Wauquiez allume Juppé, Pécresse, Darmanin, le Medef, la CGPME, en Marche, etc...

Wauquiez allume Juppé, Pécresse, Darmanin, le Medef, la CGPME, en Marche, etc...
Laurent Wauquiez

Boursier.com, publié le mardi 20 février 2018 à 08h58

Il y avait une suite ! Dans de nouveaux extraits de l'intervention enregistrée à l'insu de Laurent Wauquiez dans une école de commerce de Lyon la semaine dernière et diffusés mardi dans l'émission "Quotidien", le président des Républicains poursuit ses critiques au vitriol à l'adresse cette fois du Medef, de Valérie Pécresse, d'Alain Juppé ou encore des députés 'en Marche'...

"Complètement dingue"

Concernant Gérald Darmanin déjà visé dans le premier extrait, ce dernier est selon lui "complètement dingue"... "Il pense qu'il est inatteignable, tout le monde a expliqué que c'était le meilleur, le plus beau, que les députés En Marche l'idolâtraient et que c'était le nouveau génie incarnation du macronisme", lance Wauquiez.

Evoquant son mandat de président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, il décrit les instances patronales comme encore plus corrompues que leurs pendants syndicaux : "Les assos syndicales recevaient à peu près chaque année 5 millions d'euros de la région" avant son arrivée... "Et le pire si on est très honnêtes entre nous, c'est que les plus catastrophiques c'est le Medef et c'est la CGPME. Eux c'est pire que tout, c'est-à-dire, eux ils n'en ont rien à foutre de savoir si on augmente les cotisations sur les entreprises (...) la seule chose qu'ils veulent c'est encaisser l'argent !", poursuit-il.

A propos de l'admission d'une étudiante littéraire en école de commerce, il s'interroge encore tout haut : "C'est Valérie qui avait mis ça en place ? Ah le nombre de conneries qu'elle peut faire !" déclare-t-il en référence à l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse.  Le maire de Bordeaux Alain Juppé est quant à lui accusé par Laurent Wauquiez d'avoir "totalement cramé la caisse" dans le cadre de la gestion de sa ville...

"Guignols"

Le président LR a également attaqué de front les députés de La République en Marche, qu'il qualifie de "guignols", "tous avec le petit doigt sur la couture", ce qui amène Laurent Wauquiez à affirmer: "Il y a une dictature totale en France."

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, était sorti de son silence ce week-end pour condamner "la dérive vers l'extrême-droite" qu'incarne selon lui Laurent Wauquiez. "Ça pourrait être un des membres de la famille Le Pen... C'est la même tonalité, c'est la même violence", a estimé sur BFM TV l'ancien membre du parti 'Les Républicains' en commentant les déclarations fracassantes de Laurent Wauquiez.

"Dérive voulue"

"C'est du Trump, c'est pire que Trump, certains veulent trumpiser la vie politique française !" Dans cet enregistrement, tout le monde en prend pour son grade, Nicolas Sarkozy et sa paranoïa, Angela Merkel et son manque de charisme, mais aussi Emmanuel Macron accusé par le Chef des LR d'avoir contribué à la chute de François Fillon...

"C'est symptomatique d'une dérive qui est voulue", estime Xavier Bertrand, qui souligne que cette dérive a motivé son départ des Républicains le 11 décembre dernier, au lendemain de l'élection de Laurent Wauquiez.

Du "pur délire" selon Bertrand, sans parler de  la "haine" éprouvée par Laurent Wauquiez à l'égard de Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics issu de la droite visé par deux enquêtes dont l'une pour viol a été classée sans suite vendredi et à qui il prédit un destin à la Cahuzac..."Il l'a toujours considéré comme un rival potentiel" précise Xavier Bertrand...

Suites judiciaires

Laurent Wauquiez depuis la révélation de cet enregistrement "s'est excusé" auprès de Nicolas Sarkozy et a annoncé vouloir porter plainte en dénonçant des propos "enregistrés de façon illégale, avec des méthodes peu déontologiques qui ouvrent la voie à des suites judiciaires", plaidant pour sa part l'humour et le "off".

Les relations entre Laurent Wauquiez et Xavier Bertrand se sont dégradées brutalement fin 2017 après que ce dernier eut décidé de quitter Les Républicains... "Ce n'est pas acceptable de claquer la porte de sa famille politique dans ces conditions", avait déclaré Wauquiez.

"Les calculs personnels nous tuent et nous risquons d'en payer collectivement le prix", avait expliqué le président de la région Auvergne-Rhônes-Alpes avant de plaider pour une "aventure collective" et la "reconstruction" du Parti Les Républicains... "Les égos et les aigreurs personnelles, c'est le monde d'hier. Le monde de demain on va le construire ensemble", avait conclu Laurent Wauquiez.

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