Alstom retire l'offre de Bombardier pour le RER B !

Alstom retire l'offre de Bombardier pour le RER B !©Boursier.com

Boursier.com, publié le jeudi 04 février 2021 à 23h20

Le désaccord entre Alstom, la SNCF et la RATP au sujet du méga-contrat de rames du RER B attribué à Bombardier, s'est nettement accentué jeudi. Le groupe ferroviaire français a ainsi annoncé le retrait pur et simple de l'offre de Bombardier, qui avait été sélectionnée par la RATP et la SNCF pour fournir les nouvelles rames de la ligne B du RER.

Le désaccord entre Alstom, la SNCF et la RATP au sujet du méga-contrat de rames du RER B attribué à Bombardier, s'est nettement accentué jeudi. Le groupe ferroviaire français a ainsi annoncé le retrait pur et simple de l'offre de Bombardier, qui avait été sélectionnée par la RATP et la SNCF pour fournir les nouvelles rames de la ligne B du RER.

Ce coup de théâtre intervient quelques jours après la finalisation de l'acquisition par Alstom de Bombardier Transport. Dans un entretien publié sur le site du 'Figaro', Henri Poupart-Lafarge, le PDG d'Alstom, explique jeudi soir qu'en examinant l'offre de Bombardier "très précisément sur les plans techniques et financiers (...) nous sommes arrivés à la conclusion qu'elle n'était pas viable".

"Cette offre est trop belle pour être vraie", a poursuivi le PDG d'Alstom. "Elle montre une agressivité sur les coûts qui n'est pas raisonnable. Les choix techniques ne comportent aucune marge d'erreur, ceux des équipements sont réalisés au plus juste et le gabarit des trains n'est pas aux normes". Le calendrier est en outre trop serré et les coûts sous-estimés.

RATP et SNCF menacent Alstom de poursuites judiciaires

Jeudi soir, le groupement constitué de la RATP et de SNCF Voyageurs a menacé d'engager des poursuites judiciaires contre Alstom après cette décision. Le groupement "dénonce avec fermeté" cette décision et se dit "prêt à engager toutes les actions judiciaires à l'encontre d'Alstom-Bombardier, compte tenu de l'engagement pris par le groupement Bombardier" et l'Espagnol CAF "lors de la remise de l'offre ferme", dans un communiqué publié quelques heures après l'annonce du groupe français.

M. Poupart-Lafarge s'est dit conscient du "risque en termes d'image pour Alstom", et a assumé la perspective d'un recours en justice. "Si nous sommes attaqués, nous expliquerons en détail pourquoi l'offre que nous retirons n'est ni viable ni exécutable", a-t-il indiqué au 'Figaro'.

Mercredi, Alstom avait fait savoir dans un premier temps qu'il cherchait à renégocier le méga-contrat de 2,56 milliards d'euros portant sur la fourniture de nouvelles rames pour la ligne B du RER francilien. Alstom avait proposé une médiation avec la RATP, la SNCF et la région Ile-de-France, mais celle-ci a été refusée par la RATP et la SNCF qui demandent à Alstom, "le respect des règles de la commande publique, qui ne permettent pas de renégocier l'offre ferme déposée".

Vos réactions doivent respecter nos CGU.