Wall Street victime du bras de fer entre Pékin et Washington

Wall Street victime du bras de fer entre Pékin et Washington
La fébrilité a regagné les investisseurs quand Donald Trump a menacé d'imposer des taxes douanières supplémentaires de 100 milliards de dollars à l'encontre de la Chine

AFP, publié le vendredi 06 avril 2018 à 22h33

La recrudescence des hostilités commerciales entre les Etats-unis et la Chine vendredi a déstabilisé les investisseurs de Wall Street, les incitant à une grande prudence à l'approche du week-end.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a baissé de 2,34% à 23.932,76 points après avoir chuté de plus de 3% en fin de séance. 

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a reculé de 2,28% à 6.915,11 points. 

L'indice élargi S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises cotées aux Etats-Unis, a lui perdu 2,19% à 2.604,47 points.

"Le marché se préoccupe clairement de plus en plus de la possibilité d'une véritable guerre commerciale", remarque Tom Cahill, gérant de portefeuilles pour Ventura Wealth Management.

Le président américain a fait monter les enchères en menaçant jeudi soir d'imposer de nouveaux droits de douane sur les importations chinoises. Pékin a immédiatement riposté en assurant que la Chine se battrait avec force et "détermination" si les Etats-Unis venaient à mettre cette menace à exécution.

Une guerre commerciale entre les deux pays est désormais une "probabilité", a estimé le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, tout en soulignant la volonté de Washington de négocier.

Le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a lui soufflé le chaud et le froid, soulignant en début de journée que "rien (n'avait) encore été appliqué", avant d'avertir dans l'après-midi que les menaces américaines n'étaient pas juste une posture de négociation.

"Les commentaires qui émergent de l'administration américaine ne font rien pour apaiser les marchés car ils semblent se contredire les uns les autres", a remarqué M. Cahill. 

L'intervention de M. Mnuchin a aussi "laissé l'impression qu'on s'avançait vers un vrai contentieux car il n'y a pas de négociation en cours et qu'aucun des deux camps ne semble vouloir battre en retraite", a noté Patrick O'Hare de Briefing. 

Si des barrières douanières étaient au final dressées, elles pourraient surtout affecter les grandes multinationales écoulant leur marchandise en Chine, comme le constructeur aéronautique Boeing qui était vendredi particulièrement touché à la Bourse de New York (-3,06%).

Les investisseurs digéraient aussi les chiffres en demi-teinte sur le marché du travail aux Etats-Unis, les créations d'emplois en mars ayant un peu déçu les attentes mais les salaires ayant légèrement progressé.

Dans un discours surveillé par les investisseurs, le président de la Réserve fédérale s'est montré particulièrement prudent, en estimant notamment que la banque centrale devait remonter ses taux ni trop rapidement, ce qui empêcherait l'inflation de progresser, ni trop lentement, ce qui la ferait monter trop vite.

"Le marché pouvait commencer à penser que toute cette volatilité pourrait inciter la Fed à être un peu moins agressive dans la normalisation de sa politique monétaire, mais son président n'en a montré aucun signe aujourd'hui", a estimé M. O'Hare.

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