Zone euro: la crise allemande "n'arrêtera pas" Bruxelles

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 Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, à Bruxelles le 21 novembre 2017

Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne, à Bruxelles le 21 novembre 2017

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© AFP, EMMANUEL DUNAND
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AFP, publié le mardi 21 novembre 2017 à 18h30

Bruxelles est déterminée à avancer dans son projet de réforme de la zone euro malgré la crise politique en Allemagne, a assuré le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, dans un entretien à l'AFP mardi.

"Nous ne pouvons pas arrêter notre travail seulement parce qu'il y a des élections dans un pays ou qu'on tente de former une coalition gouvernementale dans un autre", a expliqué l'ancien Premier ministre letton, en réaction à l'échec de la chancelière allemande, Angela Merkel, à forger une coalition.

"Dans une union de 28 démocraties ou potentiellement 27 (après le départ du Royaume-Uni de l'UE, ndlr) il y aura toujours des élections quelque part", a ajouté M. Dombrovskis, qui a oeuvré à l'introduction de la monnaie unique dans son pays en 2014.

"Les projets de la Commission européenne restent tels quels: nous avons l'intention de présenter notre paquet de propositions le 6 décembre, comme prévu", a poursuivi d'une voix douce cet austère physicien de formation, âgé de 46 ans.

Dans son bureau d'une extrême sobriété, seulement décoré d'une immense photo d'un euro letton et d'une plus petite d'un euro grec dédicacé par un artiste, M. Dombrovskis a détaillé les principaux points de la réforme que l'exécutif européen compte présenter.

Parmi eux, "une ligne budgétaire pour la zone euro inclue dans le budget de l'UE", comme l'avait annoncé en septembre le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.

- 'Fonds monétaire européen' -

Cette "ligne budgétaire" aurait plusieurs fonctions: stabiliser la zone euro en cas de choc économique, accompagner la pré-adhésion de ses futurs membres et soutenir les réformes structurelles mises en oeuvre.

Cette proposition semble aller un peu moins loin que celle du président français, Emmanuel Macron, favorable à un budget conséquent propre à la zone euro, qui permettrait aussi de "lever de l'argent en commun".

La Commission aimerait par ailleurs transformer le Mécanisme européen de stabilité, dont la mission est d'aider les pays de la zone euro en difficulté, en "Fonds monétaire européen", qui se substituerait au FMI dans les programmes d'aide.

Le Fonds monétaire international, qui a beaucoup traîné des pieds pour participer au dernier plan d'aide à la Grèce, est en effet de plus en plus critiqué dans l'UE.

Ce "FME", financé par les Etats, pourrait aussi endosser un rôle de garant des banques en difficulté dans la zone euro au cas où les mesures déjà prévues par les établissements financiers et les Etats nationaux dans le cadre de l'Union bancaire ne seraient pas suffisantes.

Ces propositions doivent être examinées par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE lors d'un sommet européen le 15 décembre à Bruxelles.

Selon une source européenne, ce sommet n'est cependant "pas supposé être crucial en terme de décision. Le but est simplement de mettre à plat les principaux sujets".

- Brexit -

Concernant un éventuel retard dû à la crise allemande dans les discussions sur le projet de système européen de garantie des dépôts - qui permettrait de rassurer les déposants sur la sécurité de leurs placements en cas de crise - M. Dombrovskis s'est montré serein, quoique désabusé.

"Il n'y a pas eu beaucoup de progrès de toute façon depuis que nous avons fait cette proposition en 2015", a constaté cet homme au visage rond et fines lunettes rectangulaires et aux yeux gris bleu.

Crise politique ou pas, l'Allemagne a en effet jusqu'ici manifesté à maintes reprises ses réticences quant à une mutualisation du risque bancaire, craignant de voir les épargnants allemands payer pour les banques d'autres pays, accusées d'être moins bien gérées.

En charge de la stabilité financière, M. Dombrovskis est resté prudent sur la question du Brexit et ses conséquences sur la place financière londonienne.

"Il y a certaines implications" du départ britannique de l'UE, programmé en mars 2019, a-t-il souligné, en particulier la perte programmée pour les fournisseurs de services financiers britanniques du "passeport" qui leur donne pour l'instant accès au marché unique.

"La décision a été prise hier de transférer le siège de l'Autorité bancaire européenne de Londres à Paris", a-t-il rappelé. "Certaines conséquences se produisent déjà."

 
4 commentaires - Zone euro: la crise allemande "n'arrêtera pas" Bruxelles
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    JON-DE-LIONNE -

    Encore de la censure, toujours de la censure injustifiée sur le forum orange
    et bien puisque dans cette rubrique " finance" il semblerait qu'il y ait un bug ....
    référence à l'article :

    Gérard Filoche exclu du PS après son tweet antisémite
    Statut : refusé
    Il y a 10 heures
    le 21 11 2017 à 20 59

    Moi je dis que c'est dommage que de se prive d'un tel spécimen de la nomenklatura qui a sévit tant d'années à la destruction de l'industrie française! alors qu'il il était généreusement payé par le contribuable pour faire office d'inspecteur du travail ! quel gâchis touts de même qu'il soit aujourd'hui en "carence" du PS !

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    JON-DE-LIONNE -

    Encore de la censure, toujours de la censure injustifiée sur le forum orange
    et bien puisque dans cette rubrique " finance" il semblerait qu'il y ait un bug ....
    référence à l'article :

    L'Allemagne affaiblie peut-elle faire vaciller l'Europe ?
    Statut : refusé
    Il y a une heure
    le 21 11 2017 à 19 09

    Comme si l'Europe pouvait exister sans l'Allemagne §

    Allons un peu de sérieux les journalistes! Que vaut donc l'économie de la France ?...sans industrie et avec des énarques à sa tête qui en sont à manipuler le peuple Français en permanence ?

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    ajlbn -

    Climat: Hulot déplore un "bilan en demi-teinte" pour la COP23

    Encore censuré abusivement et systématiquement. Quand on ne tient pas des propos qui vont dans le sens des dirigeants, des lobbys, des nantis, etc...on se fait rejeter. et il parait, réponse de la modération, que nous sommes tous traités à égalité! Il doit y avoir des gens plus égaux que les autres, comme disait Coluche! je repasse mon avis autant de fois que nécessaire! Cordialement


    Plus qu'en demi-teinte! Les plus grands risques pour l'humanité, et les plus grandes destructions pour le vivant et le végétal, pour la terre, l'air, l'eau, les causes majeures de morts nombreuses, de drames, de tortures, de migrations, de pollutions, etc...sont les guerres et les armes! Et pas un seul pays n'a proposé d'y mettre fin! C'était pourtant facile et avec effet immédiat! Mais les marchands d'armes, privés ou de nations, veillent au grain!
    L'autre cause qui a déjà fait la preuve de sa nocivité, c'est le nucléaire! Mais il faudra attendre une nouvelle catastrophe majeure pour penser à en sortir rapidement, car on traîne depuis des lustres. et M Hulot repousse la date de sortie de cet énergie dangereuse;
    Alors on fixe tactiquement des objectifs lointains, sur des expertises quasi invérifiables! Mais qui, tellement difficilement conceptualisables, font flores et donnent lieu à des combats de coqs entre experts autoproclamés qui se répètent entre eux, en lobby structuré, et climato-sceptiques insultés copieusement.
    Un peu de calme, la terre ne sait même pas que nous sommes sur son dos, et l'homme se hausse du col en croyant avoir une influence, hors la bombe finale, sur la boule presque ronde. Par contre, avec ses options néfastes, l'homme contribue largement à sa disparition et/ou à sa régression. Mais là encore les industriels et l'agriculture intensive veillent!
    Aucun expert n'a encore chiffré l'empreinte carbone des destructions dues aux conflits. Etonnant!
    15 000 experts lancent un appel à "sauver la planète". Des milliers d'experts pondent 3 300 études qui déclarent que le glyphosate n'est pas dangereux (canard du 15/11). Un grand navigateur bien connu a fait le pari de faire une promenade tranquille du côté de l'Alaska libre de glace, comme promis par la météo (le canard du 8/11) ! Pas de chance, la météo à quelques jours s'est trompée. il a été bloqué par des glaces qui ne devaient pas exister pendant 18 jours! Plus autres inconvénients. Surprise!
    Certains ont peut-être intérêt à détourner l'attention des Peuples, qui pourraient justement demander des comptes sur leur incapacité à faire la Paix partout, alors une grande peur et un grand mouvement leur permettra encore de s'enrichir d'une autre façon.
    Regardez comment vivent les gens très fortunés: au bord de l'eau, de la mer, ils achètent des iles, ils polluent avec leurs yachts et avions, grosses voitures au diesel, certaines grandes capitales sont quasi au niveau de la mer, d'autres pays riches construisent encore en ce moment des villes sur des iles artificielles...Et on nous parle d'augmentation du niveau des océans, sans même nous communiquer les chiffres officiels des marégraphes!
    On nous parle de montée des eaux et d'iles menacées, il s'agit souvent de terres ou récifs coralliens qui s'enfoncent par le poids des infrastructures et constructions.
    Je ne suis pas climato-sceptique, je suis bobardo-sceptique! Comme plus de gens qu'il n'y parait, nous avons l'impression que l'on nous prend pour du jambon!
    23 COP et rien ne change sur le fond pour un mieux vivre, ceux qui font de la résistance aux améliorations ne sont pas les Peuples, mais certains dirigeants et nantis!

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    phanton -

    En langage décrypté il reconnait que les pays en tant que Nations n'existent plus... au moins lui il a le mérite d'être franc.

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