Air France KLM : beaucoup d'agitation aux Pays-Bas

Air France KLM : beaucoup d'agitation aux Pays-Bas©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 02 novembre 2020 à 09h45

La volatilité est forte sur le titre Air France KLM en ce début de semaine. Après avoir perdu jusqu'à 5%, l'action grimpe désormais de plus de 1% à 2,84 euros sur la place parisienne. Dans une actualité encore une fois guère favorable au secteur avec le renforcement des mesures de restriction en Europe pour faire face à la pandémie de Covid-19 et la publication guère reluisante de Ryanair, le transporteur franco-néerlandais est également pénalisé par les dernières annonces en provenance de La Haye. Le gouvernement néerlandais a en effet décidé de suspendre son plan d'aide à KLM après le refus par les pilotes de la compagnie d'un gel de leurs salaires jusqu'en 2025. KLM est censé bénéficier d'une aide d'un montant total de 3,4 milliards d'euros, dont un milliard sous forme de prêts directs de l'Etat.

Le syndicat des pilotes de KLM au centre des débats

Le syndicat des pilotes de KLM a rejeté samedi la demande de gel des salaires pour cinq ans formulée par le gouvernement néerlandais en rappelant qu'il avait déjà accepté un gel jusqu'en mars 2022 au moins et que modifier cet accord à la dernière minute n'était pas acceptable. "Je trouve cela très décevant mais dans ces conditions, nous ne pouvons pas continuer", a déclaré le ministre des Finances, Wopke Hoekstra, à propos du prêt.

"Il appartient à KLM et aux syndicats de faire en sorte de répondre aux demandes du gouvernement au final", a écrit le ministre des Finances au parlement, ajoutant que la deuxième vague de la pandémie de coronavirus avait remis en cause les prévisions en matière de rebond du marché du transport aérien. "Les perspectives sont sombres, ce qui rend d'autant plus important de mettre en place un bon programme de restructuration pour avancer vers la reprise à long terme pour KLM".

Le directeur général de KLM, Pieter Elbers, a de son côté déclaré que "sans ce prêt, KLM ne pourra pas traverser cette période difficile". Il a précisé que la compagnie n'était pas menacée de faillite dans l'immédiat mais que ses réserves financières "ne pourront pas durer plus de quelques mois".

Quid de le recapitalisation

Par ailleurs, alors qu'il ne fait guère de doute que la compagnie aura besoin de renforcer ses fonds propres pour faire face à la dégradation de ses comptes et de son bilan, Frédéric Gagey estime que les "possibilités sont multiples, avec des instruments dilutifs ou non, optionnels ou non". Dans un entretien accordé à 'L'Agefi-Dow Jones', le directeur général adjoint en charge des Finances, explique que "l'opération pourrait avoir différentes facettes. Nous discutons de ce sujet avec nos actionnaires qui partagent l'idée d'un nécessaire renforcement de nos fonds propres. Au final, une fois que le conseil d'administration aura défini les modalités du plan, ce sera à eux de l'approuver".

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