Airbus en hausse malgré les nuages qui s'amoncellent

Airbus en hausse malgré les nuages qui s'amoncellent©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 31 octobre 2017 à 09h22

Airbus a publié ce matin des résultats sur neuf mois marqués par un troisième trimestre moins favorable, à cause des soucis de livraison sur le programme A320neo. Les objectifs ont été réitérés mais le cap des 200 A320neo remis à leurs utilisateurs ne devrait pas être atteint cette année. Le groupe assure par ailleurs de sa collaboration dans les enquêtes en cours, en révélant de nouvelles découvertes aux Etats-Unis.

Après neuf mois d'activité, le chiffre d'affaires du groupe a atteint 42,95 milliards d'euros, en hausse de 1% en glissement annuel, tandis que le résultat opérationnel ajusté (Ebit ajusté) s'est contracté de -25% à 1,796 MdE. Cela n'empêche pas le résultat net d'être quasiment stable (+2%) à 1,85 MdE. Le flux de trésorerie disponible après neuf mois et avant fusions et acquisitions atteint -3,78 MdsE, contre -4,73 MdsE au 30 septembre 2016. Les prises de commandes sur les neuf premiers mois de l'exercice sont en baisse de -31% à 50,8 MdsE. Le carnet de commandes global reste colossal, même s'il se contracte de -11%, à plus de 945 MdsE. Sur ce total, les commandes de l'activité défense représentent 38,15 MdsE, en baisse de -4% par rapport au carnet du début de l'année. La position de trésorerie nette s'établissait fin septembre à 6,72 MdsE, en baisse de -40% par rapport aux 11,11 MdsE affichés au 1er janvier dernier.

Moins de 200 A320neo cette année

Au-delà des résultats, les investisseurs attendent surtout des nouvelles des programmes à problèmes de l'industriel. Tom Enders s'est employé à rassurer le marché en annonçant que si les résultats du troisième trimestre ont été grevés par les retards liés aux moteurs, les livraisons d'A320neo vont s'accélérer nettement au quatrième trimestre. Pas assez, cependant, pour atteindre l'objectif de 200 livraisons sur l'année. Le total devrait être "légèrement en-deçà", indique le management. Airbus n'a pas de nouvelles à annoncer concernant les surcoûts du programme A400M. Les discussions continuent avec les Etats clients pour "lever les risques". 80 ME de provisions additionnelles ont été prises au 3ème trimestre sur l'avion de transport militaire, pour refléter "l'ajustement de production et les dommages-intérêts induits". Côté liquidités, "le contexte général des financements-clients reste sain", indique le groupe, qui continue à discuter avec les agences de crédit export pour rétablir certaines sources de financement.

Complément d'enquête

Le communiqué publié à l'occasion des résultats du troisième trimestre comprend un important volet légal. Airbus assure de sa collaboration aux enquêtes lancées en France et au Royaume-Uni sur des soupçons de corruption. En outre, le groupe annonce qu'il a découvert "certaines inexactitudes" dans les déclarations faites au Département d'Etat américain au titre de la Partie 130 de la réglementation américaine sur la commercialisation d'armes. Les constatations ont été transmises aux autorités américaines compétentes. A ce stade, Airbus n'est pas en mesure d'en commenter l'impact.

Quant aux objectifs, ils sont réitérés : plus de 700 avions commerciaux devraient être livrés, "sous réserve que les motoristes respectent leurs engagements". Avant fusions et acquisitions, la direction prévoit une amélioration de quelques pourcents de l'EBIT ajusté et du BPA ajusté par rapport à 2016 et un flux de trésorerie disponible stable par rapport à 2016 en données ajustées. Enfin, l'industriel indique que le changement de périmètre de Defence & Space devrait réduire l'Ebit ajusté et le flux de trésorerie disponible avant fusions et acquisitions et financements-clients d'environ 150 ME, et le BPA ajusté d'environ 0,14 euro.

Le titre monte

L'absence de modification des prévisions et une surprise "plaisante", note Sandy Morris, de Jefferies, mais au prix d'un gros chantier au quatrième trimestre. L'analyste reste prudente sur le dossier car le consensus 2018 lui paraît toujours trop élevé. Chez Bernstein, Douglas S. Harned est plutôt satisfait des performances, mais insiste également sur la nécessité de sortir un dernier trimestre exceptionnel pour atteindre les objectifs. Le titre s'adjuge 2,9% en matinée à la Bourse de Paris, à 87,12 euros. Les investisseurs se focalisent davantage sur des résultats plutôt meilleurs que prévu que sur les mauvaises nouvelles, même si l'annonce de possibles soucis judiciaires aux Etats-Unis vient alourdir une actualité juridique déjà pesante. Les bureaux d'études anglo-saxons qui se sont déjà prononcés gardent le cap ce matin : JP Morgan et Barclays restent positifs.

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