Ardian renonce à investir dans le "nouveau Suez"

Ardian renonce à investir dans le "nouveau Suez"©Boursier.com

Boursier.com, publié le mardi 20 avril 2021 à 22h25

Le fonds Ardian Infrastructure n'entrera pas au capital du "nouveau Suez". Dans un entretien avec 'Les Echos', le patron d'Ardian, Mathias Burghardt, a fait cette annonce mardi soir et a regretté de ne pas avoir été tenu au courant des négociations entre Veolia et Suez. Le désaccord porte également sur le périmètre du futur Suez, pas assez international, et sur la gouvernance.

Le fonds Ardian Infrastructure n'entrera pas au capital du "nouveau Suez". Dans un entretien avec 'Les Echos', le patron d'Ardian, Mathias Burghardt, a fait cette annonce mardi soir et a regretté de ne pas avoir été tenu au courant des négociations entre Veolia et Suez. Le désaccord porte également sur le périmètre du futur Suez, pas assez international, et sur la gouvernance.

Ardian, associé à l'américain GIP, a longtemps été présenté comme le chevalier blanc de Suez dans la guerre qui opposait le groupe de traitement des eaux à son rival Veolia. Mais après plus de sept mois de conflit, Veolia et Suez ont trouvé un compromis le 12 avril dernier. "Nous n'avons pas eu accès au projet conclu mi-avril entre les deux parties, mais de ce que nous en avons compris, il ne correspond pas au nôtre", a déploré M. Burghardt dans un entretien publié mardi sur le site des 'Echos'.

"La part de 25 % réservée à l'international dans le cadre de ce "nouveau Suez" est insuffisante de notre point de vue pour assurer sa croissance, et irriguer l'activité en France. Le soutien de l'ensemble du corps social ne semble pas complet. La gouvernance, enfin, est essentielle. Elle ne peut fonctionner que si les objectifs sont partagés. Ce qui n'est pas le cas. Nous ne participerons donc pas à ce projet", a affirmé le dirigeant d'Ardian.

Veolia, qui détient déjà 29,9% du capital de Suez, a relevé son offre à 20,50 euros par action pour acquérir le solde du capital de Suez. Pour des raisons de concurrence, le groupe entend revendre des actifs de Suez représentant 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires, dont plus de 70% en France. Les deux sociétés proposaient que ce futur "Nouveau Suez" soit codétenu par le fonds d'investissement Meridiam (40%) allié de Veolia, Ardian-GIP (40%), la CDC (10%) et les salariés (1?%).

Meridiam en embuscade

Mais Ardian a donc refusé cette offre, de même que GIP, qui était beaucoup moins intéressé depuis que les actifs du nouveau Suez ne comprenaient aucune activité aux Etats-Unis.

Pour autant, ce nouveau rebondissement ne devrait pas remettre en cause l'accord entre Veolia et Suez. Il est désormais plus que probable que Meridiam (qui souhaitait initialement acquérir 100% du "Nouveau Suez") se portera acquéreur des 40% dévolus à Ardian-GIP.

"Notre projet initial était de prendre 100% du futur Suez, nous en avons les moyens", a ainsi expliqué un porte-parole de Meridiam cité par 'Les Echos'. Le fonds d'investissement assure avoir sécurisé 10 milliards d'euros, dont 2 MdsE, ce qui semble largement suffisant. Veolia et Suez ont jusqu'au 14 mai pour trouver un accord définitif sur les contours du projet, notamment sur l'actionnariat du nouveau Suez.

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