ZTE: Trump dit travailler à une issue avec Pékin, sur fond de tensions commerciales

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Le sigle de ZTE sur un immeuble de bureaux à Shanghai, le 3 mai 2018
Le sigle de ZTE sur un immeuble de bureaux à Shanghai, le 3 mai 2018
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© AFP, Johannes EISELE

AFP, publié le lundi 14 mai 2018 à 15h56

Alors que la survie du géant chinois des télécoms ZTE est menacée par une sanction américaine, Donald Trump a semblé dimanche donner des signes d'ouverture sur ce dossier, à la grande satisfaction de Pékin, à l'heure où les deux pays reprennent leurs épineuses tractations commerciales.

"Le président chinois Xi et moi travaillons ensemble pour donner à (...) ZTE un moyen de reprendre ses activités, vite. Trop d'emplois perdus en Chine. Le département (américain) du Commerce a reçu l'ordre d'y parvenir!", a tweeté le président américain.

Pékin a "applaudi" lundi ces déclarations, "saluant l'attitude positive" de l'hôte de la Maison Blanche. "Nous restons actuellement en étroite communication" à ce sujet, a insisté Lu Kang, porte-parole de la diplomatie chinoise.

Les propos de M. Trump interviennent alors que plane le spectre d'une guerre commerciale entre Pékin et Washington: des droits de douane américains punitifs pourraient être imposés le 22 mai sur quelque 50 milliards de dollars de produits chinois exportés vers les Etats-Unis.

Pékin s'est dit prêt à répliquer avec des taxes sur 50 milliards de dollars de produits américains importés, notamment agricoles (soja, boeuf...).

La Chine a indiqué lundi que son vice-Premier ministre, Liu He, entamerait mardi une visite à Washington afin d'y reprendre, jusqu'au 19 mai, les négociations pour tenter d'éviter un conflit commercial.

Des pourparlers engagés début mai à Pékin n'avaient pas permis de débloquer l'important contentieux bilatéral, notamment sur le colossal déficit des échanges des Etats-Unis avec la Chine.

Dans ce contexte, le dossier ZTE pourrait faire figure de levier de négociations, Washington pouvant lâcher du lest après avoir fait la démonstration qu'il pouvait mettre à terre un mastodonte technologique chinois.

Selon le Washington Post, citant dimanche une source proche du dossier, "un mini-accord est en vue", avec ce scénario: "la Chine reçoit des signes d'apaisement sur ZTE et, en échange, approuve le retour à un statu quo sur l'agriculture américaine".

Quelques heures après son message sur ZTE, Donald Trump a d'ailleurs affiché son optimisme sur les tractations commerciales en cours: "Soyons cool, tout va bien se passer!", a-t-il écrit.

- Bataille technologique -

Washington accuse ZTE de n'avoir pas respecté les termes d'un accord après avoir violé des embargos commerciaux américains. Les Etats-Unis ont décidé mi-avril d'interdire, pendant sept ans, l'exportation de composants électroniques américains destinés à ZTE.

Or, fer de lance du développement d'infrastructures 5G en Chine, ZTE est très dépendant de composants achetés aux Etats-Unis pour ses réseaux télécoms à fibre optique.

Mercredi, ZTE avait annoncé que ses "principales activités (avaient) cessé", tout en précisant communiquer avec l'administration américaine pour modifier ou annuler la sanction.

Pour Pékin, le sort de ce géant aux 74.000 employés et au chiffre d'affaires de 16,7 milliards de dollars en 2017 est un dossier prioritaire.

ZTE est emblématique de la bataille que se livrent les deux puissances dans le secteur technologique: une rivalité simultanément commerciale et géopolitique car Washington soupçonne Pékin de vouloir dominer le marché de la 5G à des fins d'espionnage, avec des entreprises comme ZTE ou Huawei, autre géant télécoms, comme bras armés.

Les Etats-Unis dénoncent les subventions massives de l'Etat chinois aux secteurs stratégiques et les transferts de propriété intellectuelle imposés aux sociétés étrangères. 

De son côté, la Chine, qui importe 80% de ses microprocesseurs, veut réduire sa dépendance en développant ses propres composants électroniques... à grand renfort de généreux investissements publics.

Les autorités américaines ont déjà interdit à l'armée et aux fonctionnaires civils d'utiliser les smartphones ZTE et Huawei. Et Huawei a été banni de chantiers d'infrastructures aux Etats-Unis.

"Vous devriez vous soucier davantage de notre sécurité nationale que des emplois chinois", a écrit dimanche sur Twitter Adam Schiff, membre démocrate de la Commission du renseignement à la Chambre des représentants à l'attention de M. Trump.

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