Airbus hausse le ton contre l'Autriche dans le dossier Eurofighter

Airbus hausse le ton contre l'Autriche dans le dossier Eurofighter
Eurofighter Airbus

Boursier.com, publié le lundi 18 septembre 2017 à 14h04

Airbus s'était jusque-là fait plutôt discret concernant ses déboires avec l'Autriche, du moins discret sur les détails de "l'affaire des Eurofighter". Le torchon brûle entre Vienne et Airbus depuis février dernier et les accusations proférées par le gouvernement, qui soupçonne l'industriel et ses partenaires, BAE Systems et Leonardo, d'avoir gonflé le prix des 18 jets de combat commandés en 2003 pour 2 milliards d'euros (contrat ramené à 15 appareils en 2017). Les griefs tiennent à la fraude et à la tromperie volontaire. Le préjudice avait publiquement été évalué jusqu'à 1,1 MdE par le ministre de la défense, Peter Doskozil.

Dans un communiqué publié à la mi-journée du 18 septembre, Airbus profite de la communication de certaines pièces du dossier au Parquet de Vienne pour mettre les points sur les "i". L'entreprise "récuse formellement les accusations formulées par le ministre le 16 février 2017 lors d'une conférence de presse, ainsi que dans un exposé des faits présenté au parquet de Vienne" et s'indigne de la méthode. Elle évoque même des accusations "factices et fondées sur des motifs politiques" et reproche au gouvernement d'avoir manipulé les textes pour tenter d'annuler les délais de prescription. "Le ministre de la Défense cherche à exercer une pression sous-jacente afin d'obtenir une complaisance juridique, impossible à obtenir dans une procédure de droit ordinaire", contre-attaque le conseiller juridique spécial du groupe, Peter Kleinschmidt.

Airbus s'attarde, dans sa communication sur "deux accusations concrètes". Le ministre autrichien a ainsi accusé le consortium Eurofighter de n'avoir pas été en mesure ni n'avoir la volonté de livrer les avions commandés, et de ne pas avoir mentionné les coûts des activités de compensation de façon séparée dans l'offre de 2002. Sur le premier point, l'industriel réplique que "les avions ont été livrés conformément aux termes du contrat" qui prévoyait qu'ils pourraient provenir soit de la tranche 1, soit de la tranche 2. Sur le second grief, Airbus estime qu'il n'était pas nécessaire de détailler les coûts car aucun coût susceptible de s'ajouter au prix fixe n'était calculé pour les opérations de compensation. En outre, ces coûts n'étaient pas déterminants dans l'attribution du marché. "Airbus considère avoir largement satisfait, avec le volume fourni dans le cadre du contrat de compensation, aux obligations contractées envers la République d'Autriche, comme l'a également confirmé le représentant du ministère de l'Économie, responsable des activités de compensation, à la Commission d'enquête du Conseil national", martèle le groupe européen.

Lors d'une sortie médiatique remarquée en février 2017, le ministre autrichien de la défense avait accusé Airbus d'avoir menti sur le prix d'achat, les délais de livraison et les équipements des Eurofighter. L'affaire est complexifiée par une enquête parallèle concernant des soupçons de corruption pesant sur ses politiques et des hauts fonctionnaires locaux, dans le cadre de contrats annexes avec des entreprises autrichiennes.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU