se vanter", poursuit-il.

"Mais les taux d'intérêt vont rester bas pendant longtemps et la Réserve fédérale va avoir besoin de l'aide du Congrès. Il y aura des mesures d'aide même si elles ne seront pas aussi importantes que les démocrates l'espéraient", conclut l'expert.

A l'issue de la réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine (Fed), son président Jerome Powell a d'ailleurs une nouvelle fois appelé les responsables politiques à travailler de concert pour prendre de nouvelles mesures de politique budgétaire.

La Fed n'a en revanche pas touché à ses taux directeurs, maintenus dans une fourchette comprise entre 0% et 0,25%.

- La Big Tech à la fête -

Les géants américains du numérique, qui verraient s'éloigner les risques de démantèlement avec un Congrès divisé, ont eux continué leur excellente semaine à Wall Street.

Apple (+3,55%), Facebook (+2,54%), Amazon (+2,49%) et Alphabet (+0,95%), la maison mère de Google, ont nettement progressé.

Parmi les autres valeurs du jour, le constructeur automobile américain General Motors (+5,39%) a été porté par de bons résultats trimestriels avec une demande en hausse aux Etats-Unis pour ses 4x4 de ville et ses pick-up.

Le fabricant de microprocesseurs Qualcomm (+12,75%) a bondi après des résultats bien meilleurs que prévu.

Au rang des indicateurs, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont un peu baissé, 751.000 personnes s'étant inscrites au chômage la semaine dernière aux Etats-Unis, soit 7.000 de moins que la semaine précédente.

La hausse de la productivité a elle nettement ralenti au troisième trimestre, à +4,9% contre +10,6% (révisé en hausse) au trimestre précédent.

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