Wall Street vire dans le rouge, à nouveau plombée par les géants de la tech

Wall Street vire dans le rouge, à nouveau plombée par les géants de la tech
Un drapeau américain flotte devant le New York Stock Exchange (NYSE) à Wall Street (New York), le 31 août 2020

AFP, publié le vendredi 04 septembre 2020 à 17h16

La Bourse de New York baissait vendredi en début de séance, toujours sous le coup de sa lourde chute de la veille avec le nouveau plongeon des géants de la tech.

Vers 15H05 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 1,44% à 28.885,36 points après avoir lâché plus de 2%.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s'affaissait plus lourdement, perdant 3,82% à 11.020,34 points. Il a cédé jusqu'à 5% quelques minutes plus tôt.

L'indice élargi S&P 500 baissait lui de 2,19% à 3.379,35 points.

Wall Street avait sombré jeudi à la clôture et connu sa pire séance depuis juin, marquant un brutal coup d'arrêt après avoir démarré le mois de septembre sur les chapeaux de roue: le Dow Jones s'était enfoncé de 2,78% et le Nasdaq de 4,96%.

Déjà mises à mal par la dégringolade de la veille, les grandes valeurs technologiques, continuaient de baisser, ce qui pesait tout particulièrement sur le Nasdaq: Apple perdait 5,36%, Facebook 5,32%, Microsoft 4,41% et Alphabet (la maison mère de Google et YouTube) 4,48%.

Ces vifs replis succèdent à une période quasi ininterrompue de hausse pour la tech depuis le début du deuxième trimestre, qui avait permis à la place new-yorkaise d'atteindre ou de flirter avec des plus hauts historiques. 

"Je dois avouer que je suis surpris de voir une chute de près de 10% en l'espace de deux jours" sur le Nasdaq, confesse Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

Selon l'expert, cela indique possiblement une rotation du marché, comme en témoigne la bonne santé générale des valeurs bancaires et d'autres secteurs. 

Le long week-end auquel se préparaient les investisseurs, lundi étant férié aux Etats-Unis en raison de Labor Day, était un autre facteur potentiel de cette nouvelle dégringolade, les acteurs du marché étant incités à vendre avant une pause de trois jours.

- Baisse du taux de chômage -

Juste après l'ouverture de la Bourse vendredi, les grands indices avaient semblé profiter d'un solide rapport mensuel sur l'emploi et le taux de chômage du département du Travail, mais son effet s'est vite estompé.

Le taux de chômage aux Etats-Unis est tombé à 8,4% en août, repassant sous les 10% pour la première fois depuis avril et diminuant bien plus que prévu par rapport à juillet.

Les analystes tablaient en effet sur 9,8%. En juillet, le chômage était de 10,2%.

Par ailleurs, l'économie américaine a créé 1,4 million d'emplois en août, en ligne avec les attentes.

Ces chiffres restent toutefois loin du niveau d'avant la pandémie, l'économie américaine comptant en août 11,5 millions d'emplois de moins qu'en février. 

Pour JJ Kinahan, responsable de la stratégie marchés pour TD Ameritrade, les données de jeudi ont d'abord semblé "apporter un soutien initial aux principaux indices".

"Il est possible qu'une partie des lourdes pertes d'hier ait reflété les craintes de mauvais chiffres", poursuit l'expert.

Parmi les valeurs du jour, Amazon reculait de 5,90%, suivant la même direction que les autres piliers de la tech. Le géant du commerce en ligne, qui a profité d'une demande accrue pendant la pandémie de Covid-19, a toutefois annoncé vendredi la création de 10.000 emplois supplémentaires aux Etats-Unis.

Le spécialiste américain de la livraison de colis FedEx (-0,57%) va également renforcer considérablement ses effectifs pour la saison des Fêtes et annoncé jeudi ajouter 70.000 postes pour les ventes de fin d'année contre 55.000 l'année dernier.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine, progressait à 0,6755% contre 0,6347% jeudi soir.

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