Airbus, du rififi dans le poste de pilotage

Airbus, du rififi dans le poste de pilotage©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 02 novembre 2017 à 08h08

La France compte profiter de la crise qui secoue Airbus pour renforcer son emprise sur l'industriel, écrit le 'Handelsblatt', qui voit dans les déboires actuels une aubaine pour Paris, puisque le patron allemand du groupe, Tom Enders, est en première ligne après les enquêtes pour corruption ouvertes au Royaume-Uni et en France, auxquelles est venue s'ajouter une possible procédure aux Etats-Unis sur les contrats militaires. Le 'Handelsblatt' avait révélé un peu plus tôt que le numéro deux du groupe, le français Fabrice Brégier, cherchait à exploiter la crise pour bouter son patron hors de l'entreprise. "Avec un scandale pour corruption en cours, le moment est mal choisi pour une dispute au conseil", estime la publication allemande, qui ajoute, sur la fois d'une source interne au groupe, que si Enders tombe, le conseil n'aura d'autre possibilité que de nommer Brégier à son poste.

Le risque que l'affaire tourne au règlement de comptes n'est pas nul. Les enquêtes pour corruption risquent de déterrer des informations remontant aux années 1990 et de mettre en lumière les anciens réseaux pré-EADS, nés chez Matra et Aérospatiale. L'organisation marketing du groupe s'est longtemps appuyée sur les effectifs issus pôle défense créé par Jean-Luc Lagardère, qui pour la plupart ne travaillent plus chez Airbus. Enders rendrait d'ailleurs responsables les anciens "Lagardère Boys" des soucis actuels, rapporte le 'Handelsblatt'. Brégier est d'ailleurs issu de leurs rangs, avant de gravir les échelons, ce qui pourrait fournir un contrepoids du CEO allemand.

Paradoxalement, le dossier Airbus ne cesse de battre des records en bourse. Les investisseurs semblent avoir fait l'impasse sur les déboires judiciaires, notamment sur l'annonce, inattendue, d'une enquête américaine. Ils se concentrent sur l'amélioration des résultats du groupe et sur le maintien d'un duopole sur le marché, qui offre une belle visibilité dans l'aviation civile. Mais il est certain que l'actualité des prochains mois ne sera pas uniquement industrielle, loin de là, pour le groupe.

 
1 commentaire - Airbus, du rififi dans le poste de pilotage
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    Stan2 -

    "Avec un scandale pour corruption en cours, le moment est mal choisi pour une dispute au conseil", estime la publication allemande, qui ajoute, sur la fois d'une source interne au groupe, que si Enders tombe, le conseil n'aura d'autre possibilité que de nommer Brégier à son poste.
    Nous allons payer très cher les errements de la "gestion allemande" d'Airbus. Aujourd'hui, une seule chose préoccupe le Handelsblatt, tout faire pour éviter l'accession aux commandes d'un étranger! Il était évident depuis les péripéties du programme A400M que Enders était incapable de tenir la barre du groupe.

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