XL Airways et Aigle Azur dans l'attente d'un repreneur

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Des appareils de la compagnie XL Airways sur le tarmac de l'aéroport de Manchester, le 12 septembre 2008
Des appareils de la compagnie XL Airways sur le tarmac de l'aéroport de Manchester, le 12 septembre 2008
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AFP, publié le lundi 23 septembre 2019 à 19h21

La justice a examiné lundi les situations d'XL Airways et d'Aigle Azur, toutes deux dans la tourmente, en plaçant la première en redressement judiciaire et en étudiant les offres de reprise pour la seconde. 

Le tribunal de commerce de Bobigny a placé XL Airways en redressement judiciaire avec un délai jusqu'à samedi midi pour le dépôt d'offres de la part d'éventuels repreneurs, a annoncé le PDG de la compagnie aérienne, Laurent Magnin, à la sortie de l'audience.

"On va se battre dans les jours qui viennent. On a jusqu'à samedi midi pour déposer des offres au tribunal de commerce de Bobigny. On a 5 jours pour faire un miracle", a-t-il déclaré aux journalistes.

Les "actionnaires (la holding française DreamJet, NDLR) ont fait une proposition au groupe Air France", a-t-il ajouté et "le gouvernement, les actionnaires, les équipes de Ben Smith (le directeur général d'Air France-KLM, NDLR) doivent évaluer dans les 48 heures s'il y a une capacité de sauvetage d'XL Airways" qui s'était déclarée jeudi en cessation de paiement.

"Chaque compagnie qui tombe, qui fait faillite, n'est pas capable de rembourser ses clients (...) nous avons un véritable tsunami", a-t-il poursuivi, en référence à la compagnie Aigle Azur, placée en liquidation judiciaire avec poursuite d'activité jusqu'à vendredi et dont le tribunal de commerce d'Evry a commencé à examiner lundi les offres de reprise. 

XL Airways "annonce gérer ses opérations jusqu'à jeudi inclus" et "c'est ensuite l'administrateur judiciaire qui prendra le relais", selon une source proche du dossier.

La compagnie emploie 570 collaborateurs et a transporté en 2018 quelque 730.000 passagers avec quatre Airbus A330, tous en leasing. Elle dessert essentiellement l'Amérique du Nord, notamment les Etats-Unis, les Antilles et la Réunion mais aussi la Chine.

- "Que le début" -

Elle a besoin de 35 millions d'euros pour repartir, selon M. Magnin pour qui elle a été la victime de la "concurrence internationale débridée" des "low-cost" long courriers et du poids des taxes et charges sociales en France. 

Pour lui, les défaillances de XL Airways et Aigle Azur ne sont "que le début". "On a été laminés par des gens qui sont hors Europe comme Norwegian", une compagnie low-cost long-courrier, a-t-il dénoncé lundi.

Dans la matinée, une centaine de salariés se sont rassemblés à proximité du ministère des Transports à Paris avec des banderoles et des pancartes proclamant "XL Airways refuse de mourir" ou encore "Des passagers, une compagnie, une famille".

"On n'a pas augmenté nos salaires pour pérenniser la compagnie, on a tous fait des efforts et on va continuer à en faire", a déclaré à l'AFP Pierre, steward. 

A Evry, au sud de Paris, le tribunal de Commerce a commencé de son côté à examiner les offres de reprise pour Aigle Azur. Il reprendra ses auditions mardi pour cette compagnie, dont les 11 avions ne volent plus depuis le 7 septembre et qui a été placée en liquidation judiciaire avec poursuite d'activité jusqu'à vendredi.

Spécialisée dans les liaisons avec l'Algérie et la desserte du bassin méditerranéen, la compagnie, qui accuse un passif d'au moins 148 millions d'euros, fait notamment les frais de choix stratégiques malheureux, avec l'ouverture il y a deux ans de lignes vers Pékin et São Paulo.

Deux offres ont reçu un avis favorable du comité d'entreprise vendredi, celle présentée par Gérard Houa, actionnaire minoritaire d'Aigle Azur via la société Lu Azur, et celle émanant de deux anciens dirigeants d'Air France, Lionel Guérin et Philippe Micouleau.


Le tribunal a examiné lundi celle de Lu Azur et doit se pencher mardi sur cette seconde offre, selon la présidente du tribunal Sonia Arrouas qui a précisé que les autres candidats avaient abandonné leurs offres de reprise pour la société, qui emploie 800 salariés en France et 350 en Algérie et a transporté 1,88 million de passagers l'an passé.

La tribunal rendra sa décision "soit demain ou en tout cas au plus tard le 27" septembre, a-t-elle ajouté.

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