Asie : début de semaine dans le calme

Asie : début de semaine dans le calme©Boursier.com

Boursier.com, publié le lundi 08 juin 2020 à 07h44

Les marchés de la zone Asie-Pacifique débutent la semaine dans le calme, en hausse de 1% à Tokyo et Taiwan, alors que Shanghai monte plus modestement de 0,1%. Hong Kong se replie de 0,9%, tandis que Seoul et Sydney sont stables.
Le PIB japonais s'est contracté de 2,2% en rythme annualisé au premier trimestre, moins fortement qu'estimé initialement, montrent les données révisées publiées ce lundi matin par le gouvernement. D'un trimestre sur l'autre, le produit intérieur brut du Japon a reculé de 0,6% selon les statistiques définitives, contre une contraction de 0,9% en lecture préliminaire.
Les données préliminaires publiées le mois dernier faisaient état d'une contraction de l'économie nippone de 3,4% sur la période janvier-mars, marquant de facto la première récession du Japon depuis la seconde moitié de l'année 2015.

Par ailleurs, le gouvernement japonais a présenté ce lundi devant le Parlement un second budget additionnel pour l'exercice fiscal actuel, débuté en avril, qui doit permettre de financer en partie le nouvel ensemble budgétaire de 1.100 milliards de dollars destiné à atténuer l'impact économique de l'épidémie du coronavirus. Le ministre des Finances a apporté à cette occasion des précisions sur un budget de secours de 10.000 milliards de yens (92 milliards de dollars) que l'opposition avait décrit comme opaque. "Nous devons prendre toutes les mesures possibles et accroître les réserves d'urgence dans le but de répondre avec flexibilité aux changements dans la situation", a expliqué Taro Aso lors d'un discours devant le Parlement. "Au moins 5.000 milliards de yens sont nécessaires au cas où une deuxième et une troisième vagues d'infections venaient à rendre la situation très grave (...) 5.000 milliards de yens doivent être préservés pour nous permettre de répondre rapidement à toute situation", a poursuivi le ministre. Il a précisé que la moitié de ces réserves seraient utilisées pour aider les entreprises à préserver l'emploi et à payer leurs loyers, ainsi qu'à accroître les moyens mis sur la santé...

L'emploi US surprend les marchés

Vendredi, la Bourse de New York s'est de nouveau appréciée après la publication surprise de 2,5 millions de créations d'emplois en mai aux Etats-Unis, malgré la crise sanitaire du Covid-19, alors que les marchés craignaient près de 8 millions de suppressions de postes... Le Nasdaq a même franchi en séance à un nouveau record historique ! Pendant le week-end, une polémique sur la qualité statistique des chiffres de l'emploi US publiés vendredi a pris de l'ampleur. Reste que les mesures de déconfinement ont produit un effet de rebond de l'activité bien plus fort qu'espéré initialement, ce qui a aussi contribué à une remontée des cours du pétrole de plus de 5% à 43$ le brent ce matin et 40$ le WTI.

A la clôture vendredi, le Dow Jones a grimpé de 3,15% à 27.110 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné de 2,62% à 3.193 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, s'est avancé de 2,06% à 9.814 pts, tout près de son sommet historique inscrit le 19 février dernier (9.817 pts), avant la crise du Covid-19. Sur l'ensemble de la semaine écoulée, les trois indices ont bondi respectivement de 6,8% (DJIA), 4,9% (S&P 500) et 3,4% (Nasdaq) et atteignent désormais des valorisations jugées tendues par de nombreux analystes.
En Europe, le CAC 40 n'était pas en reste avec une accélération de 3,71% vendredi à 5.197 points, ce qui laisse un gain hebdomadaire de 10,7% sur la semaine !

Un rapport sur l'emploi déroutant

Les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis en mai ont donc créé un électrochoc sur les marchés boursiers : Ainsi, alors que le consensus tablait sur la destruction de 7,7 millions d'emplois, l'économie américaine a au contraire créé 2,51 millions d'emplois non agricoles le mois dernier. Le taux de chômage a baissé à 13,3% contre 14,7% en avril, alors que le consensus s'attendait à un taux proche de 20%, à 19,8% !

Le secteur privé a créé 3,09 millions de postes en mai selon le rapport du Département au Travail, alors que les économistes craignaient les destructions de 6,5 millions de postes supplémentaires. L'emploi manufacturier a augmenté de 225.000, contre -530.000 de consensus. Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 60,8%, contre 60% de consensus.

Donald Trump triomphe, saluant la "force" de l'économie américaine

Ces chiffres ont réjoui les investisseurs, mais aussi Donald Trump, qui s'est fendu de plusieurs tweets après la publication des chiffres de l'emploi et a tenu dans la foulée une conférence de presse, dans la roseraie de la Maison Blanche... Le président américain, qui n'a eu de cesse ces dernières semaines d'appeler l'Amérique à redémarrer et à se déconfiner, a ainsi salué "un INCROYABLE RAPPORT SUR L'EMPLOI" sur Twitter, puis devant la presse, il a vanté la "force" de l'économie américaine ainsi que sa gestion de la crise sanitaire.
"Cette force nous a permis de surmonter cette horrible pandémie, nous l'avons largement surmontée", a-t-il dit. "Nous avons pris toutes les décisions qu'il fallait", a-t-il encore assuré, alors que sa gestion de la crise sanitaire a été souvent critiquée. Selon le président, les Etats-Unis ont "fait un grand pas" dans leur "rebond", et les prochains mois démontreront que l'économie, en pleine santé avant l'épidémie et le confinement, repartira de plus belle.

Joe Biden, le rival démocrate de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine du 3 novembre prochain, a critiqué le ton triomphal du président... Pour Biden, "il reste encore beaucoup de travail". "Beaucoup d'Américains continuent de souffrir". Lors d'une allocution à la Delaware State University de Dover, une université "historiquement noire" (HBCU) accueillant les Afro-Américains, il a déclaré que "ce président, qui ne prend aucune responsabilité quand des millions et des millions de gens perdent leur emploi, ne méritait aucun crédit quand une petite proportion d'entre eux en retrouvent".

Le pétrole remonte en force, l'OPEP prolonge son accord de baisse de production

Les cours du pétrole ont vivement rebondi après les chiffres de l'emploi US, dans l'espoir d'une reprise économique rapide, en "V". L'Organisation des pays exportateurs de pétrole et d'autres grands producteurs emmenés par la Russie ont d'autre part convenu ce week-end d'étendre d'un mois la "réduction coordonnée" de leur offre d'or noir, prolongeant ainsi leur accord initial du mois d'avril dernier qui a permis au prix du brut de doubler sur les deux derniers mois en retirant du marché près de 10% de l'offre mondiale.
L'Opep+ a également exigé que des pays tels que le Nigeria et l'Irak, qui ont dépassé leurs quotas de production en mai et juin, compensent par des réductions supplémentaires de juillet à septembre.

L'accord de réduction de la production, conclu initialement en avril et qui était valable jusque fin juin, prévoyait une baisse de la production à hauteur de 9,7 millions de barils par jour sur les mois de mai et juin afin de soutenir les prix qui se sont effondrés en raison de la crise sanitaire.
La réduction devait ensuite être de l'ordre de 7,7 millions de bpj de juillet à septembre...

L'accord de l'OPEP+ d'avril avait été conclu sous la pression du président américain Donald Trump, qui souhaitait éviter une cascade de faillites dans l'industrie pétrolière américaine en raison de la chute des prix. Trump s'est entretenu avec les dirigeants russes et saoudiens avant les négociations de samedi, rapportant qu'il était satisfait du rebond des cours du pétrole. "Je félicite l'OPEP+ pour avoir conclu un accord important qui arrive à un moment charnière alors que la demande de pétrole continue de se redresser et que les économies rouvrent dans le monde entier", a réagi le secrétaire américain à l'Energie sur Twitter après l'annonce de la prolongation de l'accord sur la production.
Alors que les mesures de confinement prises pour endiguer la pandémie de coronavirus sont peu à peu levées, la demande de pétrole devrait dépasser l'offre en juillet. Toutefois, il reste encore à l'OPEP un milliard de barils de stocks de pétrole excédentaires accumulés depuis le mois de mars...
Le comité ministériel de suivi de l'OPEP+ (JMMC), dont la prochaine réunion est prévue le 18 juin, se réunira tous les mois jusqu'en décembre pour examiner la situation du marché et le niveau de conformité à l'accord et faire des recommandations sur les seuils de réduction de la production.
L'OPEP et l'OPEP+ tiendront leurs prochaines réunions les 30 novembre et 1er décembre prochains.

De son côté, l'or est reparti à la baisse, délaissé par les investisseurs qui ont repris goût au risque. Le contrat à terme d'août a perdu 2,56% à 1.685 l'once. Le métal jaune progresse tout de même encore de plus de 10% depuis le début de l'année. Les encours des ETF adossés à l'or ont atteint un record en mai, selon le dernier rapport mensuel du conseil mondial de l'or (WGC). Sur les devises, l'euro revient à 1,1280/$ entre banques ce lundi.

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