Washington veut réduire de 250 millions de dollars le budget de l'ONU

Washington veut réduire de 250 millions de dollars le budget de l'ONU

L'Assemblée générale de l'Onu réunie en plénière à New York le 26 octobre 2016

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AFP, publié le mercredi 13 décembre 2017 à 07h41

Les Etats-Unis réclament une réduction de 250 millions de dollars pour le prochain budget de fonctionnement biennal de l'ONU 2018-2019, et ont proposé plusieurs coupes, a appris mardi l'AFP de sources diplomatiques.

Ce budget des activités régulières, pour le personnel et les équipements d'infrastructure, en cours de discussions, doit être approuvé par les 193 Etats membres avant la fin décembre.

Pour les deux prochaines années, les services de l'ONU ont estimé leurs besoins à 5,4 milliards de dollars, en intégrant déjà une baisse de 200 millions de dollars par rapport au budget 2016-2017.

Le secrétariat de l'ONU emploie quelque 40.000 personnes recrutées dans le monde entier. Premier contributeur, les Etats-Unis paient 22% de ce budget de fonctionnement. 

"Les Etats-Unis ont fait part aux Etats membres de l'ONU de leur volonté de voir le budget diminuer de 250 millions de dollars", ont indiqué à l'AFP deux diplomates sous couvert d'anonymat. Ils souhaitent une réduction d'environ "5%" mais qui est quasi-impossible à réaliser, selon un troisième diplomate.

Selon plusieurs sources diplomatiques, les Etats-Unis ont détaillé à l'appui de leur demande les "coupes" possibles. Elles pourraient toucher les missions politiques spéciales de l'ONU - Palestine, Libye ou Afghanistan -, le service communication, intervenir dans le domaine du développement et se traduire aussi par un gel du recrutement et des salaires du personnel.

La mission américaine à l'ONU a refusé tout commentaire. Une réaction de l'ONU n'a pu être obtenue dans l'immédiat.

Selon un diplomate s'exprimant lui aussi sous couvert d'anonymat, l'Union européenne a proposé de son côté une réduction du budget de "170 millions de dollars". "C'est classique", indique une autre source diplomatique: "Il y a toujours deux blocs, les Etats-Unis et l'Union européenne qui veulent baisser le budget et le reste qui ne veut pas".

Interrogée, la représentation diplomatique de l'Union européenne auprès de l'ONU a aussi refusé tout commentaire, arguant d'un sujet sensible et de discussions en cours.

- 'Mammouth' -

Le budget fonctionnement de l'ONU est séparé du budget des opérations de paix qui emploient plus de 100.000 Casques bleus dans une quinzaine de missions dans le monde. Ce dernier budget, annuel, a été adopté en juin et s'élève à 7,3 milliards de dollars.

A l'époque, les Etats-Unis avaient déjà réclamé une baisse de cette enveloppe, limitée après des négociations à 600 millions de dollars. A l'origine, Washington, également premier contributeur à hauteur de 28,5%, voulait une réduction d'un milliard de dollars.

Avec 193 pays, l'Organisation des Nations unies "est devenue un monstre et un millefeuille avec des aberrations", jugent certains experts, qui relativisent toutefois son véritable coût. Le budget des opérations de paix de l'ONU représente seulement "0,4% des dépenses militaires mondiales", souligne ainsi l'un d'entre eux. 

La nouvelle baisse financière demandée par les Etats-Unis pourrait aller à l'encontre des réformes projetées par le secrétaire général de l'ONU, le Portugais Antonio Guterres. Entré en fonctions en janvier, il s'est donné comme objectif de rendre plus efficaces les Nations unies à l'horizon 2020.

Il y a une semaine, lors d'une réunion consacrée aux finances des Nations unies, le patron de l'ONU a réclamé à ses membres davantage de flexibilité pour sa gestion de l'Organisation, avec notamment un budget de fonctionnement annuel et non plus biennal.

Les réformes proposées "ne visent pas à réduire des personnels ou faire des économies mais à rendre l'ONU plus efficace" et "nous avons besoin de simplifier" la planification budgétaire, avait-il expliqué. Antonio Guterres a demandé aux Etats membres de lui "accorder davantage d'autorité pour redéployer jusqu'à 20% des crédits" dans chaque domaine stratégique - paix et sécurité, développement et administration de l'ONU -, en fonction des impératifs dictés par le Conseil de sécurité.

Les approches américaine et de l'ONU sont différentes, estime Alexandra Novosseloff, de l'International peace institute basé à New York. "Dégraisser le mammouth pour les Etats-Unis, c'est réduire les dépenses. Pour Antonio Guterres, c'est rendre la bureaucratie de l'ONU plus agile pour mettre en oeuvre ses mandats".

 
1 commentaire - Washington veut réduire de 250 millions de dollars le budget de l'ONU
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    JON-DE-LIONNE -

    de la censure, encore de la censure, toujours de la censure sur le Forum Orange.
    Et bien puisque sur la rubrique Finance, un bug est là ...... moi aussi
    référence à l'article :
    LR: Wauquiez fustige le choix de Bertrand
    Statut : refusé
    Il y a une heure
    le 12 12 2017 à 13 26
    je pense que pour bien comprendre et connaître les valeurs de l'UMP, le plus simple est encore d'écouter un discours de Chirac ( facile à trouver sur internenette) et qui s'appelle du bruit et de l'odeur , ou quelque chose comme ça.

    Un fois entendu ce que disait Chirac en 91, cela permet de savoir qui aurait traverser des " lignes rouges" comme dit M, Juppé et surtout de savoir dans quel sens.

    de wikipédia :

    Le discoursLe 19 juin 1991, au cours d'un dîner-débat du RPR, Jacques Chirac prononce le discours qui contient l'expression le « bruit et l'odeur ». Voici un extrait5, portant sur l'immigration :

    « Notre problème, ce n'est pas les étrangers, c'est qu'il y a overdose. C'est peut-être vrai qu'il n'y a pas plus d'étrangers qu'avant la guerre, mais ce n'est pas les mêmes et ça fait une différence. Il est certain que d'avoir des Espagnols, des Polonais et des Portugais travaillant chez nous, ça pose moins de problèmes que d'avoir des musulmans et des Noirs […] Comment voulez-vous que le travailleur français qui habite à la Goutte-d'or où je me promenais avec Alain Juppé il y a trois ou quatre jours, qui travaille avec sa femme et qui, ensemble, gagnent environ 15 000 francs, et qui voit sur le palier à côté de son HLM, entassée, une famille avec un père de famille, trois ou quatre épouses, et une vingtaine de gosses, et qui gagne 50 000 francs de prestations sociales, sans naturellement travailler ! [applaudissements nourris] Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur [rires nourris], eh bien le travailleur français sur le palier devient fou. Et il faut le comprendre, si vous y étiez, vous auriez la même réaction. Et ce n'est pas être raciste que de dire cela. Nous n'avons plus les moyens d'honorer le regroupement familial, et il faut enfin ouvrir le grand débat qui s'impose dans notre pays, qui est un vrai débat moral, pour savoir s'il est naturel que les étrangers puissent bénéficier, au même titre que les Français, d'une solidarité nationale à laquelle ils ne participent pas puisqu'ils ne paient pas d'impôt ! [...] Il faut que ceux qui nous gouvernent prennent conscience qu'il y a un problème de l'immigration, et que si l'on ne le traite pas et, les socialistes étant ce qu'ils sont, ils ne le traiteront que sous la pression de l'opinion publique, les choses empireront au profit de ceux qui sont les plus extrémistes6,7. […] [Au sujet des épiciers de proximité] La plupart de ces gens-là sont des gens qui travaillent, des braves gens ; on est bien content de les avoir. Si on n'avait pas l'épicier kabyle au coin de la rue, ouvert de 7 heures du matin à minuit, combien de fois on n'aurait rien à bouffer le soir8 ? »

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