Asie : corrige le tir dans le sillage de Wall Street

Asie : corrige le tir dans le sillage de Wall Street
Après une période d'hésitation, les bourses asiatiques repartent à la hausse, à l'exception de l'indice Nikkei.

Boursier.com, publié le mercredi 09 septembre 2020 à 07h47

La tendance est à la baisse sur les places financières de la zone Asie-Pacifique, dans le sillage de la Bourse de New York qui s'est de nouveau enfoncée dans le rouge hier soir sous le poids des valeurs technologiques, lesquelles continuent de corriger après l'euphorie du mois d'août. La bourse de Sydney recule de 2,2%, Shanghai perd plus de 1% avec Tokyo et Hong Kong. Le repli est de 0,5% à Taiwan, Bombay et de 0,8% à Sydney. Hier soir, le Nasdaq a plongé de plus de 4%, et est entré officiellement en zone de correction, correspondant à une chute de 10% sur ses récents sommets... Les marchés s'inquiètent du regain des tensions commerciales après des propos très offensifs de Donald Trump sur un possible "découplage" des économies américaine et chinoise. Le pétrole WTI a plongé de près de 8% dans la crainte d'une croissance mondiale ralentie qui pourrait s'installer, tandis que le dollar a progressé, retrouvant son rôle de valeur refuge...

A la clôture, les principaux indices américains sont retombés à leur plus bas niveau depuis quatre semaines. L'indice Dow Jones a reculé de 2,25% à 27.500 points, tandis que l'indice large S&P 500 a lâché 2,78% à 3.331 pts et que le Nasdaq Composite a abandonné 4,1%, à 10.847 pts. Ce dernier, riche en valeurs "technos" et "biotechs" a désormais perdu 10% par rapport à ses récents sommets, ce qui correspond officiellement à une correction. Le Nasdaq avait atteint le 2 septembre un nouveau record historique à 12.056 points, avant de subir des prises de bénéfices appuyées. Mais il gagne encore près de 21% depuis le début 2020.
Du côté des valeurs, le titre Tesla a corrigé de 21%, ce qui a fait entrer ici aussi la valeur dans un marché baissier (correction de plus de 20%) avec un plongeon de 33% depuis le début du mois de septembre. La plus grosse capitalisation de Wall Street, Apple, a chuté pour sa part de 6,7%.

Après une remontée d'environ 60% des cours de Bourse depuis les points bas de mars, de nombreux experts jugent que la baisse actuelle répond à un besoin logique de consolidation des marchés d'actions. L'euphorie des mois d'été a porté les valorisations à des niveaux historiquement élevés, avec un PER (Price Earnings Ratio) de plus de 22 sur le S&P 500, très supérieur à sa moyenne sur 10 ans, de l'ordre de 15 fois les bénéfices attendus sur les 12 mois à venir...

Les relations sino-américaines au coeur de la campagne présidentielle US

Sur le plan géopolitique, Donald Trump a jeté un froid lundi soir en évoquant un possible "découplage " des économies américain et chinoise, qui restent très dépendantes l'une de l'autre malgré le retour d'une certaine dose de protectionnisme depuis deux ans sous la présidence de Trump.
En pleine campagne électorale en vue de l'élection présidentielle du 3 novembre, le président républicain a lancé lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche : "Nous perdons des milliards de dollars et si nous ne faisions pas d'affaires avec eux (ndlr, les Chinois), nous ne perdrions pas des milliards de dollars. Ça s'appelle le découplage, donc on va commencer à y penser", a-t-il ajouté. "Si Biden gagne, la Chine gagne car la Chine prendra possession de ce pays", a-t-il ajouté, attaquant son adversaire démocrate Joe Biden.
"Quand on mentionne le mot 'découpler', c'est un mot intéressant", a-t-il ajouté, en assurant que cela ne ferait pas perdre d'argent aux Etats-Unis. Il a aussi promis de relocaliser des emplois de la Chine vers les Etats-Unis, un thème qui était déjà au coeur de sa campagne de 2016...

Le risques d'un Brexit sans accord s'accroissent...

Parmi les autres facteurs pesant sur la cote ce mardi figure l'incertitude persistante autour du Brexit, après un regain de tension entre Londres et Bruxelles sur les relations post-Brexit. Alors qu'une nouvelle session de négociations a commencé ce mardi, le Premier ministre britannique Boris Johnson a confirmé les informations de presse publiées lundi, en fixant un nouvelle date-butoir au 15 octobre..."Si nous n'arrivons pas à nous accorder d'ici là, je ne vois pas d'accord de libre-échange entre nous", et le Royaume-Uni quittera l'UE fin décembre quoi qu'il arrive, a-t-il averti.
Ces propos ont fait chuter la livre sterling, qui avait déjà perdu près de 1% lundi. Mardi soir, la devise britannique a encore relâché 1,35% à 1,2988$, et face à l'euro elle a fléchi de plus de 1%, à 90,70 pence pour un euro.

De son côté, le dollar a profité du regain des incertitudes mondiales : l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, s'est ainsi renforcé de 0,8% à 93,45 points. L'euro a cédé de son côté 0,3% à 1,1780$, à l'approche de la réunion de rentrée de la BCE, ce jeudi. Alors que les derniers indicateurs macro-économiques montrent que la reprise post-Covid patine en Europe, la banque centrale pourrait se montrer ouverte à de nouvelles mesures de soutien, même si aucun geste concret n'est attendu dès cette semaine par les économistes.

Les cours du pétrole ont dégringolé dans la crainte que la reprise économique mondiale ne s'essouffle, sur fond de crise sanitaire toujours présente, et de tensions commerciales aggravées entre Pékin et Washington. Le baril de brut léger américain (WTI) a plongé de 7% à 36,75$, tandis que le Brent d'échéance novembre a reculé de plus de 5% à 39,75 le baril. Les deux variétés de pétrole sont désormais revenues au plus bas depuis juin dernier. La semaine dernière, elles avaient déjà baissé de 7,5% pour le WTI sur 5 séances, et de 7% et le Brent de la Mer du Nord...
Face à la faible demande d'or noir, les compagnies du Golfe Saudi Aramco et Abu Dhabi National Oil Co ont annoncé depuis une baisse de leurs prix de vente officiels en Asie pour le pétrole dont la livraison est prévue pour octobre.
L'or pointe ce matin à 1.927$ l'once...

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