WhatsApp : nid d'espions ?

WhatsApp : nid d'espions ?
WhatsApp

Boursier.com, publié le jeudi 31 octobre 2019 à 12h04

WhatsApp demande à la justice américaine d'interdire à la société NSO l'accès à ses services et à ceux de Facebook, et réclame des indemnités

WhatsApp a engagé des poursuites judiciaires aux Etats-Unis contre la société israélienne de surveillance NSO, en l'accusant d'avoir aidé des services d'espionnage gouvernementaux à pirater les téléphones de 1.400 utilisateurs de la messagerie en ligne à travers le monde... Dans des documents transmis à un tribunal fédéral de San Francisco, la filiale de Facebook accuse NSO d'avoir facilité des campagnes de piratage dans 20 pays ciblant notamment des diplomates, opposants politiques, journalistes et hauts représentants gouvernementaux.

Aucune identité des cibles présumées n'a été dévoilée par WhatsApp, qui indique dans les documents avoir identifié des actes de piratage au Mexique, aux Emirats arabes unies et à Bahreïn.

NSO a aussitôt rejeté ces accusations : "L'unique objectif de NSO est de fournir une technologie aux agences du renseignement et aux forces de l'ordre autorisées pour les aider à combattre le terrorisme et les crimes graves", a expliqué la société israélienne...

Au coeur du crime

Selon WhatsApp, les cyberattaques ont exploité le système de visiophonie de l'application pour envoyer un programme malveillant aux appareils mobiles d'un certain nombre d'utilisateurs. Ce "maliciel" permettrait aux clients de NSO, gouvernements et services de renseignement, d'espionner le propriétaire d'un téléphone et de scruter sa "vie numérique".

L'application WhatsApp, qui est utilisée chaque mois par 1,5 milliard de personnes, revendique pourtant un haut niveau de sécurité avec notamment des messages cryptés de bout en bout censés être indéchiffrables.

WhatsApp demande désormais à la justice américaine d'interdire à NSO l'accès à ses services et à ceux de Facebook, et réclame des indemnités dont le montant n'a pas été dévoilé.

Les pratiques de NSO sont surveillées de près, alors que le logiciel espion de la firme israélienne a été accusé d'avoir joué un rôle dans l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. L'un des amis de l'opposant fait partie des sept journalistes et activistes ayant engagé des poursuites judiciaires contre NSO pour des accusations de piratage de leurs téléphones.

Incontournable ?

Plus globalement, WhatsApp est désormais devenue une application quasiment incontournable pour les utilisateurs de smartphones, même si les utilisateurs les plus prudents préfèrent généralement passer par Telegram... D'après les résultats d'une étude pilotée par le cabinet de stratégie numérique McGuffin, relayée par le site Phonandroid, nombreux seraient les "consommateurs lambda" prêts à payer pour la conserver.

L'étude part du principe que les applications Android et iOS ne sont plus gratuites et demande donc aux personnes interrogées si elles seraient prêtes à payer pour pouvoir les garder...

Ce sondage indique que parmi les 16 plateformes testées, une d'entre elles arrive loin devant, il s'agit donc de la filiale de Facebook, WhatsApp. Au total, 89% des sondés pourraient payer un abonnement payant.

Il s'agit du plus haut taux calculé, devant Google Drive, FaceTime et Linkedin qui récoltent 79% de votants prêts à payer. Arrivent derrière, Google Maps et Google Traduction avec 78%.

Au printemps dernier, les utilisateurs de WhatsApp avaient dû mettre à jour en urgence leur application... La messagerie avait fait état d'une faille susceptible de permettre l'installation d'un logiciel espion sur leur téléphone portable.

"WhatsApp encourage les utilisateurs à utiliser la dernière version de notre application et à garder leur système d'exploitation mobile à jour afin de se protéger contre les éventuelles tentatives visant à rendre vulnérables les informations stockées sur les appareils mobiles", avait déclaré un porte-parole.

"Nous travaillons en permanence avec les partenaires du secteur pour fournir les dernières améliorations en matière de sécurité afin de protéger nos utilisateurs", avait-t-il ajouté...

Nouveau problème

Facebook multiplie depuis de longs mois les problèmes dans la protection des données personnelles. Car l'application de messagerie est l'une des plus populaires au monde : elle est utilisée par 1,5 milliard de personnes chaque mois, auxquelles elle promet un degré élevé de sécurité et de confidentialité en cryptant les messages de bout en bout...

WhatsApp avait informé à cette occasion la commission irlandaise de la protection des données (DPC), sa principale autorité en la matière dans l'Union européenne, d'une "grave vulnérabilité en matière de sécurité" sur sa plate-forme.

"La DPC pense que cette vulnérabilité a peut-être permis à un acteur malveillant d'installer un logiciel non autorisé et d'accéder aux données personnelles sur les appareils sur lesquels WhatsApp est installé", avait déclaré cette commission dans un communiqué.

Logiciel espion

Peu avant, le 'Financial Times' avait rapporté qu'une faille dans WhatsApp pouvait permettre à des pirates informatiques d'installer un logiciel espion sur des téléphones en appelant l'utilisateur via la fonction téléphonique de l'application... Selon le quotidien, le logiciel a été développé par la société israélienne de cyber-surveillance NSO Group et touche à la fois les smartphones fonctionnant avec le système Android de Google et les iPhone d'Apple.

Interrogé sur cet article, NSO avait déjà déclaré que sa technologie était concédée sous licence à des agences gouvernementales autorisées "dans le seul but de lutter contre le crime et le terrorisme" et qu'il ne gérait pas lui-même le système tout en appliquant un processus rigoureux d'octroi de licences et de vérification...

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