A Pâques, Carrefour va se faire sonner les cloches par ses employés

A Pâques, Carrefour va se faire sonner les cloches par ses employés©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 29 mars 2018 à 06h58

Carrefour risque de connaître un weekend de Pâques particulièrement agité. La grogne des personnels de l'enseigne devrait atteindre samedi 31 mars son apogée avec un vaste mouvement de grève. La CFDT et FO ont prévu une grève générale ce jour-là, tandis que la CGT appelle à une grève bloquante du 30 mars au 2 avril. Le SNEC CFE-CGC, principal syndicat des cadres du groupe, ne s'est pas joint au mouvement mais a demandé à ses membres de "déconnecter" de 9h à 11h00 le vendredi 30 mars, une forme de débrayage symbolique car le syndicat rappelle que l'encadrement du distributeur n'a historiquement jamais réalisé une action concertée de ce type.

Les organisations syndicales reprochent au nouveau management de l'enseigne une transformation à marche forcée, qui fait peu de cas des salariés. La crise couve donc de la base à l'encadrement. Absence de stratégie, décisions douteuses, manque d'anticipation, mauvais choix de dirigeants, rémunération de ces derniers sans rapport avec les résultats... rien n'aura été épargné aux salariés du groupe ces dernières années !", regrette la CFDT, qui ajoute "sans social, pas de commercial. Chez FO, on repousse en bloc la stratégie de location-gérance de certains magasins, la fermeture d'autres et la réduction des surfaces de vente. Les représentants du personnel n'ont pas non plus digéré le niveau de la participation, qui a dégringolé de 610 euros en 2016 à 57 euros en 2017, car le résultat net a été grevé par les dépréciations d'actifs. Les syndicats réclamaient une mesure exceptionnelle pour maintenir le niveau à 600 euros. Ils ont obtenu 350 euros supplémentaires par salarié, soit 407 euros, mais ne décolèrent pas puisqu'ils ont calculé que Carrefour consacrait un peu moins de 7,5 millions d'euros à ses employés sur la base d'une participation de 57 euros, contre 356 ME à ses actionnaires, qui ont reçu un dividende de 0,46 euro par action (après 0,70 euro au titre de l'année précédente). Le représentant de la CFDT Sylvain Macé a souligné qu'il suffisait de réduire de porte de 45% à 40% le taux de rémunération promis aux actionnaires pour financer une prime de l'ordre de 700 euros.

Un plan 2022 qui doit faire bouger les lignes

Carrefour a présenté en janvier un vaste plan de redressement de ses activités, qui sont à la peine après quelques ratés retentissants et le retard accumulé dans le commerce alimentaire en ligne. Un projet sur cinq ans qui comprend de nombreuses mesures choc. Le groupe va ainsi rationaliser ses sites administratifs en Ile-de-France, ce qui aboutira à un plan de départ volontaire pour 2.400 des 10.500 salariés du siège. En outre, 273 magasins ex-Dia vont être cédés ou fermés, pour mettre fin à l'hémorragie de pertes de cette division (150 ME de pertes opérationnelles en 2017). Carrefour prévoit aussi de passer cinq hypermarchés peu performants en location-gérance et de réduire la taille de certains autres (100.000 m2 environ en moins d'ici 2022). L'offre de proximité va être renforcée, celle sur les produits frais aussi. Enfin, de gros efforts et des crédits seront consacrés à la remise à niveau de l'offre internet alimentaire mais aussi non-alimentaire.

Les syndicats de l'enseigne estiment avoir joué le jeu dans les mois qui ont précédé l'annonce du plan, en évitant de perturber l'activité, notamment durant la période des fêtes de fin, pour ne pas perturber une entreprise qu'ils savaient fragilisée. Mais ils pourraient se rattraper dans les semaines qui viennent si le management de Carrefour échoue à renouer le dialogue social.

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