Airbus s'envole en bourse, les craintes sont dissipées

Airbus s'envole en bourse, les craintes sont dissipées©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 15 février 2018 à 09h11

Airbus s'est levé plus tôt que d'habitude, en publiant ses résultats annuels dès 6h30 au lieu des 7h00 réglementaires. L'Ebit et le bénéfice net dépassent les attentes sur une base ajustée. Une nouvelle charge de 1,3 milliard d'euros sur l'A400M vient assombrir le tableau, même si elle avait été largement anticipée, tandis que l'objectif de livrer 800 avions commerciaux cette année reste dépendant du respect par les motoristes de leurs engagements, ce qui ne semble pas évident au regard des nouveaux problèmes identifiés sur le PW1100G des A320neo. Mais globalement, les analystes s'attardent surtout sur les solides perspectives. D'ailleurs, le titre démarre la séance sur les chapeaux de roues, sur un gain de 7% qui lui permet de passer de 90 euros. Les volumes sont très étoffés. Les résultats et le cash-flow du quatrième trimestre sont solides", souligne pour Bernstein l'analyste Douglas Harned après avoir décortiqué les chiffres et avoir aussi constaté que les prévisions 2018 sont plus élevées que prévu. Chez Morgan Stanley, on salue les mêmes éléments, notamment la prévision de cash-flow 2018 qui va bien au-delà des attentes, et des impacts de l'A400 ME et de la norme IFRS 15 "bien contenus".

Vive hausse des résultats

Le chiffre d'affaires a atteint 66,8 milliards d'euros, dont une progression de 3,5% dans la division aviation commerciale et une hausse de 7% chez Defence & Space en base ajustée des changements de périmètre. L'Ebit ajusté a progressé de 7,5% à 4,25 MdsE, tandis que le bénéfice net ajusté ressort à 2,873 MdsE, soit 3,71 euros par action. Il a bénéficié d'éléments non récurrents positifs élevés, notamment un résultat financier positif de 1,15 MdE alors qu'il était déficitaire de -967 ME un an avant. Le cash-flow libre avant acquisitions et financements clients a plus que doublé pour avoisiner les 3 MdsE. Le consensus de chiffre d'affaires était positionné à 66,5 MdsE, celui d'Ebit à 4 MdsE et celui de bénéfice net ajusté à 3,23 euros. Airbus disposait de 13,4 MdsE de trésorerie nette à fin décembre dernier.

L'A400M coûte encore

Le groupe va, sans surprise, prendre une nouvelle charge sur l'A400M. Elle s'élèvera à 1,3 MdE, ce qui est un peu plus élevé que ce que prévoyaient les analystes, souvent positionnés autour d'1 MdE. Le management se montre confiant sur la remise à plat du programme après l'accord de principe signé avec les clients, mécontents, de l'appareil. Grâce à cette feuille de route clarifiée, l'exposition résiduelle d'Airbus à l'avenir devrait être plus limitée, estime le groupe, qui précise que la nouvelle charge fait suite à une revue détaillée du programme qui incluait une évaluation de l'impact financier des adaptations relatives au calendrier, aux capacités et aux activités de rétrofit.

Le dividende va être porté de 1,35 à 1,50 euro. Cette année, le groupe espère livrer environ 800 avions commerciaux, mais cet objectif dépend de la capacité des motoristes à atteindre leurs engagements, ce qui ne semble pas vraiment bien parti au regard des nouveaux problèmes qui affectent les moteurs PW1100G des A320neo. Sur cette base, l'Ebit devrait progresser de 20% en données ajustées par rapport à 4,253 MdsE (plus 0,1 MdE d'effet positif lié à la norme IFRS 15). Le flux de trésorerie disponible devrait être stable autour de 2,95 MdsE avant acquisitions et financements clients.

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